Chikungunya en France le gouvernement expose son plan de lutte à Nice - 17 mars 2006 - 19:34

CHIKUNGUNYA - Lors d'une visite à Nice de Monsieur Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des solidarités, le gouvernement a présenté le Plan National anti-dissémination du Chikungunya et de la Dengue. Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités, accompagné de Monsieur Christian Estrosi, Ministre délégué à l'Aménagement du Territoire et Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, s'est rendu ce jour à Nice à la rencontre des différents services de l'Etat, des professionnels de santé et des élus pour informer et échanger sur le moustique, nuisant et vecteur.

A cette occasion, Monsieur Xavier Bertrand a présenté un plan anti-dissémination conçu pour prévenir les risques de développement du moustique sur l'ensemble du territoire national, et plus particulièrement dans les Alpes-maritimes. Cette visite a d'abord permis de faire le point sur la présence de moustiques vecteurs du virus chikungunya (Aedes Albopictus) dans le département et d'identifier les besoins et les solutions pour lutter contre les moustiques, à titre de prévention. Monsieur Xavier Bertrand a ensuite présenté le plan national anti-dissémination du chikungunya.


Chikungunya en France le gouvernement expose son plan de lutte à Nice

Ce plan repose sur 4 axes : la surveillance entomologique et humaine, la lutte contre le moustique, l'information du grand public et des professionnels de santé et la recherche. Surveillance épidémiologique et entomologique : Décret classant le chikungunya et la dengue comme maladies à déclaration obligatoire pour fin mars 2006 ; L'Entente Interdépartementale pour la Démoustication (EID) - Méditerranée renforce la surveillance du moustique par l'installation dès maintenant de 150 nouveaux pièges pondoirs dans les Alpes-Maritimes ; Le ministère de la santé conclura avant le 31 mars 2006 une nouvelle convention avec l'EID Méditerranée qui élargira la surveillance du moustique à l'ensemble du pourtour méditerranéen, la Corse et la vallée du Rhône

Renforcer la lutte contre les moustiques, vecteurs potentiels de maladies : L'Etat étudiera, en lien avec les professionnels, les mesures réglementaires possibles imposant aux importateurs de traiter systématiquement les larves de moustiques dans les centres de stockage de pneus et les plantes coupées tropicales ; Le préfet des Alpes Maritimes écrira un plan d'action local, en lien avec les collectivités et le Conseil Général. Il s'appuiera sur l'expertise de l'EID et de l'IRD ; Les préfets des départements français d'Amérique instaurent des mesures renforcées de prévention (information active dans les aéroports et repérage des voyageurs venant de l'océan indien ; démoustication préventive autour de leurs maisons ; isolement des cas de chikungunya)

Mobilisation sociale, information et éducation : Le conseil général et l'Etat mettent en place une campagne de communication et d'éducation grand public ; Mise en place par le Conseil général dès le 20 mars 2006 d'un numéro vert d'information et de signalement des situations d'invasion de moustiques (0800 740 606) ; Information des voyageurs renforcée : au départ des aéroports français vers toute destination de l'océan indien et des caraïbes et une campagne de presse dans les Alpes-Maritimes pour les voyageurs en retour de l'océan indien et des caraïbes ; Envoi de messages d'informations sur la maladie aux professionnels de santé et réunions d'information par la DDASS

Développer la recherche et les connaissances : Le plan recherche chikungunya aidera à lutter contre la dissémination (volets sur le moustique vecteur, sur l'interaction virus-moustique, sur la lutte anti-vectorielle) ; Mission du Professeur Jean-François Girard pour l'évaluation et l'expertise de la veille sanitaire ; 6 bourses de recherche doctorantes en entomologie médicale et vétérinaire en 2007 (pour EID, IRD et Pasteur) ; Mise en place d'une mission internationale d'experts pour aller chercher les bons retours d'expérience

Ce plan anti-dissémination doit désormais être déployé localement par les différents acteurs qui peuvent compter sur le soutien financier de l'Etat ; à cet effet, Monsieur Xavier Bertrand a annoncé l'ouverture immédiate d'une ligne de crédit d'un montant de 1,2 million d'euros pour l'application immédiate du plan. Le préfet mettra en place dès le mois d'avril un plan d'action local contre le moustique, en anticipation sur l'éclosion saisonnière des larves de moustiques.

A l'issue de la visite, Monsieur Xavier Bertrand a indiqué : « ce que nous entreprenons à Nice, nous le ferons à chaque fois que le territoire national sera concerné par un risque sanitaire lié aux maladies émergentes ou ré-émergentes. »

L'émergence en 2005 du chikungunya dans les îles de l'Océan indien, dont la Réunion et Mayotte, et son extension progressive à nombre de pays témoignent d'une capacité très importante d'implantation de cette maladie, dès lors que le moustique qui la transmet est présent et que la population n'est pas immunisée.

Cette maladie, comme la dengue, est transmise à l'homme par les moustiques aedes qui se concentrent dans les zones urbanisées. Ces maladies pénibles et souvent très invalidantes provoquent des douleurs articulaires pouvant durer plusieurs mois dans le cas du chikungunya. Aucun vaccin ni traitement curatif spécifique ne sont aujourd'hui disponibles. Des cas de complication médicale ont été rapportés et quelques décès leur sont imputables.

Le moustique aedes albopictus a connu une expansion rapide de son aire géographique dans les trente dernières années, à la faveur du développement des transports internationaux, notamment de pneus. En France, ce moustique est présent et durablement installé dans les dans les collectivités de l'océan indien et du Pacifique et les départements français d'Amérique. En métropole, sa présence a été confirmée en faibles quantités et dans une zone géographique encore très limitée de six communes du département des Alpes Maritimes, en provenance d'Italie du Nord.

Le risque que des personnes en incubation ou malades transportent ces virus est lié au fait que le nombre de pays touchés est important et en progression (36 pays aujourd'hui répertoriés pour le chikungunya, tous situés en zone tropicale) et que les échanges internationaux ne cessent de croître.

Le déclenchement d'une épidémie dans une population sans aucune immunité ne dépend pas seulement de la présence du vecteur dans un territoire, mais de sa densité, des modes de vie, de la capacité des individus et des collectivités à lutter contre la prolifération des gîtes larvaires, des moyens individuels permettant de se protéger contre les piqûres de moustiques.

On peut donc considérer que le risque d'extension du chikungunya à partir de cas importés de la maladie doit être pris au sérieux. Il justifie que des mesures de prévention soient prises.

LES QUATRE AXES DU PLAN

1. Renforcer la surveillance épidémiologique et entomologique pour prévenir et évaluer les risques de dissémination

Cette surveillance poursuit un triple objectif de (1) prévention de la propagation du virus, (2) de repérage précoce de la circulation du virus et (3) de développement des connaissances sur les moustiques vecteurs et la maladie humaine.

a) Développer la surveillance des cas humains d'infection au chikungunya et à la dengue

Cette surveillance est effectuée aujourd'hui par l'Institut de veille sanitaire, et ses antennes régionales, les Cellules interrégionales d'épidémiologie (CIRE).

· Le ministre de la santé prendra avant fin mars un décret ajoutant le chikungunya et la dengue à la liste des maladies à déclaration obligatoire pour l'ensemble du territoire en dehors des zones d'épidémie de la Réunion et de Mayotte. Cette déclaration joue un rôle important dans la détection des premiers cas afin de contrôler les risques de dissémination du chikungunya et de dengue.

· Les actions spécifiques de surveillance épidémiologique menées dans les départements français d'Amérique doivent être maintenues en attendant la mise en place de la déclaration obligatoire. Elles permettent de détecter le plus précocement possible les cas d'infection par le virus Chikungunya, qu'ils soient importés ou autochtones afin de déclencher des actions de démoustication ciblées.

La surveillance épidémiologique est basée sur le signalement immédiat par les médecins et les laboratoires de tout cas suspect ou confirmé d'infection par le virus Chikungunya.

Elle s'appuie sur l'ensemble des médecins de ville, les médecins sentinelles, les médecins hospitaliers, les laboratoires d'analyses de biologie médicale de ville, les laboratoires hospitaliers de virologie et le Centre national de référence des arboviroses de Lyon.

b) Renforcer la surveillance du moustique vecteur en métropole

Le ministère de la santé a mis en place en 1999 une surveillance des sites à risque pour le moustique aedes albopictus, par convention avec l'Entente interdépartementale de la démoustication (EID-Méditerranée). Il lui a consacré 295.000 euros sur 2002-2005. Elle est placée sous la conduite d'un comité de surveillance piloté par l'ADEGE et réunissant l'Institut de recherche et de développement, l'Institut Pasteur de Paris et le CHU de Nice.

· Dès maintenant, l'EID-Méditerranée renforce la surveillance du moustique et installe, à la demande du ministère de la santé et du Conseil général des Alpes Maritimes, 150 nouveaux pièges pondoirs permettant de détecter plus sûrement l'apparition du moustique et de déclencher les actions de lutte ;

· Le ministère de la santé conclura avant le 31 mars 2006 une nouvelle convention avec l'EID Méditerranée qui élargira la surveillance du moustique à l'ensemble du pourtour méditerranéen, la Corse et la vallée du Rhône. La surveillance des sites d'importation de pneus sera complétée par la mise en place d'un réseau de surveillance aux aéroports et ports internationaux.

Par rapport à la précédente convention conclue pour 2002-05, les moyens consacrés à ces tâches de surveillance seront doublés (600.000 € pour 2006-09)

c) Actualiser en permanence l'expertise pour réduire les risques de dissémination

· Le ministre de la santé va saisir l'Institut de veille sanitaire, l'Institut de recherche et de développement et l'ADEGE pour conduire une étude d'évaluation quantifiée des risques de développement d'une épidémie et faire des propositions complémentaires de maîtrise des risques avant l'été 2006. Les premières conclusions seront rendues sous un mois.

2. Renforcer la lutte contre les moustiques, vecteurs potentiels de maladies

a) Lutter contre l'importation de moustiques dans les transports de marchandises

L'importation de certains produits creux sans bâchage, notamment par bateaux, ou de plantes tropicales de milieu humide représente un risque car ces produits sont des gîtes potentiels de larves de moustiques. L'implication du transport international des pneus par bateaux dans l'introduction d'aedes albopictus au Sud de l'Europe et aux Etats-Unis est désormais établie.

· L'Etat étudiera, en lien avec les professionnels, les mesures réglementaires possibles de traitement systématique contre les larves de moustiques :

- Par les importateurs de plantes coupées (en particulier les broméliacés tropicaux et les cannes de bambou) en provenance des zones tropicales

- Par les importateurs de pneus, sur les sites de stockage en France

· Les contrôles de la désinsectisation des avions par les DDASS seront renforcés dans les aéroports français.

b) Engager des actions de lutte contre les moustiques dans les zones de présence durable des moustiques vecteurs potentiels du chikungunya en métropole

· En concertation avec les collectivités locales des Alpes Maritimes et en particulier le Conseil général, le préfet définit un plan d'action local. Ces mesures concernent la démoustication, le contrôle des moustiques dans des zones délimitées, l'information et l'éducation sanitaire. Le préfet s'appuie sur l'expertise de l'EID-Méditerranée, de l'Institut de recherche et de développement et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.

Le préfet va solliciter les maires afin de renforcer leurs actions dans les domaines de la salubrité et de l'assainissement. Ces actions sont particulièrement efficaces pour prévenir le développement des moustiques.

c) Mise en place de plans spécifiques d'action dans les collectivités d'outre-mer où le risque d'importation existe

Les départements français d'Amérique ont développé des plans d'actions spécifiques, notamment contre la dengue. Ils prévoient une surveillance épidémiologique, des campagnes d'information des populations et des professionnels de santé, des opérations de lutte antivectorielle ciblées.

· Le ministère de la santé a saisi les préfets de ces départements le 14 février dernier pour renforcer les plans d'actions, contre le risque d'introduction du chikungunya. Désormais :

- une information active est faite à l'arrivée aux aéroports (repérage des personnes arrivant de la zone de l'océan indien par la police aux frontières et information de la DDASS, distribution de tracts d'information à l'arrivée…)

- une démoustication préventive est faite autour des maisons des personnes revenant des zones touchées de l'océan indien

- toute personne présentant les symptômes de chikungunya est isolée par rapport aux moustiques

- une information spéciale des professionnels de santé est mise en place

· Le ministre de la santé a saisi les représentants de l'Etat dans les collectivités d'outre-mer du Pacifique le 4 mars dernier pour informer les autorités locales des risques d'importation du chikungunya, les inciter à mettre en place des mesures similaires à celles qui existent dans les départements français d'Amérique et proposer le soutien de l'Etat et de l'expertise publique. Un bilan des actions est en cours de réalisation.

d) Procéder à un état des lieux précis des capacités d'intervention de la France dans le domaine de lutte contre les vecteurs potentiels

· Une mission conjointe de l'inspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale de l'environnement sera mise en place pour réaliser un bilan des moyens dont sont dotés les différents acteurs de la lutte antivectorielle en France et de leurs techniques d'intervention. La mission formulera des recommandations.

3. Informer et mobiliser la population et les professionnels de santé

a) Sensibiliser et responsabiliser la population sur les risques liés à la prolifération du moustique, vecteur potentiel

Le moustique aedes albopictus vit dans les maisons et leur alentours. Il a un faible rayon d'action et pond dans tout réceptacle naturel ou artificiel d'eau (soucoupe d'eau, encombrants extérieurs, jardin mal nettoyé, creux d'arbre, fosse sceptique…). Dès lors nettoyer un jardin et retirer tout réceptacle creux d'eau de pluie est la mesure la plus efficace pour se protéger des piqûres de ce moustique, dans un but conjoint de confort et de protection sanitaire.

· L'Etat et le conseil général des Alpes Maritimes national organisent une campagne de communication d'ici le début du mois d'avril incitant les populations à se protéger, à signaler aux services du Conseil général les nuisances liées à la présence importante de moustiques et à détruire les gîtes de larves domestiques.

· Le conseil général met en place un numéro vert d'information et de signalement des nuisances liées à la présence des moustiques à partir du 20 mars.

b) Renforcer l'information des voyageurs

· L'information actuellement donnée dans les aéroports français aux voyageurs se rendant à la Réunion et Mayotte sera élargie à l'ensemble de la zone de l'océan indien.

· Une information spécifique des voyageurs de retour de l'océan indien et résidant dans les Alpes Maritimes sera diffusée par voie de presse écrite locale.

· Les voyageurs au départ des aéroports de la Réunion et de Mayotte reçoivent des tracts d'information.

c) Informer les professionnels de santé sur la maladie

Les professionnels de santé de toute la France ont été informés dès le mois de janvier sur les symptômes de la maladie et de la manière de les prendre en charge.

· L'ensemble des médecins généralistes et des pharmaciens des Alpes Maritimes recevront sous un mois une information actualisée et détaillée sur la maladie, ses symptômes et la conduite à tenir en cas de suspicion de la part du ministère de la santé.

4. Développer la recherche et les connaissances

Le ministre de la santé souhaite aller plus loin et mettre en place une vigilance renforcée et pérenne. Celle-ci suppose de recourir à la recherche pour identifier de nouvelles manières de lutter, mieux connaître la maladie et le vecteur pour mieux les combattre.

Le Premier ministre a décidé de consacrer 9M€ fin février pour lancer immédiatement la recherche contre le chikungunya. Elle touche la maladie, le moustique vecteur, l'environnement et la virologie (et notamment le développement de vaccins).

 

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