Un projet du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a permis de restaurer au Belarus des zones particulièrement riches pour la faune : les tourbières, et ce, alors que des délégués du monde entier sont réunis depuis lundi à Nagoya, au Japon, pour la dixième Conférence des parties à la Convention internationale sur la biodiversité.
Une tourbière est une zone humide caractérisée par l'accumulation progressive de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique, peu ou pas décomposée, d'origine végétale. C'est un écosystème particulier et fragile dont les caractéristiques en font, malgré des émissions de méthane, un puits de carbone, car il y a plus de synthèse de matière organique que de dégradation.
15 à 30 % du carbone stocké dans les sols le seraient dans les tourbières (250 à 460 pg dans les tourbières contre 2300 pg dans les autres sols) et si les tourbières émettent aussi du méthane (20 à 40 % des émissions totales, et 70 à 90 % du total des émissions naturelles), elles constituent néanmoins un des puits naturels de carbone les plus importants pour les milieux émergés de la planète (sur une petite surface, elles absorbent environ 1 % de toutes les émissions de carbone fossile, 0.07 por 8.2 Pg émis et absorbé par la biomasse).
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Nouveau projet du PNUD pour restaurer les tourbières, au Belarus |
Une perte supplémentaire de 1 % du stock de carbone tourbeux équivaudrait à 30 à 60 % des émissions annuelles de carbone fossile. Les émissions ou échanges d'oxyde nitreux y sont limités.
Les tourbières seraient le type de zone humide le plus répandu au monde, et si l'on additionne la forme vivante et la forme tourbe du genre Sphagnum, il constitue sur terre la plus importante masse d’origine végétale, jouant un rôle majeur en termes de puits de carbone.
Les masses de tourbe sont cependant très inégalement réparties ; En France, les tourbières couvrent moins de 100.000 ha et sont en régression en raison de leur exploitation, du drainage qui provoque leur minéralisation, parfois irréversible, et peut-être en raison des modifications climatiques et localement des teneurs de la pluie en nitrates d'origine agricole. Au début du XXe siècle, les tourbières couvraient encore trois à quatre millions de kilomètres carrés (selon la définition qu'on en retient) à l'échelle du globe.
Dans le monde ; elles sont essentiellement situées en zone boréale, des latitudes 50 ° à 70 ° (au Canada, en Russie, en Fennoscandie et dans le Nord-Ouest européen ; En Amérique du nord ; au Canada, où des tourbières sont en voie de restauration, comme puits de carbone notamment, elles couvrent environ 170 millions d'hectares (Gorham 1990), soit 17% du territoire mais leur diversité écologique s'est souvent fortement dégradées, et comme en Europe elles sont aussi victime de fragmentation écologique.
Au Québec, elles couvrent de 7 à 9 % de la superficie de la province (Buteau 1988; Keys 1992). En Europe, il reste 48 % des tourbières naturelles (essentiellement en Europe du Nord), mais 52 % ont été converties, surtout au XXe siècle (pour moitié en zone agricole, boisées pour 30 % alors que 10 % disparaissaient avec l'extraction de tourbe ou sous l'urbanisation, les routes, etc.
En France métropolitaine, bien que n'occupant qu'un millième du territoire elles abritent 6% (27) des espèces de plantes vasculaires de la liste rouge des espèces menacées du pays et 9 % (39 espèces) des espèces protégées en France. 6% des espèces de la flore vasculaires du pays sont inféodées aux à cet habitat. Des plans de restauration et des méthodes de gestion restauratrice se développent.
En effet, les quatre millions de kilomètres carrés de tourbières qui se trouvent dans 180 pays de la planète sont parmi les sites les plus fragiles du monde. Grâce à ce projet PNUD-FEM qui a duré quatre ans, 28.200 hectares de tourbières ont été sauvés en Belarus, où ces zones marécageuses représentent 6,4% du territoire, peut on lire dans un communiqué de presse.
Aussi, le projet de restauration 2006-2010 visait 17 zones marécageuses asséchées entre 1950 et 1990, après des opérations d'extraction à grande échelle de la tourbe, exploitée pour sa valeur comme combustible ou isolant thermique.
De plus, la restauration, qui a coûté en moyenne 50 à 100 dollars par hectare, a également permis de mettre fin aux émissions de CO2, de créer un milieu plus propice à la pêche, la chasse et le tourisme, plus fertile aussi pour la faune et pour la flore, notamment pour des espèces d'oiseaux menacées comme le courlis et l'aigle criard.
Nik Sekhran, le conseiller technique principal du PNUD pour la biodiversité, a indiqué dans un communiqué de presse : « Nous espérons que les participants à la Conférence de Nagoya inscriront dans leurs priorités la protection, la restauration et l'exploitation des tourbières de la planète, car il s'agit là de mesures essentielles et efficaces pour la préservation de la biodiversité, ainsi que pour atténuer la pression humaines sur les écosystèmes ».
D’autre part, le projet du PNUD au Belarus a poussé le gouvernement à adopter une politique de réhabilitation des tourbières ayant fait autrefois l'objet d'une exploitation. Elle prévoit notamment que les zones perturbées devront être restaurées, au lieu de finir en réservoirs ou en terres forestières, comme c'était le cas jusqu'à présent, peut on lire dans un communiqué de presse.