Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes, ont organisé le 31 janvier 2012 une conférence au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris afin de débattre d’une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement.
A cette occasion, elle a tenu un discours lors de l’ouverture de la Conférence internationale de Paris « Vers une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement ».
« Nous sommes, vous le savez, à l’orée des vingt ans du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro. Nous nous y étions engagés solennellement à promouvoir le développement durable, sur tous les continents et dans tous les territoires. Et pourtant, partout aujourd’hui résonnent des signaux d’alarme sur les périls qui menacent l’Homme et la Nature », a déclaré la ministre.
 |
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET prononce un discours optimiste à l’ouverture de la Conférence Rio+20 |
Changement climatique, déclin de la biodiversité, érosion des sols et désertification, aggravation de la pollution…La communauté internationale doit se donner les moyens de répondre à ces défis en renforçant la gouvernance mondiale de l’environnement, aujourd’hui trop fragmentée et inefficace.
Le Sommet qui se tiendra à Rio du 20 au 22 juin, 20 ans après le Sommet de la Terre de 1992, sera une occasion unique pour y parvenir, peut on lire dans un communiqué de presse.
La Conférence « Vers une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement » a permis de réfléchir à la place accordée aux acteurs non étatiques afin d’arriver à Rio+20 avec une feuille de route partagée. Elle a réuni de nombreuses personnalités françaises et étrangères, du secteur public, de la société civile ou encore du monde de l’économie.
« A Rio, dans une centaine de jours, nous ne serons pas là pour commémorer, mais pour construire. Nous ne pouvons continuer à utiliser les recettes du passé alors que le monde change à toute allure et que les crises écologiques, économiques et sociales se conjuguent. Cet anniversaire est une occasion que nous n’avons pas le droit de manquer. Notre responsabilité devant les générations futures est engagée. Il nous revient de leur transmettre une terre vivable », déclare NKM.
Selon la ministre : « ll ne s’agit pas aujourd’hui de prétendre aborder tous les sujets qui seront à l’ordre du jour de Rio. Notre ambition est plus modeste. Mais il s’agit bien de poser une pierre pour préparer ce grand anniversaire. Il nous faut aussi donner l’élan nécessaire aux négociations. Je crois que nous sommes nombreux à considérer ici que le « draft zéro » ne propose pas encore les réponses innovantes et concrètes que le monde attend ».
Outre les deux principaux de Rio +20 (une économie verte dans le contexte du développement durable et l'éradication de la pauvreté, et le cadre institutionnel pour le développement durable), sept domaines prioritaires ont été ciblés, sur lesquels la Conférence évaluera également les progrès vers un développement durable.
« Le rendez-vous de Rio ne sera un succès que s’il propose à la fois une réforme ambitieuse de la gouvernance du développement durable et un renforcement historique de son pilier environnemental. Il s’agit d’une ambition nécessaire. Et il s’agit d’une ambition réaliste. Car le projet d’une Organisation Mondiale de l’Environnement n’est plus porté uniquement par la France, ni même l’Union européenne. Au total, c’est plus d’une centaine de pays, incluant des pays en développement, qui y sont favorables. Ils ont bien conscience qu’entre le faible et le fort, c’est la règle qui protège et l’absence de règle qui opprime (…) Il faut des règles pour éviter que les conflits sur les ressources ne se soldent par de purs rapports de force. Il faut des règles pour aider les pays en développement à mettre en œuvre les normes environnementales. Il faut des règles pour diffuser et partager les meilleures solutions technologiques. Ceux qui sont sincèrement pour l’OME ne peuvent faire dépendre son adoption de progrès dans d’autres domaines. », Continue la ministre.
L’OME aura pour vocation d’offrir une vision claire et précise des priorités à l’échelle internationale. La première exigence pour définir ces priorités avec pertinence consiste évidemment à s’appuyer sur la science. Elle doit permettre de s’attaquer aux nouveaux défis que le cloisonnement actuel des conventions et des accords ne permet pas d’aborder de front, tels que l’acidification des océans ou la géo-ingénierie, pour ne citer que deux d’entre eux.
La France souhaite qu’à « Rio+20 » la mise en place d’une organisation mondiale de l’environnement soit décidée.
« Aujourd’hui donc, nous sommes à un tournant. Pas seulement parce que nous arrivons à un anniversaire. Mais parce que nous avons besoin d’une refondation. Parce que nous avons compris que nous devons être unis si nous voulons être universels. Le temps n’est plus où seules quelques nations décidaient de l’avenir du monde. Le temps n’est plus où l’avenir du monde était dissocié de l’avenir de la planète. Le temps n’est plus où seuls les États avaient leur mot à dire sur le devenir de tous et de chacun, sans associer la société civile, les scientifiques, toutes les voix inquiètes ou informées. Je suis convaincue que nos travaux lors de cette conférence vont nous aider non seulement à prendre la mesure de l’urgence, mais à faire émerger des propositions novatrices qui viendront nourrir le Sommet de la Terre de Rio+20. Je sais que nous serons aidés, dans cette nécessaire « métamorphose » de l’universel, par le président de l’Assemblée générale des Nations unies, qui nous fait l’honneur d’être parmi nous, ainsi que par le grand philosophe et sociologue Edgar MORIN, dont l’œuvre a anticipé nombre de nos questions et de nos débats. Pour moi, en tant que ministre de l’Écologie et puissance invitante, je n’ai qu’un mot à dire : Bienvenue ! Que les débats commencent et que les idées fructifient pour le bien de la Terre, c’est-à-dire de notre avenir à tous », conclut NKM.