Tchernobyl un nombre de victimes largement minimisé selon Greenpeace - 18 avril 2006 - 18:28

Tchernobyl - Aujourd'hui est sortie une étude inédite sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. Près de 60 scientifiques du monde entier ont collaboré à ce rapport pour démontrer que depuis vingt ans, ses conséquences ont été largement minimisées, selon Greenpeace. Le nombre de victimes de Tchernobyl serait largement minimisé selon Greenpeace. L’association écologiste Greenpeace révèle ce mardi qu’une étude démontrerait l'ampleur réelle de la catastrophe de Tchernobyl.

Greenpeace publie aujourd'hui un rapport inédit auquel ont collaboré plus de 60 scientifiques du monde entier, qui démontre que l'impact sanitaire de la catastrophe de Tchernobyl a été largement sous-estimé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA). Même si des incertitudes subsistent concernant l'ampleur exacte des conséquences de Tchernobyl, le rapport conclut que 200 000 décès dus à la catastrophe ont déjà été constatés ces quinze dernières années en Russie, au Bélarus et en Ukraine. Le rapport indique de plus, qu’à l’avenir plus d'un quart de million de cancers, dont près de 100 000 cancers mortels, découleront de la catastrophe.


Tchernobyl un nombre de victimes largement minimisé selon Greenpeace


Vingt ans après l'accident, retour sur la catastrophe de Tchernobyl : Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explose, ce sera l'accident le plus important du nucléaire civil. Les opérateurs de la centrale de Tchernobyl préparaient un exercice de sûreté sur le réacteur n°4. Cet essai devait permettre de tester le fonctionnement d'un nouveau système de refroidissement de secours. Plusieurs milliers d'Ukrainiens, Biélorusses et Russes sont évacués. La mobilisation internationale est immédiate que ce soit sur le plan humanitaire, financier, technique ou scientifique. L'accident a eu lieu pendant cet exercice pour deux raisons principales : le réacteur, de type RBMK, présentait plusieurs défauts de conception, dont une instabilité dans certaines plages de fonctionnement, qui a eu pour effet d'entraîner une perte de contrôle, les agents en place ont violé certaines procédures de sécurité (ils ont, par exemple, bloqué trois systèmes automatiques de sécurité), empêchant l'arrêt du réacteur. Ces déficiences et erreurs ont entraîné une augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur et une détérioration importante du combustible, conduisant à un réchauffement brutal de l'eau qui s'est vaporisée dans le cœur du réacteur. Une explosion de vapeur s'est produite alors, à l'intérieur du bâtiment, détruisant partiellement le réacteur et provoquant un incendie. Depuis avril 1986, de nombreuses études ont été menées dans les pays touchés par les retombées de l'accident. Elles visent principalement à évaluer les conséquences radiologiques, dosimétriques et sanitaires des retombées de Tchernobyl. Les pays les plus touchés par l'accident de Tchernobyl sont ceux qui ont subi les plus fortes retombées radioactives. Il s'agit de la Biélorussie (23% de son territoire touché), de l'Ukraine (7% de son territoire touché) et de la Russie (0,3% du territoire touché).

Selon Greenpeace, les chiffres de cette étude prouvent que le bilan mis en avant par l'AIEA, qui table sur 4.000 décès, représente une minimisation grossière de l'étendue des souffrances provoquées par Tchernobyl. « Vingt ans après la catastrophe, le mensonge nucléaire perdure à l’international comme en France, déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Energie du bureau français de Greenpeace. La volonté de l’industrie nucléaire de cacher ses impacts comme les conséquences de Tchernobyl, ou encore la question des déchets nucléaires en présentant l’enfouissement comme une solution, a pour but de servir ses desseins de renaissance. »Greenpeace estime qu'il est temps de tourner la page du nucléaire et de construire une autre politique énergétique, axée sur la sobriété, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Basées sur les statistiques nationales du Bélarus en matière de cancers, les données contenues dans le rapport prévoient environ 270.000 cancers supplémentaires provoqués par Tchernobyl, dont 93.000 cancers mortels. Le rapport conclut aussi, sur la base des données démographiques que, durant les 15 dernières années, 60 000 personnes sont mortes en Russie, et estime qu’au total le nombre de morts pourrait atteindre 140 000 victimes supplémentaires en Ukraine et au Belarus.
Le rapport se penche également sur les autres impacts sanitaires de Tchernobyl et conclut que la radioactivité relâchée par l’accident a des effets dévastateurs sur les survivants: entre autres, des dommages aux systèmes immunitaires et endocriniens, un vieillissement accéléré, une augmentation des déformations chez les fœtus et enfants, des aberrations au niveau des chromosomes, ainsi que des maladies cardio-vasculaires, sanguines et psychologiques. Même si des incertitudes demeurent concernant l'ampleur exacte des conséquences de Tchernobyl, des preuves irréfutables montrent que l'accident a eu un impact important sur la santé de millions de personnes habitant une grande partie de la planète.

Au-delà de l'impact direct des radiations, la santé des habitants de l'Ukraine, du Bélarus et de la Russie a également été affectée par de graves perturbations aux niveaux social et économique, suite à l'augmentation du coût du système de soins de santé, la perte de terres agricoles, le déplacement forcé d'environ 300.000 personnes, une force de travail affaiblie ou encore la crise économique qui a suivi la catastrophe.
Ces conclusions contrastent fortement avec les affirmations de l'AIEA. En avançant le chiffre de 4.000 cancers mortels sans spécifier que ce chiffre a trait à un groupe restreint de personnes (les 600.000 'liquidateurs' et les personnes relocalisées suite à l'accident, alors qu'au moins deux milliards de personnes ont été touchées par les retombées radioactives), l'AIEA tente de minimiser le coût humain de la catastrophe de Tchernobyl. L'AIEA a aussi omis de se pencher sur les impact autres que ceux liés aux cancers et a tenté d'expliquer ceux-ci par une « radiophobie » généralisée.

« Il est regrettable que l'impact du plus grave accident nucléaire soit ainsi minimisé par l'AIEA, souligne Ivan Blokov, chargé de campagne Energie du bureau russe de Greenpeace. Un tel déni des implications réelles est non seulement insultant pour les milliers de victimes, mais remet également en question le mandat même de l'AIEA. Comment, en effet, peut elle prétendre au rôle de gendarme nucléaire mondial si elle ne peut même pas admettre que le nucléaire a anéanti la vie de tant de personnes? »

Conclusions principales du rapport : Le nombre de cancers a augmenté fortement au Bélarus, en Ukraine et en Russie. Entre 1990 et 2000, une croissance de 40% du nombre des cancers a été constatée au Bélarus. Dans la région de Gomel, l'augmentation a été de 52%. En Ukraine, l'augmentation du nombre de cancers a été de 12%. Dans la région de Zhytomir, la morbidité a presque triplé. Dans la région russe de Bryansk, le nombre de cancer a été multiplié par 2,7.
Rien qu'au Bélarus, environ 7.000 cas de cancers de la thyroïde supplémentaires ont été identifiés jusque 2004. Une étude récente montre que les cancers de la thyroïde a été multiplié par 88,5 parmi les enfants, 12,9 parmi les adolescents et 4,6 parmi les adultes. Dans ce pays, les prévisions avancent le chiffre de 14.000 à 31.400 cancers de la thyroïde additionnels sur une période de 70 ans. Pour l'Ukraine, on s'attend à 24.000 cas de cancer de la thyroïde, dont 2.400 mortels. Ces augmentations dramatiques du nombre de cancer de la thyroïde sont bien supérieures aux prévisions initiales, au lendemain de l'accident. Qui plus est, ces cancers sont très agressifs, avec une période de latence courte et une étendue des tumeurs en dehors de la thyroïde, ce qui oblige à des opérations répétées afin d'enlever les métastases résiduelles.
Le nombre de leucémies a commencé à augmenter de manière significative parmi les populations les plus exposées environ cinq ans après l'accident. Les estimations pour le Bélarus sont de 2.800 cas de leucémie additionnels entre 1986 et 2056, dont jusqu'à 1.880 mortels.
Une augmentation significative du nombre de cancers de l'intestin, du rectum, de la vessie, du foie, du poumon, ainsi que d'autres types de cancers, a été observée. Entre 1987 et 1999, environ 26.000 cas de cancers liés aux radiations ont été répertoriés au Bélarus. La cancer de la peau représentait 18.7% des cas, le cancer du poumon 10,5% et le cancer de l'estomac 9,5%.
En Ukraine, au Bélarus et en Russie, les maladies des systèmes circulatoire et lymphatique ont augmenté. Au Bélarus, les maladies du système circulatoire avaient été multipliées par 5,5 dix ans après la catastrophe. En Ukraine, les maladies du sang et du système circulatoire ont augmenté d'un facteur 10,8 à 15,4 parmi les populations des zones contaminées.
Des impacts des radiations sur le système reproductif ont été constatés: l'accumulation de radionucléides dans le corps féminin entraîne une production plus élevée de testostérone et une plus grande expression des attributs du sexe masculin. En parallèle, l'impuissance est devenue plus courante parmi les hommes âgés de 25 à 30 ans et vivant dans les régions polluées. Les enfants de ces zones souffrent de retard du développement sexuel. Les femmes adultes souffrent d'apparition tardive et de perturbation des règles, de problèmes gynécologiques plus fréquents, d'anémie avant et après l'accouchement, d'anomalies au début du travail et de pertes des eaux prématurées.

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