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La Bouble vire au rouge : poissons morts, origine inconnue

La Bouble vire au rouge : poissons morts, origine inconnue

Par Jennifer D.

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Jennifer D.

Six kilos de poissons morts, ramassés par un riverain sur quelque 50 mètres de cours d'eau : c'est le seul chiffre précis, au 27 août 2026, du dossier de la pollution de la rivière la Bouble, dans le nord du Puy-de-Dôme. Le jeudi 6 août 2026, entre Saint-Éloy-les-Mines et Durmignat, la rivière s'est teintée d'une couleur lie-de-vin et tous les poissons du tronçon n'ont pas survécu, selon ici.fr. À ce jour, aucune source ne donne d'origine. Les analyses sont en cours.

Jeudi 6 août : une rivière au lie-de-vin#

Le constat est bref. D'après ici.fr, la coloration apparaît le jeudi 6 août 2026 et la contamination s'étend entre Saint-Éloy-les-Mines et Durmignat. « Entre ces deux communes, tous les poissons de cet affluent de la Sioule ont été contaminés et n'ont pas survécu. Parmi eux se trouvaient des espèces protégées, comme la truite fario, le chabot ou encore la lamproie de Planer », écrit la rédaction de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. La Bouble est un affluent de la Sioule, qui rejoint l'Allier, puis la Loire, selon le même article.

Leur statut protégé n'efface rien du risque : la loi de 2026 qui facilite les dérogations, que nous avions décryptée, pèse sur ce cadre, et la vulnérabilité des poissons d'eau douce européens fait l'objet de notre dossier sur la liste rouge IUCN.

Guy Chartoire, le maire de Durmignat, qualifie l'épisode d'hécatombe. « L'un de mes riverains m'a appelé pour me dire qu'il avait ramassé 6 kilos de cadavres », sur quelque 50 mètres de cours d'eau traversant sa propriété, rapporte ici.fr. C'est le seul chiffre de mortalité publié à ce jour. Et la Bouble n'est pas un cas isolé : une série de pollutions de rivières en Ille-et-Vilaine, documentée ici, rappelle que le motif se répète.

Une rivière qui annonce sa pollution par sa couleur, c'est un mode d'alerte qui précède la science. L'eau portait elle-même la nouvelle, dans un teint que personne ne pouvait confondre. Les laboratoires, eux, n'avaient pas fini de s'équiper pour la comprendre.

En amont, l'unique indice documenté#

Officiellement, la cause est inconnue. En réalité, le dossier pointe un lieu. « En remontant le fil de l'eau, la pollution débute au hameau du Moulin Parriot, à proximité d'un site industriel », écrit ici.fr. Le même article s'en tient là, sans détour : « Pour l'instant, il est difficile de connaître exactement l'origine de la pollution, ni d'en connaître les causes exactes ». Ni responsable identifié, ni polluant caractérisé à ce jour. Le site industriel voisin du hameau est mentionné comme point de départ géographique de la pollution. Rien ne le désigne comme coupable, et nous ne le désignons pas.

France 3 Régions reprend le même état des lieux dans son article du 9 août, signé Elisabeth Khanchali. Les pompiers y sont décrits en train d'installer plusieurs barrages pour ralentir la progression de la pollution, dont l'origine est inconnue. Le titre de l'article, « On se croyait à la pêche électrique », reprend l'impression d'un témoin devant les poissons morts. C'est un ressenti, pas une cause confirmée : aucune source n'évoque d'électricité.

La gendarmerie a ouvert une enquête, toujours selon ici.fr. Des analyses complémentaires, sur le terrain et en laboratoire, doivent déterminer la nature du polluant. Sur le cours d'eau, les pompiers ont placé des filtres et quatre barrages de bottes de pailles en aval de Durmignat, pour ralentir le débit et la propagation, toujours d'après ici.fr. Selon le maire de Saint-Éloy-les-Mines, les agents de l'OFB, l'Office français de la biodiversité, et de la Fédération de pêche se sont rendus sur place pour les premières constatations. Ils demandent aux propriétaires d'animaux de ne pas les faire boire dans la rivière.

Ce qui frappe dans ce dossier, ce sont les absences. Préfecture du Puy-de-Dôme, DREAL, OFB : aucun communiqué dédié au 27 août 2026. Les sources publiques se réduisent à la presse régionale et aux sites des mairies. Une hécatombe avec enquête de gendarmerie, et un silence institutionnel qui laisse le niveau communal porter l'alerte.

Quatre jours, une procédure qui se met en place#

La réponse s'est construite entre le jeudi 6 août et le 10 août 2026, jour par jour.

DateFaitSource
jeudi 6 aoûtColoration lie-de-vin, alerte pollution ; la mairie de Louroux-de-Bouble déconseille d'abreuver les animaux dans la rivièreici.fr ; mairie de Louroux-de-Bouble, d'après un extrait
7 aoûtArticle d'ici.fr ; enquête de gendarmerie ouverteici.fr
samedi 8 aoûtRéunion intercommunale au siège du Pays de Saint-Éloy, en étroite liaison avec la préfecturemairie de Lapeyrouse
9 aoûtArticle France 3 Régions : origine inconnueFrance 3 Régions
10 aoûtAlerte de la mairie de Lapeyrouse : arrêtés municipaux, prélèvements complémentairesmairie de Lapeyrouse

La pièce maîtresse de cette séquence est la réunion du samedi 8 août. « À la suite de l'alerte pollution sur le cours de la Bouble déclenchée ce jeudi 6 août 2026, une réunion s'est tenue samedi 8 août en matinée au siège de la Communauté de Communes du Pays de Saint-Éloy, à l'initiative de son président Jérôme Gaumet », selon le site de la mairie de Lapeyrouse. Elle s'est tenue en étroite liaison avec la préfecture du Puy-de-Dôme, en présence de l'OFB pour le Puy-de-Dôme et l'Allier, de la gendarmerie nationale et du technicien référent du contrat territorial de la rivière Sioule.

La réunion s'est tenue, c'est établi ; ce qu'elle a produit ensuite, le dossier public ne le dit pas. Si les analyses désignent un responsable, le dossier changera de nature, et les riverains disposeront d'une chaîne de recours que nous avons décrite pour la pollution industrielle.

Arrêtés en vigueur, analyses en attente#

En attendant les résultats définitifs, les maires des communes concernées ont pris des arrêtés municipaux. « Les maires des communes concernées ont pris des arrêtés municipaux portant interdiction stricte des usages de l'eau de la Bouble », selon la mairie de Lapeyrouse. La consommation et tous usages de l'eau de la rivière et des puits environnants sont strictement interdits, l'abreuvement du bétail et des animaux de compagnie aussi ; la pêche, la baignade et la promenade aquatique sont suspendues.

Les premières analyses de l'eau ont été réalisées dès l'alerte initiale. « Des prélèvements complémentaires sont nécessaires et seront effectués dans les prochains jours », toujours d'après la mairie de Lapeyrouse. Le rejet y est jugé « difficile à caractériser » ; ces démarches scientifiques visent à « déterminer précisément la nature et l'origine du rejet polluant ». À ce stade, le département de l'Allier n'est pas touché.

Aucun bilan chiffré global n'a été publié : ni nombre de poissons, ni tonnage. Le seul chiffre concret du dossier reste les 6 kilos ramassés sur quelque 50 mètres, un témoignage de riverain relayé par le maire de Durmignat.

Un tronçon qui ne se referme pas seul#

Vincent Jourdan, chargé de mission eaux et milieux aquatiques sur le bassin versant de la Sioule, explique, selon ici.fr, que le tronçon touché est une zone refuge estivale. L'aval est fortement dégradé, l'amont sec cette année : la recolonisation naturelle est jugée très compliquée.

À ne pas confondre non plus : la canicule de l'été 2026 a tué près d'une tonne de poissons dans une pisciculture à Puy-Guillaume, dans le même département, d'après la presse régionale. Là, c'est le chauffage de l'eau qui est en cause, sans rejet documenté : un événement distinct de la pollution de la Bouble. Le bilan de cette canicule est retracé ici.

En attendant, la question centrale reste entière : qu'est-ce qui a contaminé la Bouble entre le hameau du Moulin Parriot et Durmignat ? Les prélèvements complémentaires sont annoncés dans les prochains jours. La rivière a donné sa réponse dans un teint lie-de-vin. La cause, elle, attend les laboratoires.

Sources#

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