Les 82 habitants du village de Bure ont vécu paisiblement jusqu’à ce que le gouvernement commence à étudier la faisabilité d’un site de stockage de déchets radioactifs des centrales nucléaires sur son territoire. Désormais Bure est le théâtre de vives manifestations alors qu’une décision sur le projet baptisé Ciego (Centre industriel de stockage géologique) s’apprête à être rendue.
Au cours des vingt dernières années, l’Andra, agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, a testé la stabilité du sol argileux du village pour voir s’il pouvait contenir des déchets radioactifs pendant des centaines de milliers d’années.
L’Andra doit déposer, en 2019, une demande « d’autorisation de création » de ce projet de 25 milliards d’euros, après une vingtaine d’années d’études menées dans les galeries de son laboratoire souterrain, à deux kilomètres du village.
Maintenant, ça va devenir invivable à cause des déchets et des manifestants
L’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) a déjà déclaré que le projet était valide et que le stockage géologique en profondeur des déchets radioactifs était la manière la plus sûre de protéger les générations futures des déchets radioactifs.
La tension s’aggrave dans le village de Bure, où les habitants sont farouchement opposés au projet.
Gérard Antoine, le Maire de Bure, avait approuvé l’installation des infrastructures de recherche de l’Andra il y a 23 ans mais a déclaré qu’il regrettait désormais cette décision.
« Si on me demandait de prendre une décision aujourd’hui, ce serait non, dit-il en assurant que tout le conseil municipal ferait de même. J’avais seulement accepté un laboratoire de recherche. Maintenant, ça va devenir invivable à cause des déchets et des manifestants » a-t-il déclaré.
Des centaines de manifestants qui ont construit un camp à proximité avaient été évacués par la police en février mais ont affirmé vouloir se battre contre le projet jusqu’à ce que le gouvernement ne change ses plans.
« Nous nous dirigeons tout droit vers une catastrophe nucléaire, c’est pourquoi nous sommes opposés au projet », a déclaré Jean Marc Fleury, ancien Maire Europe Ecologie-Les Verts et président fondateur de l’Eodra (Elus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs).
Le futur site du Ciego devrait couvrir une superficie de 600 hectares et compte 250 kilomètres de galeries souterraines où les déchets radioactifs seraient enfouis dans des cylindres.
L’Andra, qui a mené un travail de recherche via un laboratoire de recherche à 500 mètres de profondeur, veut commencer le travail sur le site en 2022 et le terminer d’ici 2030.
