Ralentissement de l'épidémie de chikungunya à la Réunion - 11 mars 2006 - 09:27

REUNION – Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS) le nombre de cas hebdomadaire à la maladie du chikungunya diminue depuis la semaine du 5 au 12 février 2006. Le chikungunya a atteint 204.000 sur l'île de la Réunion depuis le début de l'épidémie, dont 3.115 cas au cours de le dernière semaine de comptage. Cependant l'InVS précise que les données de ces deux dernières semaines ne sont pas encore consolidée, cette évolution doit être confirmée d'autant plus que des évènements inopinés tels que la dépression tropicale Diwa, qui affecte l'île depuis le 3 mars, peuvent contribuer à modifier l'écologie du moustique vecteur de la maladie.

La transmission reste très active dans tous les arrondissements depuis la recrudescence de décembre 2005, elle a été particulièrement intense dans l'est et le sud-ouest de l'île et elle s'étend désormais à l'ouest. La surveillance est basée sur un réseau de médecins sentinelles qui permet de suivre au mieux les tendances de l'épidémie.


Ralentissement de l'épidémie de chikungunya à la Réunion

Une estimation à partir d'un modèle mathématique, basé sur les séries historiques, permet d'évaluer le nombre total de cas présentant des signes compatibles avec une infection à chikungunya depuis le début de l'épidémie (qu'ils aient ou non consulté un médecin) à environ 204.000 cas, dont près de 13.000 cas lors de la semaine du 27 au 5 mars 2006. Entre le 28 mars 2005 et le 5 mars 2006, 3.115 cas ont été notifiés par les médecins du réseau sentinelle de l'île de la Réunion, dont 196 au cours de la semaine du 27 au 5 mars 2006.

Au total, depuis le début de l'épidémie, 73 personnes avec une infection à chikungunya confirmée biologiquement ont eu une expression clinique grave de la maladie (formes neurologiques, hépatiques, …) qui ont nécessité une hospitalisation en réanimation. 33 infections confirmées à chikungunya ont été rapportées chez des nouveaux nés âgés de moins de 28 jours. Les médecins signalent un risque de décompensation lié aux effets de l'infection aiguë sur l'état général des personnes vulnérables, en particulier les personnes âgées, les nouveaux nés, les personnes immunodéprimées… Depuis janvier 2006, 125 certificats de décès dans lesquels le chikungunya est mentionné ont été recensés.

Situation à Mayotte : Entre le 9 janvier et le 10 mars 2006, 2.833 cas suspects d'infection aiguë à chikungunya ont été rapportés à Mayotte, dont 179 au cours de la semaine du 6 au 12 mars 2006. La plupart des cas sont identifiés dans le Grand Mamoudzou, Petite Terre et la côte nord de l'île. Les mesures de lutte antivectorielle ont été renforcées depuis le début de l'année.

Le virus a circulé dans la région sud-ouest de l'Océan Indien au début de l'année 2005, avec en particulier des foyers épidémiques identifiés aux Comores, à Maurice, aux Seychelles, à La Réunion et à Mayotte. Au décours de l'installation de l'hiver austral et jusque la fin de l'année 2005, les Comores, l'île Maurice, les Seychelles et Mayotte n'avaient pas identifié de cas ou alors quelques cas isolés. Depuis début janvier 2006, il existe à nouveau une circulation du virus Chikungunya dans la région.

Aux Seychelles, à la date du 1er mars 2006, environ 4650 cas ont été déclarés depuis le début de l'année (source OMS). Aux Comores, à la date du 10 mars 2006 , aucun cas n'a été signalé, depuis le début de l'année (source non confirmée). A Madagascar, 2 cas de Chikungunya, confirmés biologiquement, à Toamasina (côte Est de l'île) ont été notifiés durant la semaine du 6 au 12 mars 2006. A Maurice, à la date du 1er mars 2006, 2.553 cas ont été notifiés, dont 1.173 cas confirmés biologiquement (source OMS).

En Inde, entre le 1 er décembre 2005 et le 17 février 2006, 5.671 cas d'arthralgies fébriles ont été rapportés dans dans l'Andhra Pradesh, état de l'est de l'Union indienne. 139 de ces cas sont confirmé biologiquement comme étant une infection à Chikungunya. Dans l'état voisin d'Orissa, 4.904 cas de fièvre avec myalgies et céphalées ont été notifiés entre le 27 février et le 5 mars. Les résultats des examens complémentaires sont en attente. L'inde est un pays où la circulation du virus Chikungunya est connue.

A la Réunion, l'épidémie étant toujours très active et dans le contexte des fortes pluies survenues en fin de semaine dernière, il convient de rappeler l'importance d'adopter des comportements individuels qui visent à se protéger des piqûres de moustique et de contribuer à la destruction des gîtes larvaires. Il n'existe ni vaccin ni traitement préventif contre l'infection à Chikungunya. Les mesures de contrôle reposent donc sur les efforts couplés de lutte antivectorielle et de lutte communautaire afin d'éliminer les gîtes de moustiques.

Depuis la fin de l'hiver austral, les mesures de lutte antivectorielle ont été considérablement renforcées, mais doivent venir en complément des mesures de lutte communautaire également indispensables. L'ensemble de la population est concerné et doit poursuivre les actions quotidiennes de destruction des gîtes potentiels autour des habitations ( eau stagnante dans les soucoupes, vases, seaux, détritus….)

Dans ces conditions, les mesures de prévention individuelle contre les piqûres de moustique sont très importantes et doivent être prises de façon quotidienne: spray et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, vêtements longs et moustiquaires… Les femmes enceintes et les très jeunes enfants doivent faire l'objet de mesures particulièrement renforcées et adaptées. Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l'extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée.

Le virus chikungunya est un arbovirus transmis par un moustique du genre Aedes. Il circule surtout en Afrique de l'Est, en Asie du Sud-est et dans le sous-continent indien.

Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S'y associent typiquement d'importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des oedèmes, des céphalées et, parfois, une éruption cutanée. Des hémorragies bénignes à type d'épistaxis et de gingivorragies peuvent survenir, surtout chez les enfants.

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