Dans un entretien au PIB à paraître aujourd’hui, la Secrétaire Générale d'EUROPIA, Isabelle Muller a déclaré que la stratégie énergétique européenne 2020, en cours d'élaboration, doit reconnaître le rôle stratégique du pétrole et du raffinage européen dans l'approvisionnement énergétique de l'UE.
En effet, l'association EUROPIA, l'organisation européenne du raffinage marketing des compagnies pétrolières, va prochainement publier un Livre blanc qui doit constituer « une contribution de notre industrie » à la stratégie énergétique européenne à l'horizon 2020 qui sera publiée par la Commission de Bruxelles début 2011.
Une telle mesure survient dans un contexte de demande pétrolière européenne en baisse, d'excédents de production d'essence que l'industrie ne parvient plus à écouler, et de forte demande de gazole, et alors que des adaptations structurelles sont à craindre dans ce secteur européen du raffinage, peut on lire dans un communiqué de presse.
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Stratégie énergétique européenne 2020 |
Etant l’un des points essentiels de la stratégie Europe 2020, les points essentiels de cette stratégie sont la sécurité énergétique, la compétitivité, et le recours à des énergies pauvres en carbone.
Seulement, les membres d'EUROPIA, constatent que le pétrole et ses produits raffinés ne sont pas cités dans les projets de stratégie énergétique européenne alors qu'ils constituent environ le tiers de la demande en énergie primaire, et près de 90% de l'approvisionnement en énergie du secteur du transport.
Certains analystes s’accordent sur le fait que, pour réduire le déséquilibre entre l'offre et la demande de gazole dans l'Union européenne, les raffineurs des 27 Etats membres devraient construire une vingtaine de grands hydrocraqueurs pour un coût de plus de 11 milliards de dollars.
« Pour prendre ces décisions structurantes majeures, il faut pouvoir compter sur une politique stable et prévisible, et que l'environnement réglementaire européen ne pénalise pas la compétitivité du raffinage européen (…) Il paraît essentiel pour préserver la sécurité énergétique que l'Union européenne puisse continuer à traiter sur son sol le pétrole brut importé, fournissant ainsi à son marché les produits aux spécifications requises et à l'industrie pétrochimique européenne les matières premières qui garantissent sa compétitivité. Industrie qui investit sur 30 ans, le raffinage européen veut pouvoir agir sur un pied d'égalité avec ses compétiteurs internationaux », explique Isabelle Muller, la Secrétaire Générale d'EUROPIA, dans un entretien au Bulletin de l'Industrie Pétrolière à paraître aujourd’hui.
Cependant, la législation environnementale en cours ou à venir font peser une pression permanente sur la compétitivité de l'outil européen par rapport au reste du monde et, compte tenu du rôle stratégique de cette industrie dans l'approvisionnement énergétique en Europe, un risque majeur pour la compétitivité de l'économie européenne.
La stratégie « Europe 2020 » ou UE 2020 est une stratégie de coordination de politiques économiques de l'Union Européenne sur une période de dix ans. Elle succède à la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi qui avait été adoptée dans les conclusions du Conseil Européen des 23 et 24 mars 2000 et qui avait été révisée à mi-parcours en 2005.
L'objectif principal de la stratégie Europe 2020 est de concilier l'amélioration des indicateurs en matière de croissance, d'emploi et de protection de l'environnement tout en restaurant la compétitivité de l'Europe au niveau mondial.
Axée sur les investissements dans la recherche et l’innovation, la croissance verte ou encore l’éducation et l’emploi, la stratégie Europe 2020 identifie des objectifs quantifiés à l'échelle de l'Union Européenne et entend créer une nouvelle forme de « gouvernance économique » pour mieux piloter la réalisation de ceux-ci. Ces objectifs sont ensuite divisés en initiatives phares détaillant leurs modalités d'opérationnalisation. Ils sont ensuite articulés avec des objectifs nationaux découlant des ambitions fixées au niveau européen.
La première ébauche de cette stratégie a été esquissée lors du Conseil Européen informel du 11 février 2010 et a été formalisé dans une communication de la Commission européenne du 3 mars 2010 intitulée pour une croissance "intelligente, durable et inclusive. Préalablement, la Commission avait procédé à une consultation de la société civile en donnant la possibilité à quiconque de soumettre des propositions sur sa vision de l'Europe en 2020.
La stratégie « Europe 2020 » comporte cinq grands objectifs :
· taux d’emploi : doit passer de 69 % pour la population âgée de 20 à 64 ans à au moins 75 %, notamment par une plus grande participation des femmes, des travailleurs âgés et une meilleure intégration des migrants dans la main-d’œuvre ;
· recherche et développement (R&D) : l’objectif actuel de l’Union est d’investir 3 % du PIB dans la R&D. La Commission concevra un indicateur qui reflétera l’intensité de la R&D et de l’innovation;
· environnement : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20 % par rapport aux niveaux de 1990 ou de 30 % si les conditions sont favorables ; faire passer la part des sources d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie à 20 %; et accroître de 20 % l'efficacité énergétique ;
· niveau d'éducation : s'attacher à réduire le taux de décrochage scolaire à moins de 10 % et en porter à 40 % au moins la proportion de personnes âgées de 30 à 34 ans ayant obtenu un diplôme de l'enseignement supérieur ou atteint un niveau d'études équivalent ;
· inclusion sociale : réduire la pauvreté en s'attachant à ce que 20 millions de personnes au moins cessent d'être confrontées au risque de pauvreté et d'exclusion.