Chikungunya 186 000 cas à La Réunion - 03 mars 2006 - 18:24

CHIKUNGUNYA - Epidémie de Chikungunya à La Réunion et dans l'Océan Indien, 186.000 cas recensés. A la Réunion, ce sont 186.000 personnes qui ont été touchées par l'épidémie depuis un an, entraînant 93 décès directs ou indirects selon le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Au début de la semaine, on parlait de 157.000 cas et de 77 morts. Près d'un quart de la population de l'île (760.000 habitants) est désormais concerné. Sur l'île voisine de Mayotte, 2.162 cas ont été déclarés depuis début janvier. Mardi on n'évoquait 1.800 cas sur une population totale de 180.000 personnes.

Situation à la Réunion : La surveillance est basée sur un réseau de médecins sentinelles qui permet de suivre au mieux les tendances de l'épidémie.


Chikungunya 186 000 cas à La Réunion

Entre le 28 mars 2005 et le 26 février 2006, 2849 cas ont été notifiés par les médecins du réseau sentinelle de l'île de la Réunion, dont 288 au cours de la semaine du 20 au 26 février 2006. Une estimation à partir d'un modèle mathématique, basé sur les séries historiques, permet d'évaluer le nombre total de cas présentant des signes compatibles avec une infection à Chikungunya depuis le début de l'épidémie (qu'ils aient ou non consulté un médecin) à environ 186 000 cas, dont près de 19 000 cas lors de la semaine du 20 au 26 février 2006.

La stabilisation de la progression de l'épidémie observée depuis la semaine 2006/5 se confirme en semaine 2006/8 sur la plupart des indicateurs. Toutefois, la prudence est de rigueur, compte tenu du délai nécessaire pour la consolidation des données des semaines 2006/7 et 2006/8.La transmission est très active dans tous les arrondissements depuis la recrudescence de décembre 2005, elle a été particulièrement intense dans l'est et le sud-ouest de l'île et elle s'étend désormais à l'ouest.

Formes graves et atypiques : Au total, depuis le début de l'épidémie, 44 personnes avec une infection à chikungunya confirmée biologiquement ont eu une expression clinique grave de la maladie (formes neurologiques, hépatiques …) nécessitant une hospitalisation en réanimation. De plus, 33 infections confirmées à Chikungunya ont été rapportées chez des nouveaux nés âgés de moins de 28 jours. Par ailleurs, les médecins signalent un risque de décompensation lié aux effets de l'infection aiguë sur l'état général des personnes vulnérables, en particulier les personnes âgées, les nouveaux nés, les personnes immunodéprimées, etc.

Décès : Alors que le virus du Chikungunya n'était pas jusqu'ici connu pour provoquer des formes mortelles, depuis janvier 2006, 93 certificats de décès dans lesquels le Chikungunya est mentionné ont été recensés. Les analyses sont en cours afin d'avoir une connaissance plus détaillée de ces décès.

Situation à Mayotte : Entre le 9 janvier et le 2 mars 2006, 2264 cas suspects d'infection aiguë à Chikungunya, dont 18 confirmés biologiquement, ont été identifiés à Mayotte. L'épidémie concerne toujours la zone nord, Mamoudzou, Petite Terre, et touche désormais la côte nord ouest (Acoua). Le Sud est actuellement épargné. Les mesures de lutte antivectorielle ont été renforcées depuis le début de l'année.

Autres Iles de l'Océan Indien : Le virus a circulé dans la région sud-ouest de l'Océan Indien au début de l'année 2005, avec en particulier des foyers épidémiques identifiés aux Comores, à Maurice, aux Seychelles, à La Réunion et à Mayotte. Au décours de l'installation de l'hiver austral et jusque la fin de l'année 2005, les Comores, l'île Maurice, les Seychelles et Mayotte n'avaient pas identifié de cas ou alors quelques cas isolés.

Depuis début janvier 2006, il existe à nouveau une circulation du virus Chikungunya dans la région. Aux Seychelles : A la date du 1er mars 2006, environ 4650 cas ont été déclarés depuis le début de l'année (source OMS).Aux Comores et à Madagascar : A la date du 1er mars 2006, aucun cas n'a été signalé, depuis le début de l'année (source non confirmée). A Maurice : A la date du 1er mars 2006, 2553 cas ont été notifiés, dont 1173 cas confirmés biologiquement (source OMS).

Mesures de lutte : A la Réunion, l'épidémie étant toujours très active et dans le contexte des fortes pluies survenues en fin de semaine dernière, il convient de rappeler avec force l'importance d'adopter des comportements individuels visant à se protéger des piqûres de moustique et de contribuer à la destruction des gîtes larvaires. Il n'existe ni vaccin ni traitement préventif contre l'infection à Chikungunya. Les mesures de contrôle reposent donc sur les efforts couplés de lutte antivectorielle et de lutte communautaire afin d'éliminer les gîtes de moustiques. Depuis la fin de l'hiver austral, les mesures de lutte antivectorielle ont été considérablement renforcées, mais doivent venir en complément des mesures de lutte communautaire également indispensables. L'ensemble de la population est concerné et doit poursuivre les actions quotidiennes de destruction des gîtes potentiels autour des habitations (eau stagnante dans les soucoupes, vases, seaux, détritus….). Dans ces conditions, les mesures de prévention individuelle contre les piqûres de moustique sont très importantes et doivent être prises de façon quotidienne : spray et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, vêtements longs et moustiquaires… Les femmes enceintes et les très jeunes enfants doivent faire l'objet de mesures particulièrement renforcées et adaptées. Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l'extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée.

Principales caractéristiques du virus Chikungunya

A propos de la maladie : Le virus Chikungunya (qui signifie en swahili "marcher courbé", en raison des fortes douleurs articulaires qu'il provoque) est un arbovirus transmis par un moustique du genre Aedes. Il circule surtout en Afrique de l'Est, en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent indien. Environ 4 à 7 jours après la piqûre de moustique infectante, une fièvre élevée apparaît brutalement. S'y associent alors typiquement d'importantes douleurs articulaires et musculaires touchant les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), des oedèmes, des céphalées et, parfois, une éruption cutanée. Des hémorragies bénignes à type d'épistaxis et de gingivorragies peuvent survenir, surtout chez les enfants.

L'évolution spontanée de la maladie est le plus souvent favorable. Des formes chroniques existent cependant, caractérisées par des arthralgies persistantes, récidivantes et parfois invalidantes. Aucun cas mortel d'infection à Chikungunya n'a été rapporté lors des épidémies précédentes. La prise en charge thérapeutique repose essentiellement sur la prescription d'anti-inflammatoires non stéroïdiens afin de soulager les douleurs.

Agent : le virus Chikungunya est un arbovirus (alphavirus de la famille des Togaviridae).

Vecteur : moustiques du genre Aedes, notamment ae aegypti, albopictus, africanus, furcifer-taylori.

Gîtes larvaires : eau stagnante, par exemple dans les soucoupes de pots de fleurs, vases, seaux, pneus usagés…

Période d'incubation : 4 à 7 jours [1-12jours]

Clinique : fièvre élevée, arthralgies intenses touchant principalement les extrémités des membres (poignets, chevilles, phalanges), œdèmes, céphalées et éruption maculopapulaire. Des hémorragies bénignes à type de gingivorragies sont possibles, surtout chez les enfants. Les infections asymptomatiques sont fréquentes. L'immunité serait durable.

Évolution : cliniquement, l'évolution peut être rapidement favorable, avec une bonne réponse à la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, mais peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des arthralgies persistantes et incapacitantes.

Létalité : pas de cas mortel rapporté dans la littérature.

Diagnostic : essentiellement sérologique, à partir de réactifs non commercialisés et fournis par le Centre national de référence (CNR) des arboviroses. Les IgM ne sont identifiés dans le sérum qu'à partir du 5ème jour en moyenne après l'apparition des signes cliniques. D'autre part, il existe une Polymerase Chain Reaction (PCR) permettant un diagnostic précoce par l'identification de matériel viral dans le sang.

Répartition géographique : Afrique, Asie du Sud-Est et souscontinent indien.

Réservoir : le virus a également été isolé chez d'autres mammifères vertébrés jouant le rôle, soit d'hôte naturel, soit de réservoir (rongeurs, primates…).

Mesures de contrôle : lutte antivectorielle dans les zones de transmission. Nécessité d'une forte mobilisation communautaire pour détruire les gîtes larvaires.

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