L’Anses vient de recommander de limiter la consommation de certaines espèces de poissons d'eau douce comme l'anguille, le barbeau ou la carpe à « une fois tous les deux mois » pour les femmes enceintes et les enfants en raison de la capacité de ces poissons à accumuler le PCB.
Pour le reste de la population, il est recommandé de limiter la consommation de ces espèces, globalement moins consommées que les poissons des océans, à "deux fois par mois" pour éviter tout risque pour la santé.
Dans un contexte de pollution de plusieurs cours d’eau par les polychlorobiphényles (PCB) et de dépassement des teneurs maximales autorisées dans certaines zones pour plusieurs espèces de poissons d’eau douce, l’Anses a été chargée, en 2008, de réaliser, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire (InVS), une étude sur l’imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons d’eau douce.
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Anses/PCB : Limitez votre consommation de poissons d'eau douce |
A l’issue de trois années de travail, les résultats de cette étude ont été publiés jeudi 19 Janvier 2012, et montrent notamment que le niveau de consommation de poissons d’eau douce, en particulier les espèces bio-accumulatrices de PCB, est faible. D’un point de vue sanitaire, il apparait que très peu de participants dépassent le seuil d’imprégnation critique en dessous duquel les risques sont écartés. Sur la base de ce travail, l’Anses a pu établir des fréquences de consommation maximale de poissons fortement bio-accumulateurs de PCB sans risque pour l’homme sur le long terme. Ces recommandations ont été adoptées dans le cadre du comité national de suivi et de pilotage des PCB qui s’est tenu ce jour, peut on lire dans un communiqué de presse.
Les PCB sont interdits en France et à l’étranger depuis 1987, ils restent présents dans l’environnement, notamment dans les rivières. Dès 2006, l’Europe a fixé des teneurs maximales à ne pas dépasser dans les denrées alors que la France promulguait des restrictions de pêche et des recommandations de non-consommation des poissons d’eau douce dans certaines régions particulièrement contaminées.
Les PCB sont des substances chimiques persistantes dans l’environnement largement répandues à la surface du globe. En France, comme dans plusieurs pays européens, des dépassements de ces teneurs dans les poissons d’eau douce ont été observés dans plusieurs cours d’eau. Depuis 2006, des restrictions de pêche et des recommandations de non consommation des espèces de poissons les plus accumulatrices de PCB (anguilles, poissons gras, espèces dites fortement bio-accumulatrices) ont ainsi été prises localement, sur la base de la réglementation en vigueur.
L’étude montre que le niveau de consommation des poissons d’eau douce est faible. Les pêcheurs amateurs se contentent d’un poisson par mois, et encore, des moins bio-accumulateurs (ceux-ci ne sont consommés que 2,5 fois par an). Seulement 13 % de cette population mangerait des espèces fortement accumulatrices plus de 2 fois par an. Les niveaux d’imprégnations aux PCB étudiés chez les pêcheurs sont du reste similaires à ceux de la population générale et inférieure à ceux observées dans les années 1980, avant leur interdiction. L’étude montre également que la consommation des espèces bio-accumulatrices (anguilles, barbeaux, brèmes, carpes, silures) provoque bien une augmentation de l’imprégnation aux PCB. Ce dernier résultat a conduit l’ANSES à s’auto-saisir afin de déterminer une fréquence de consommation maximale de ces poissons fortement bio-accumulateurs sans risque sur le long terme.
Au regard de cette nouvelle étude spécifique au risque PCB, l’Anses recommande de limiter les consommations de poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure) :
· à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes,
· à 2 fois par mois pour le reste de la population.
Au regard des caractéristiques de cette nouvelle étude, en particulier en raison de son caractère national et global, ces recommandations ne sont pas applicables aux zones de très forte contamination pour lesquelles des évaluations de risques spécifiques ont été réalisées par l’Agence depuis 2008. Elles ne remettent donc pas en cause les recommandations locales de non consommation. Sur la base des conclusions de cette étude, l’Anses pourra proposer des recommandations complémentaires en 2012 définissant les modalités d’une surveillance dans la durée de la contamination des cours d’eau. Enfin, toujours dans le cadre de cette étude, les recherches se poursuivent en 2012 sur d’autres composés persistants, en particulier les composés perfluorés et bromés.