L'Effraie des clochers (Tyto alba) est un rapace nocturne protégé aussi couramment appelée chouette effraie ou "dame blanche". Sa répartition est ubiquiste, elle habite tous les continents, sauf l'Antarctique et certaines îles. C'est l'espèce de strigiformes la plus répandue au monde (Konig, 1999). L'Effraie des clochers est la seule espèce de la famille des tytonidés, vivant en Europe, notamment en France.
e nombreuses menaces pèsent sur l'Effraie des clochers. Du fait de son vol rasant lors de la chasse (faible hauteur, en général entre 1,5 et 3 m), l'Effraie est particulièrement vulnérable aux collisions avec des véhicules. Ainsi, le trafic automobile est la première cause de mortalité déterminée à partir des reprises : 40 à 70 % des Effraies sont retrouvées mortes sur les routes. En France, le nombre d'Effraies tuées annuellement est de l'ordre de 10 000 à 20 000, voire plus (pour près de 10 000 grands mammifères sauvages).
En effet, en France, chaque année, une chouette effraie meurt tous les 2 kilomètres d’autoroute, tandis que ses sites de nidification (granges, clochers) se raréfient. Malgré le déclin prononcé de la « dame blanche » et l’implication ancienne de quelques pionniers, cette espèce n’avait jamais fait l’objet d’une mobilisation nationale.
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Cette nouvelle campagne s’organise autour de deux actions phares, « Roulez moins vite la nuit » et « Posez des nichoirs », pour lutter contre les deux principales menaces qui pèsent sur la chouette effraie |
Mais c’est désormais chose faite, puisque la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) vient de lancer à l’échelle nationale un plan de sauvegarde ainsi qu’une campagne de sensibilisation, avec pour objectif de faire connaître au grand public cette espèce afin de la protéger et de la sauvegarder.
Cette nouvelle campagne s’organise autour de deux actions phares, « Roulez moins vite la nuit » et « Posez des nichoirs », pour lutter contre les deux principales menaces qui pèsent sur la chouette effraie, peut on lire dans un communiqué de presse.
Par ailleurs, la raréfaction des sites de nidification menace également la chouette effraie. « Comme elle ne construit pas de nid, elle utilise, en effet, en dehors des arbres creux, des lieux aménagés par l’homme (clochers, granges et autres habitations). Or, les vieilles granges disparaissent au profit de bâtiments plus modernes, les combles deviennent habitables et les clochers sont grillagés pour empêcher les pigeons d’y rentrer. Une solution reste alors la pose de nichoirs. Une première opération a été lancée, dans ce sens, cet automne, avec le soutien de la Fondation Nature et Découvertes : 150 nichoirs ont été diffusés au réseau national de protection de la nature », note la LPO.
D’autre menace guettent cette espèce. La disparition des prairies et des haies boisées du fait du remembrement nuit à l'Effraie car cela engendre la disparition des rongeurs qui constituent la base de son alimentation. La suppression des haies est aussi responsable des accidents avec les automobiles car les haies obligeaient l'Effraie à voler plus haut aux abords des routes. De même la pose de grillage contre les pigeons sur les clochers et la démolition des vieux bâtiments suppriment de nombreux sites de nidification pour l'Effraie.
Les populations d'Effraie ont été affectées par les pesticides employés depuis la fin de la seconde guerre mondiale (près de 100 000 tonnes par an en France). Ainsi les organochlorés comme le DDT utilisé dès 1943 et interdit dans les pays industrialisés au début des années 1970, le lindane, l'aldrine et la dieldrine ont un impact maximal au sommet de la pyramide alimentaire. Chez les Effraies outre des taux impressionnants de concentration dans le sang et les organes, l'épaisseur de la coquille des oeufs s'amincit et cela met en péril les couvées.
Le statut de conservation de l'espèce apparaît défavorable. Les spécialistes estiment que ses effectifs nationaux sont en lente régression. En l’an 2000, sa population française était comprise, selon BirdLife International entre 20 000 à 60 000 couples, tandis qu’aujourd’hui dans certaines régions, l'espèce est classée en liste rouge régionale (comme espèce à surveiller en Champagne-Ardenne et comme espèce vulnérable en Rhône-Alpes).
Un plan de sauvegarde sur cinq ans vient d’être lancé, suite de la réunion nationale des spécialistes de l’espèce à Buoux (Vaucluse). Ce plan, et le réseau qui le soutient, permettront d’obtenir des estimations plus récentes et plus complètes des populations d’effraie, peut on lire dans un communiqué de presse.
Il aura pour objectifs de faire connaître au grand public, l’espèce, les dangers qui la menacent et les actions de protection mises en œuvre par le réseau pour la sauvegarder. Ces dernières, très simples à mettre en place, peuvent être menées à l’échelle aussi bien collective qu’individuelle.
« Nous espérons que la mobilisation de tous, automobilistes, agriculteurs, associations permettra d’assurer l’avenir de l’effraie des clochers à nos cotés », note la LPO.