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PFAS à Arrentès-de-Corcieux : interdiction, puis levée

PFAS à Arrentès-de-Corcieux : interdiction, puis levée

Par Jennifer D.

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Jennifer D.

Le 15 octobre 2025, il était interdit de boire l'eau du robinet aux Arrentès-de-Corcieux, dans les Vosges, et de l'utiliser pour préparer les biberons. L'arrêté de levée a été signé le 28 avril 2026. Entre les deux dates, il s'est écoulé environ six mois et demi, selon mon calcul. Pour savoir si votre commune est touchée, voir comment vérifier sa commune pour les PFAS.

Une interdiction de boire, sans coupure d'eau#

L'arrêté pris le 14 octobre 2025 visait la consommation de l'eau, à des fins de boisson et de préparation des biberons. Selon le communiqué de la préfecture, tous les autres usages restaient autorisés : cuisson, nettoyage des fruits et légumes, hygiène corporelle, brossage des dents, sanitaires, arrosage, piscines. Le robinet n'était donc pas coupé, et l'eau de substitution était fixée à une bouteille par jour et par personne.

Le même communiqué déconseillait les carafes filtrantes, car leur efficacité contre les PFAS restait à démontrer.

Des analyses qui ne donnent pas un chiffre unique#

Dans son communiqué du 14 octobre 2025, la préfecture annonce une somme des 20 principaux PFAS de 0,73 microgramme par litre en moyenne, pour une limite de 0,1 microgramme par litre dans l'eau distribuée. Il s'agit d'une moyenne calculée sur plusieurs analyses complémentaires.

L'arrêté initial, lu dans sa copie scannée hébergée par Actu-Environnement et non sur le site de la préfecture, donne une autre fourchette : de 0,59 à 0,77 microgramme par litre pour les contrôles de 2025. Il retient aussi la présence de quatre PFAS faisant l'objet d'un suivi spécifique.

Générations Futures publie d'autres analyses, datées du 12 juin 2025 (0,77 microgramme), du 24 juillet (0,59), du 11 août (0,68) et du 2 septembre (0,86). Le chiffre de 0,86 dépasse la borne haute de la fourchette de l'arrêté, et il ne vient que de l'association.

DateSomme des 20 PFASSource
12 juin 20250,77 µg/LGénérations Futures
24 juillet 20250,59 µg/LGénérations Futures
11 août 20250,68 µg/LGénérations Futures
2 septembre 20250,86 µg/LGénérations Futures
2025, contrôles cités par l'arrêtéde 0,59 à 0,77 µg/LArrêté préfectoral du 14 octobre 2025
8 et 15 avril 2026non détectablesPréfecture des Vosges, actualité du 4 mai 2026

Générations Futures situe la première analyse au 12 juin 2025. L'ARS, de son côté, écrit que des analyses de contrôle sanitaire ont révélé des PFAS « à la mi-juillet 2025 » : une analyse d'un côté, un constat sanitaire de l'autre.

Ce qui a levé l'interdiction#

L'arrêté de levée, publié au recueil des actes administratifs, rattache la décision à deux éléments : des analyses des 8 et 15 avril 2026, où la somme des 20 PFAS passe sous la limite de qualité de 0,1 microgramme par litre, et la mise en service d'une unité de traitement. Il écrit que « la mise en service effective de l'unité de traitement installée en aval de la station des Arrentès-de-Corcieux permet désormais de garantir une eau conforme aux exigences de qualité pour l'ensemble du réseau de distribution ».

La préfecture précise, dans son actualité mise à jour le 4 mai 2026, que ces analyses confirment l'absence de PFAS détectables et qu'il s'agit d'un dispositif de filtration par charbon actif, présenté comme une solution de traitement adaptée. L'arrêté de levée, lui, ne nomme que l'unité de traitement. Ce que retiennent le charbon actif et l'osmose est détaillé dans PFAS dans l'eau : ce que charbon actif et osmose retirent.

Avant cela, l'arrêté du 14 octobre 2025 écartait à court terme trois options : un raccordement à une autre ressource, une interconnexion avec une unité de distribution délivrant une eau conforme, et un traitement de potabilisation. Il demandait aussi à la commune de transmettre, pour le 14 novembre 2025, le planning prévisionnel d'une étude de faisabilité technique et financière. La FAQ de la préfecture, datée du 22 octobre 2025, listait les pistes de cette étude : traitement spécifique, nouvelle ressource ou interconnexions.

Lire la levée comme une fin ou comme une étape ? Je pencherais pour une étape, parce qu'elle s'appuie sur une installation qu'il faudra faire tenir dans la durée.

Tendon, une mesure plus étroite#

À Tendon, l'arrêté du 20 octobre 2025 ne visait que les personnes sensibles : femmes enceintes, femmes allaitantes, nourrissons, jeunes enfants et personnes immunodéprimées. Les concentrations y étaient « légèrement supérieures » à la limite, selon l'ARS Grand Est. Celle-ci écrit qu'en avril 2026, après l'installation de stations de traitement, l'eau distribuée à Tendon et aux Arrentès-de-Corcieux est à nouveau conforme.

Le 25 février 2026, France 3 Grand Est rapportait les propos du maire de Tendon, Gérard Clément : après un filtre à charbon actif installé à la sortie du captage, les premières analyses donnaient un taux « de zéro » PFAS dans le réseau public.

Le récit de la préfecture, et celui des associations#

Le préfet des Vosges, Blaise Gourtay, a annoncé la levée le jeudi 30 avril 2026, selon France 3 Grand Est. Le même média rapporte que les associations y voient une opération de communication.

Le 13 avril 2026, Vosges Matin écrivait que la commune ne pouvait toujours pas boire l'eau du robinet. Le 1er mai, le même journal évoquait « six mois de restriction ».

Vosges Nature Environnement estime, de son côté, à plus de 800 hectares la surface de la Déodatie concernée par des épandages de boues industrielles. C'est une estimation de l'association, rapportée par France 3.

D'où pourrait venir la pollution#

Les associations avancent une piste. Selon Générations Futures et Vosges Nature Environnement, les émissions viendraient des rejets d'une usine de blanchiment textile de Gérardmer. Générations Futures cite aussi la station d'épuration exploitée par le GIE du Noir Ruxel, et un rapport d'inspection de la DREAL, daté selon l'association du 23 mai 2025, qui contient cette phrase : « Lors de la visite du site, l'inspection a identifié une source d'émission des PFAS vers l'environnement ».

Ce n'est qu'une hypothèse portée par des associations. La préfecture, dans sa FAQ du 22 octobre 2025, disait rechercher l'origine de la contamination en lien avec les services de l'État.

Côté judiciaire, selon franceinfo, trois associations ont annoncé le 23 février 2026 avoir déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui et atteinte à l'environnement. Un autre dossier existe dans les Ardennes, avec la plainte collective de 163 foyers.

L'interdiction visait la boisson et laissait le robinet ouvert. Elle a pris fin après la mise en service d'un traitement en aval de la station, puis après des analyses qui ne détectent plus de PFAS. Les arrêtés, eux, se lisent au recueil des actes administratifs.

Sources#

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