Risques sanitaires avec le chikungunya à Matignon - 28 février 2006 - 15:00

RISQUES SANITAIRES CHIKUNGUNYA - Les risques sanitaires avec le virus du chikungunya ont été abordés à Matignon. Aujourd'hui s'est tenue un réunion d'information et de concertation sur les risques sanitaires et le virus chikungunya à Matignon sous la houlette du premier ministre Dominique de Villepin. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, avec Xavier Bertrand, ministre de la Santé et des Solidarités, Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture et de la Pêche, François Baroin, ministre de l'Outre-Mer, Henri CUQ, ministre délégué aux Relations avec le Parlement, et Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, s'est entretenu aujourd'hui avec les présidents des formations politiques représentées par un groupe parlementaire ainsi que les présidents de ces groupes parlementaires au cours d'une réunion d'information et de concertation sur les risques sanitaires, en particulier ceux les risques sanitaires liés au virus du chikungunya.

Le ministère de la santé a ensuite présenté le Volet sanitaire de la lutte conte le virus du chikungunya.


Risques sanitaires avec le chikungunya

Prévention contre le chikungunya, un effort massif en faveur de la démoustication. En janvier, la préfecture de la Réunion avait mobilisé 300 hommes pour lutter contre le moustique. Les moyens en place ont été considérablement renforcés en février : aujourd'hui, 3660 hommes sont engagés sur le terrain . 300 militaires et 77 cadres de la sécurité civile sont arrivés de métropole début février 2006 en renfort des équipes locales. Ils forment des équipes associant les personnels de l'Etat, des personnels en contrats aidés des collectivités territoriales, les forces armées et la sécurité civile, sous la responsabilité du préfet. Le protocole de lutte contre les moustiques a été élaboré par un expert de la « lutte anti-vectorielle », du Conseil général de la Martinique, spécialement dépêché sur place depuis le 31 janvier. Il prévoit des actions prioritaires d'élimination des gîtes artificiels de ponte (tout réceptacle d'eau de pluie), de traitement des larves et enfin de démoustication. La campagne actuelle a pour but de traiter systématiquement les 200 000 foyers concernés de l'île. Le dispositif sera maintenu aussi longtemps qu'il le faudra. Le renforcement des effectifs et de l'encadrement de la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS) sera poursuivi : 8 personnes expérimentées supplémentaires arriveront dans les tous prochains jours. L'élimination des décharges sauvages qui contribuent à la prolifération des moustiques sera accélérée : l'Etat apportera une contribution d'1,5 M€ en appui aux responsables locaux dans cette mission. Le plan départemental de gestion et d'élimination des déchets sera mis en œuvre rapidement. Les équipements de traitement des déchets, dont la nécessité a été constatée depuis plusieurs années, et dont le financement est acquis, seront réalisés. En particulier, un des incinérateurs prévus par le plan sera construit d'urgence.

La démoustication est effectuée dans des conditions respectueuses de l'environnement et de la santé des hommes. Tous les produits utilisés depuis le début des opérations sont conformes aux normes et protocoles internationaux (OMS). Lors de la montée en puissance du dispositif, à la mi-février, le choix a été fait à la Réunion d'utiliser le BTI, produit biologique, contre les larves et la deltaméthrine contre les moustiques adultes. L es procédures de traitement sont évaluées en permanence par un comité scientifique mis en place à la mi-février. Pour renforcer les précautions, le suivi de l'environnement a été confié à des experts placés auprès du Directeur régional de l'environnement.

Afin de vérifier l'efficacité des actions et d'ajuster éventuellement les traitements, un suivi est effectué en continu par la DRASS par des relevés entomologiques. Pour assurer le suivi des conditions sanitaires pour tous ceux qui participent aux opérations de démoustication, une surveillance sanitaire de la population et environnementale est organisée par l'Etat. La médecine du travail sera, en accord avec les partenaires sociaux, chargée de ce suivi, y compris pour le secteur public : une dotation de 200 000 euros est affectée à cette mission.

Prévention contre le chikungunya, Mise à disposition gratuite de répulsifs pour les personnes les plus fragiles : Le ministère de la santé a, depuis le début de l'année, veillé à ce que les circuits habituels de production et de distribution de répulsifs anti-moustique, et en particulier de répulsifs corporels, fonctionnent au maximum de leur capacité, avec l'aide et la mobilisation active des fabricants, des grossistes et des distributeurs. Les approvisionnements ont été jusqu'à ce jour suffisants. Cependant, devant l'ampleur et la durée de l'épidémie, il été décidé de renforcer encore la sécurité d'approvisionnement, pour protéger les personnes les plus vulnérables et les plus exposées. 300 000 doses de produit répulsif seront ainsi achetées d'ici le 5 mars et distribuées par les autorités et les services sociaux. Le budget alloué à cette opération est de 4,5 M€. Dès le 26 février, un premier envoi de 8 tonnes de produits, c'est à dire 58 000 doses de répulsifs corporel, 1000 moustiquaires et 20 000 dispositifs anti-moustiques a été acheminé par avion militaire. Ces produits seront distribués aux personnes les plus fragiles: enfants, femmes enceintes, personnes âgées et handicapées par le biais des services sociaux du conseil général et des communes.

U ne cellule spécialisée dans la surveillance des approvisionnements en produits de santé  : Pour veiller à maintenir un approvisionnement suffisant, non seulement en répulsifs, mais aussi en médicaments et tout autre produit de santé qui serait nécessaire, il a été demandé à la Direction générale de la santé de mettre en place une cellule spécialisée, chargée de surveiller en permanence les approvisionnements commerciaux et, si ceux-ci apparaissent insuffisants, de faire acheminer immédiatement sur place les produits et médicaments nécessaires. Cette cellule pourra être activée quelle que soit la crise sanitaire. Elle travaillera en étroite collaboration avec les industriels et les distributeurs. Elle aura l'avantage de ne pas désorganiser les circuits commerciaux habituels en s'appuyant sur eux, et dans le même temps de pouvoir anticiper les pénuries ou les besoins de populations particulières, fragiles ou démunies, et y répondre de façon rapide et adaptée, avant de passer à nouveau le relais aux circuits normaux.

Renforcement de la prise en charge sanitaire  : Prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie des médicaments anti-douleurs . La maladie du chikungunya se révèle particulièrement pénible et souvent très invalidante ; elle provoque des douleurs articulaires pouvant durer de longs mois. Aucun vaccin ni traitement curatif spécifique n'est aujourd'hui disponible. Les seuls traitements disponibles sont, à ce stade, des traitements anti-douleurs : antalgiques ; anti-inflammatoires. Afin de garantir l'accès de tous à ces traitements anti-douleur, il a été décidé, en accord avec l'assurance maladie, de les rembourser à 100 % lorsqu'ils sont prescrits par le médecin traitant pour des personnes atteintes par le virus. Cette dépense, estimée à 6 M€, sera prise en charge par le fonds d'action sociale de l'assurance maladie.

Accroissement des moyens mis à disposition par les établissements de métropole. Dès le 29 janvier des moyens en matériel et en personnel ont été acheminés vers La Réunion et Mayotte. 8 praticiens hospitaliers (7 urgentistes et 1 infectiologue) et 9 infirmiers diplômés d'Etat (IDE) ont accompagné le ministre de la santé lors de son déplacement des 30 et 31 janvier 2006. Depuis lors, les effectifs ont été renforcés : ils atteindront 20 médecins et 30 IDE dès la fin de cette semaine. Il s'agit de personnels volontaires provenant essentiellement des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), mais aussi de Centres Hospitaliers (CH), de la Croix Rouge Française et du service de santé des armées. Ces volontaires effectuent des missions de 15 jours. Au 25 février, ont apporté leur concours aux établissements de santé de La Réunion et de Mayotte : 36 médecins (30 urgentistes ou spécialistes de médecine interne et 6 pédiatres), 72 IDE, 2 permanenciers de régulation auprès du SAMU, 2 logisticiens auprès de l'ARH pour organiser les rotations, l'acheminement et la répartition des volontaires.

Prise en compte du surcroît de travail des personnels des établissements de La Réunion et de Mayotte. Les personnels des établissements de santé publics et privés ont fait preuve d'un engagement et dévouement remarquables qui méritent notre reconnaissance. Le Premier Ministre a décidé de leur allouer une prime exceptionnel de 300 € qui leur sera attribuée avant fin mars (pour un coût estimé à 2, 5 M€). Les établissements de santé publics et privés ont été conduits à recruter localement du personnel supplémentaire et acheter du matériel et des consommables pour accueillir les victimes de l'épidémie. Les moyens nécessaires leur seront attribués dans les prochains jours sur la base du chiffrage qu'établira l'ARH. Deux programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) seront engagés et intégralement financés dans les centres hospitaliers de Saint Denis et de Saint Pierre. Ces PHRC contribueront à une meilleure connaissance de la maladie.

Développement de la recherche  : Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, et François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, ont mis en place le 20 février une Cellule nationale de coordination de la recherche sur le chikungunya . Présidée par le Professeur Antoine FLAHAULT, épidémiologiste, chef du département de santé publique à l'Hôpital Tenon, elle réunit les quatre membres de la mission scientifique qui s'est rendue sur place en février, le directeur du centre d'investigations cliniques de la Réunion ainsi que des experts reconnus dans ce domaine de recherche. Cette cellule a pour mission de coordonner les travaux menés par les équipes du CNRS, de l'INSERM, de l'institut Pasteur, de l'Inra, du Cirad, de l'IRD, des universités et des centres hospitalo-universitaires, investies dans la recherche sur le virus du chikungunya au plan local comme au plan national. Elle établira un programme de recherche coordonné prenant en compte l'ensemble des aspects de la maladie, notamment ses caractéristiques épidémiologiques, la caractérisation du virus, le contrôle des insectes vecteurs, l'impact environnemental des traitements insecticides utilisés, et l'élaboration de nouvelles approches thérapeutiques.

Un budget de 9 M€ est consacré à ce programme de recherche. Les chercheurs de l'industrie pharmaceutique ont également été sollicités. Lors d'une réunion qui s'est tenue le 23 février au ministère de la santé, Xavier Bertrand a demandé aux représentants des laboratoires de mettre à la disposition de la recherche leurs molécules, qu'elles soient en développement ou commercialisées. La priorité sera de tester l'activité d'une cinquantaine de ces molécules, identifiées par les chercheurs comme pouvant avoir un effet sur le virus. Ce sont notamment des antiviraux ou des médicaments indiqués dans d'autres maladies mais dont certaines caractéristiques laissent penser qu'ils pourraient avoir un effet sur la le virus. L'objectif est de pouvoir disposer de premières indications sur le potentiel thérapeutique de ces molécules dans le mois qui vient.

Une seconde réunion scientifique entre les experts de l'industrie et la cellule de coordination et de recherche, aura lieu dans les premiers jours de mars sous l'égide du ministère de la recherche, pour préciser la suite du programme de recherche et discuter les propositions des laboratoires. Ceux-ci sont invités à impliquer dans le projet les meilleurs chercheurs internationaux.

En ce qui concerne la vaccination, aucun vaccin n'est prêt à être utilisé dans les mois qui viennent pour lutter contre le chikungunya. Plusieurs possibilités, qui pourraient mener à la mise à disposition d'un vaccin à moyen terme, sont étudiées activement par un groupe d'experts virologues, dont celle de la reprise du développement d'un vaccin spécifique dont les essais avaient débuté il y a plusieurs années aux USA mais n'avaient pas été poursuivis, ou celle du développement complet d'un vaccin utilisant une technologie plus moderne.

Le premier ministre a annoncé la création d'un centre de recherche et de veille sanitaire à le Réunion dédié aux maladies émergentes réunissant toutes les compétences sur le sujet : celle des épidémiologistes, celle de la médecine hospitalière et celle des équipes de recherche biomédicale. Ce centre est destiné à devenir un pôle de référence régionale pour tout l'Océan Indien. Le développement de cette recherche doit, plus globalement, servir la capacité de notre pays à faire face aux nouveaux risques sanitaires, aux maladies émergents et doit être un instrument d'excellence au service de notre pays et de la région.

Moyens financiers mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre le chikungunya à Réunion et Mayotte
Mai 2005 : 12 000 € sont mis à la disposition de la DRASS pour l'achat de matériels complémentaires de démoustication.
Octobre 2005 : 70 000 € supplémentaires sont débloqués, dont 40 000 € pour l'achat de matériels supplémentaires de démoustication pour équiper les communes, et 30 000 € pour renforcer les moyens humains (20 personnes).
6 janvier 2006 : mise à disposition de 600 000 € (dont 0.40 M€ pour l'achat de matériel et de produits et 0.20 M€ pour renfort de personnes).
8 février 2006 : 15 M€ prévus pour le plan global de lutte contre le chikungunya
26 février 2006 : Volet sanitaire et prévention : 22 M€, dont : 4,5 M€ pour la mise à disposition de 300 000 doses de produits répulsifs (les 58 000 premières doses sont arrivées sur place le 27 février ; les autres commandes seront livrées d'ici le 5 mars) et 2,5 M€ au titre d'une prime exceptionnelle de 300 € aux personnels hospitaliers + 6M€ pour la prise en charge à 100% des médicaments « anti-douleurs ». Volet recherche : 9 M€ consacrés à l'effort de recherche des organismes publics sur le chikungunya.

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