La relance de la culture des légumineuses en France serait positive du point de vue de l’environnement, du climat avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), et de l’économie, selon le Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable.
Relancer en France la culture des légumineuses qui ne nécessitent aucune fertilisation azotée, permettrait de réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre (GES), provoquées par la fabrication et l’épandage d’engrais, estime le Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable dans une nouvelle étude.
Or, la production de légumineuses n’a jamais été aussi réduite en France. En 2007, ces cultures occupaient seulement 632 000 hectares. Les légumineuses ont fortement régressé, notamment les légumineuses fourragères, puisqu’au début des années 1960 elles représentaient au total 3,5 millions d’hectares (ha), soit 19 % des terres arables. Cette diminution résulte des politiques agricoles françaises et européennes sur cette période qui ont réduit l’intérêt de ces cultures au profit des cultures céréalières.
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La relance de la culture des légumineuses en France serait positive du point de vue de l’environnement, du climat avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), et de l’économie. Or, la production de légumineuses n’a jamais été aussi réduite en France. |
Les légumineuses sont des sources de protéines et leur plus grande production en France permettrait de diminuer les importations de tourteau de soja pour l’alimentation animale. D’après un scénario prospectif, augmenter leur part de 3 à 7-% dans les terres arables nécessiterait une modification de l’assolement français, et notamment de réduire les cultures céréalières et les exportations de ces dernières.
L’augmentation de la part des légumineuses dans les terres arables (il ne s’agit pas de réduire les surfaces en prairies) présente différents intérêts sur le plan environnemental. En particulier, ces plantes, contrairement aux autres cultures, ne nécessitent aucune fertilisation azotée car elles ont la capacité naturelle de fixer l’azote présent dans l’air. De plus, elles restituent en partie cet élément nutritif aux cultures suivantes ou associées. Leur présence dans les rotations, lorsqu’elles remplacent des cultures très fertilisées, permet donc de diminuer de façon conséquente l’utilisation d‘engrais minéraux azotés qui représentent 63 % des fertilisants de synthèse apportés aux cultures. La réduction de l‘épandage de ces engrais induite par la modification de l’assolement français ici présentée est estimée à 216 millions de tonnes (Mt), soit 10 % de la consommation totale annuelle. L’hypothèse retenue dans le modèle du Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable est que cette baisse se répercute proportionnellement à la structure actuelle du marché, soit 52 % sur les importations et 48 % sur la production nationale de fertilisants.
Ce moindre recours aux engrais permettrait de réduire les émissions de GES. L’épandage des engrais azotés en est la principale source puisqu’il provoque des émissions directes et indirectes de protoxyde d’azote. Ce GES issu de la transformation des formes de l’azote dans le sol (dénitrification) présente un pouvoir de réchauffement global 310 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Le protoxyde d’azote des sols agricoles a constitué en France pour l’année 2007, la deuxième source de GES contribuant à hauteur de 9 % de des émissions nationales (CITEPA, 2009). En appliquant les lignes directrices 2006 du GIEC, la baisse globale de la fertilisation se traduirait par une diminution des émissions de 1,2 millions de tonnes équivalent CO2 (Mteq CO2) (cf. tableau 1), soit près de 9 % des émissions totales provoquées directement et indirectement par l’épandage de ces engrais en France.
Selon le Service de l’économie, de l’évaluation et de l’intégration du développement durable, « une telle décision remettrait en cause une orientation politique française et européenne en faveur des céréales depuis plus de 40 ans, et nécessiterait un accompagnement des filières et des systèmes de culture et d’élevage qui produisent et valorisent les légumineuses. Les avantages environnementaux liés à la relance des légumineuses compenseraient en partie la détérioration de la balance commerciale agricole qui en résulterait. »