Un premier bilan chiffré de la pollution par l’ozone pendant la canicule de l’été 2003, vient d’être établi par le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable afin de décrire la situation rencontrée au cours de la première quinzaine d'août, de rappeler les mesures d'urgence qui ont été prises, et de détailler les mesures prévues ou déjà engagées pour lutter contre la pollution photochimique à moyen terme.
Pour rappel, la France, comme une large partie de l'Europe, a connu au cours de l'été 2003 un épisode de pollution par l'ozone d'une importance exceptionnelle, tant par les niveaux de pollution atteints que par sa durée, peut on lire dans un communiqué de presse.
C’est l'Institut de veille sanitaire (INVS) qui est chargé du travail d'évaluation des conséquences de la canicule de cet été sur la santé des populations, et qui examinera notamment l'impact de la pollution atmosphérique.
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Canicule de 2003 : présentation du premier bilan de la pollution par l’ozone |
Ainsi, la politique de lutte contre la pollution atmosphérique intégrera le retour d'expérience de la situation rencontrée cet été, peut on lire dans un communiqué de presse.
Au-delà de certains seuils, l'ozone est l'un des polluants de l'air les plus dangereux pour la santé.
Il est produit directement en faibles quantités par certains matériels électriques, mais surtout par l'action du rayonnement solaire (UV)solaires sur des produits chimiques dits précurseurs de l'ozone. Ces derniers sont des polluants automobiles, industriels et issus des chaudières et centrales électriques thermiques ou incinérateurs. Il fait depuis les années 1990 l'objet de modélisations et de prévisions accessibles. L'ozone touche tout particulièrement les zones industrialisées ayant un fort ensoleillement (en été comme en hiver). Ainsi, chaque été, en France, c'est la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (et plus particulièrement les Bouches-du-Rhône), qui est la plus touchée par les pics de pollution à l’ozone.
Cette pollution a des impacts très important en agriculture (attaque des cuticules foliaires) avec perte de productivité, et sur la santé humaine. En effet, l'ozone irrite et attaque les muqueuses oculaires et des bronches et bronchioles, tout particulièrement chez les populations les plus sensibles. En 2010, une étude américaine a confirmé que l’ozone, même à faible dose, était directement associé à la survenue des crises d’asthme chez l'enfant. Les pics de pollutions induisent une augmentation du nombre et de la gravité des crises d'asthme, et par suite des hospitalisations. Ces pics sont aussi associés à une surmortalité des personnes ayant des problèmes respiratoires (lors de canicules notamment, mais également en hiver par temps ensoleillé).
La prévalence de l'asthme ainsi que la mortalité due à l'asthme a augmenté des années 1980 à 2000, en même temps qu'augmentaient les taux d'Ozone près des axes routiers, dans les grandes zones industrialisées et urbanisées et loin sous leur vent, dans les campagnes et jusqu'au dessus de l'océan (L'ozone et les précurseurs troposphériques de l'ozone produit au Canada sont exporté par le vent jusqu'au centre de l'atlantique Nord. Ces quantités dépassent largement celles qui proviennent de la stratosphère (principale source naturelle d'ozone). Les taux d'ozone peuvent aussi fortement augmenter dans le panache d’émissions riches en NOx des centrales thermiques. Dans l'hémisphère nord au moins, la pollution anthropique par l'ozone agit donc à un effet qui dépasse l'échelle des continents.
Les enfants des populations urbaines pauvres y sont souvent plus vulnérables (En 1994, à Atlanta, une étude épidémiologique a montré que les jours où les taux d'ozone atteignaient ou dépassaient 0,11 ppm dans l'air, et jusqu'au lendemain du pic de pollution, le nombre moyen d'hospitalisation pour asthme ou difficultés respiratoires réactive était de 37% plus élevé que les autres jours, et les enfants noirs de familles pauvres étaient plus touchés.
C'est pour toutes ces raisons que l'Association Santé Environnement France, qui réunit près de 2500 médecins en France, a réclamé une prise en charge politique du problème.
Le bilan décrit la situation vécue au cours de la première quinzaine d'août concernant la pollution par l'ozone et les mesures prises ou prévues pour lutter contre ce phénomène.
Cette étude est basée sur les contributions de l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS), de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphétique (CITEPA ) ; il convient de souligner que les données relatives à l'été 2003 sont des premiers résultats qui n'ont pas tous été validés.
La canicule européenne de 2003 est un événement climatique d'ampleur exceptionnelle survenu de juin à août 2003 et qui fut marqué par de nombreux records de température au cours de la première quinzaine du mois d'août. Cette canicule a suivi un printemps et un début d'été marqués par une sècheresse importante qui rappelle la sécheresse de 1976.
Dans certains pays, comme la France ou le Portugal, les conséquences sur les écosystèmes, la population, et les infrastructures sont importantes et provoquent une crise politique.
Les canicules en Europe, notamment celle de 2003, sont provoquées par l'installation d'un anticyclone sur l'Europe associé à un blocage de la situation.