Du 22 au 24 Février 2012, se déroulera la troisième conférence internationale sur le palmier à huile et l’environnement ICOPE (International Conference on Oil Palm and Environment), à Bali (Indonésie).
Cette édition 2012 est Co organisée par Pt. Smart Tbk, WWF-Indonesia et le Cirad, et s’intitulera : « Conserving Forest, Growing Sustainable Palm Oil Production ».
ICOPE 2012 va poursuivre et enrichir le dialogue : producteurs, acheteurs, représentants des gouvernements, scientifiques et ONG seront réunis pour débattre autour des thématiques suivantes :
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Du 22 au 24 Février 2012, se déroulera la troisième conférence internationale sur le palmier à huile et l’environnement ICOPE (International Conference on Oil Palm and Environment), à Bali (Indonésie) |
· Les forêts à fort stock de carbone: Définition, évaluation, conservation et gestion
· Améliorer la biodiversité à l’intérieur et autour des plantations et contrôler sa gestion
· La contribution des services écologiques à une intensification verte : pollinisation, gestion intégrée des parasites, cycle des nutriments, prévention des pollutions ...
· Gaz à effet de serre : partager les bonnes pratiques pour la réduction des émissions
· Intensification écologique chez les petits producteurs.
Cette troisième édition bénéficie du soutien du projet européen SEA-EU-NET (7è PCRD). Elle est labellisée Evénement de l'Année de la coopération scientifique et technologique entre l'Europe et l'Asie du Sud-Est, peut on lire dans un communiqué de presse.
L'Indonésie et la Malaisie sont les premiers producteurs mondiaux d'huile de palme. Mais avec une demande en augmentation, il devient difficile pour ces pays de concilier développement économique et protection de l'environnement.
Cette filière agricole connaît depuis quelques dizaines d’années un développement sans précédent, développement qui se concentre essentiellement sur l’Indonésie et la Malaisie. Actuellement, à eux seuls, ces deux pays produisent 85% de l’huile de palme du marché mondial, de plus sur des territoires insulaires fortement peuplés où l’on observe une déforestation extrêmement rapide. D’après plusieurs ONG, rien qu’en Indonésie, 90 % des forêts ont été rasées, la biodiversité y serait gravement menacée et l’on observerait d’importants mouvements de déplacement de population, du fait notamment de l’expansion de ces grandes exploitations agricoles.
Le palmier à huile, c’est 35% de la production mondiale, toutes huiles confondues. Avec le palmier à huile, il est possible de produire 48 millions de tonnes d’huile à partir de 12 millions d’hectares de plantations. Des chiffres à comparer avec l’huile de soja : pour produire 37 millions de tonnes d’huile de soja seulement, il faut cultiver 91 millions d’hectares. Et c’est en Indonésie et en Malaisie que les palmiers à huile sont les plus productifs car ils trouvent à cet endroit-là des conditions agronomiques optimales.
Si on y ajoute la dimension de la demande mondiale en produits alimentaires, les principales clés du problème se concentrent dans cette région du monde.
«La demande en huile des pays du Sud est en forte progression, en particulier pour l’huile de palme dont ils consomment plus de 80% de la production », comme l’explique Eric Gohet, chercheur au Cirad. Et l’équation est simple : « un hectare planté en palmier à huile a le même rendement que 10 hectares de soja ». L’huile du palmier Elaeis guineensis fournit plus de 30% du total des huiles végétales produites dans le monde. Tirée par l’accroissement du niveau de vie et l’augmentation de la population dans les pays émergents (Chine, Inde, Pakistan) cette demande exponentielle va demander a la filière un doublement de sa production d’ici 2050.
La première ICOPE s’était tenue en novembre 2007, réunissant scientifiques, acteurs de la filière, institutions et ONGs. En 2010, c’est déjà Bali qui accueillait la deuxième Icope autour des impacts environnementaux de la production d’huile de palme. Cette troisième édition confirme donc l’importance et la pérennité de l’initiative ICOPE dans la définition scientifique et la promotion des bonnes pratiques liées à la durabilité du palmier à huile.
Notons qu’en lien depuis plus de 50 ans avec ses partenaires au Sud, le Cirad axe l’essentiel de ses recherches sur les pratiques d’exploitation durables. L’enjeu est de taille: il s’agit de concilier une augmentation nécessaire de la productivité avec le respect de l’environnement et des droits des communautés locales.
La certification de la durabilité se joue aujourd’hui très majoritairement entre Industries et ONG : il s’agit pour le Cirad d’assumer pleinement son rôle dans la génération de résultats scientifiques de qualité exploitables par l’ensemble de la filière.
Dans ce sens, l’utilisation de la méthode d’évaluation Indigo® produit des indicateurs qui permettent d’établir un diagnostic des pratiques agricoles dans les plantations. Il s’agit, par exemple, de la gestion de la fertilité à partir des risques potentiels de pollution de l’air, du sol et de l’eau. Les chercheurs travaillent également sur la question de l’implantation de nouvelles palmeraies, en faisant appel à l’écologie du paysage pour traiter des enjeux liés à la biodiversité (zones tampons autour des cours d’eau, corridors verts pour la faune, etc.). L’enjeu est de faire cohabiter durablement la culture du palmier à huile avec les zones sensibles de biodiversité définies par les grandes ONG environnementalistes, peut on lire dans un communiqué de presse.