Selon trois nouvelles études américaines, l’exposition prénatale aux pesticides pourrait avoir un effet à long terme sur l'intelligence.
Les résultats de ces études deux menées à New York et une autre dans une communauté agricole de Californie donnent à penser que l'exposition prénatale à des pesticides peut avoir un effet durable sur l'intelligence.
Les études ont porté plus précisément sur le l’exposition au formaldéhyde. Jusqu'à l'interdiction de son utilisation à l'intérieur des habitations, décidée en 2001 par l'Agence américaine de protection de l'environnement, le chlorpyrifos était l'un des insecticides les plus largement répandus dans les maisons.
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Grossesse : l’exposition aux pesticides diminuerait le QI de l’enfant |
Classé comme cancérogène, le formaldéhyde est devenu l’un des polluants les plus sérieux de nos atmosphères intérieures. Il est principalement contenu dans les colles utilisées dans les panneaux de bois.
Le formaldéhyde, mieux connu sous le nom de formol lorsqu’il est dissout dans l’eau, est un composé organique très volatil (COV) appartenant à la famille des aldéhydes. De faible poids moléculaire, cette substance a la propriété de devenir gazeuse à température ambiante et est actuellement fréquemment retrouvé dans les environnements intérieurs.
On trouve du méthanal dans les produits d'une combustion incomplète de substances contenant du carbone. Il y en a dans la fumée des feux de forêt, dans les rejets des automobiles, et dans la fumée du tabac. Le méthanal est aussi produit dans l'atmosphère sous l'action des rayons solaires et du dioxygène sur le méthane atmosphérique ainsi que sur d'autres hydrocarbures. De petites quantités de méthanal sont produites par le métabolisme de la plupart des organismes, dont l'organisme humain.
Après avoir été d'abord considéré comme « cancérogène probable », le formaldéhyde a été classé comme « cancérogène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Il est à l'origine de cancers du nasopharynx. Son implication dans les cancers des fosses nasales et des sinus est envisagée mais des biais de confusion présents dans les études en milieu professionnel ne permettent pas de pouvoir conclure.
En effet, les travailleurs exposés étaient en général exposés à un grand nombre de polluants potentiellement cancérogènes (poussières de bois dans l'industrie du bois – responsable de cancer des fosses nasales –, benzène – responsable de leucémies –, et d'autres aldéhydes comme l'acétaldéhyde) ; le rôle propre du formaldéhyde dans ces cancers est donc difficilement mis en évidence.
Son implication dans la survenue de leucémies est fortement suspectée. Le formaldéhyde est employé dans nombre de matériaux synthétiques ; or ceux-ci relâchent au cours du temps des quantités non négligeables de formaldéhyde. Il s'agit d'un des polluants les plus répandus de l'air intérieur des habitations.
Au-dessus d'une concentration de 0,1 mg/kg dans l'air, il peut irriter les yeux et les muqueuses, causant des conjonctivites, des maux de tête et des difficultés à respirer accompagnées de douleurs dans la gorge.
Les animaux de laboratoire soumis à d'importantes doses de méthanal durant leur vie voient le risque de cancer du nez et de la gorge augmenter.
Toutefois, certaines études suggèrent que les concentrations de méthanal dans les bâtiments n'ont pas d'effet cancérogène : en effet, le potentiel cancérogène du formaldéhyde, à seuil, ne s'exprime que pour de très importantes concentrations (supérieures à 5 mg/m3), concentrations qui ne sont retrouvées qu'en milieu professionnel et rarement dans l'habitat, où les taux moyens sont nettement plus bas (Exemple : moyennes françaises proches des 20 µg/m3, soit 250 fois moins que les taux déclenchant des cancers chez l'animal de laboratoire.
En dentisterie, les quantités faibles incorporées aux pâtes canalaires causent parfois des réponses allergiques graves (des cas d'urticaire et de réactions allergiques fortes allant jusqu'à l'œdème de Quincke, survenant dans les heures suivant l'introduction de la pâte dans les canaux dentaires, sont rapportées dans la littérature).
Selon l'une des études, réalisée par une équipe californienne, une exposition prénatale aux pesticides organophosphorés dix fois supérieure à la normale entraîne une baisse de 5,5 points dans les tests de QI chez des enfants de sept ans.
Une étude à New York a analysé des résidus de pesticides trouvés dans l'urine maternelle, une autre a testé dans les cordons ombilicaux le niveau de chlorpyrifos, un pesticide anciennement utilisé dans les maisons et interdit depuis 2001, dont la toxicité sur les cellules du cerveau a été démontrée.