Selon un tout nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), publié vendredi, des espèces exotiques d'algues, de moules et de méduses se multiplient de manière inquiétante dans la mer des Wadden menaçant l'écosystème de cette zone dont une partie est classée patrimoine mondiale.
La mer des Wadden est une mer côtière qui s'étend sur 450 kilomètres le long du littoral de la mer du Nord du Helder aux Pays-Bas jusqu'à Esbjerg au Danemark en passant les zones d'estuaires de la côte allemande, couvrant une zone d'environ 10 000 km². Elle est limitée au nord et à l'ouest par les îles de la Frise. Depuis 26 juin 2009, la mer des Wadden est sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Parmi les espèces patrimoniales ou remarquables liées à ces habitats et écosystèmes particulier, ont trouve de nombreux oiseaux, poissons, crustacés et organismes marins, dont en particulier des mammifères (phoque commun, phoque gris et marsouin commun. (Plus de 12 millions d'oiseaux hivernent et se nourrissent ou se reproduisent sur la zone ; Pour 29 espèces d'oiseaux, ce site accueille plus de 10 % de la population migratrice mondiale). Il s'agit d'un des derniers écosystèmes intertidaux où les processus naturels se déroulent encore à grande échelle de manière peu perturbée.abritant de nombreux habitats rares, dont de transition (chenaux à marée ; bancs de sable ; prairies d'herbe marines ; moulières ; barres de sable ; vasières ; marais salés ; estuaires ; plages ; dunes).
« L'invasion de ces espèces dans de telles proportions est inquiétante », a déclaré la Secrétaire exécutive de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, Elizabeth Maruma Mrema.
« Nombre de ces espèces sont considérées comme envahissantes et représentent un danger pour l'écosystème. Elles constituent une véritable menace pour la biodiversité et pourraient devenir un problème sérieux pour la santé humaine », a souligné, pour sa part, le PNUE dans un communiqué.
Selon le rapport, les algues, les moules et les méduses sont les espèces les plus dangereuses pour l'environnement. En effet, l’algue Spartina s'est développée très rapidement dans la mer des Wadden. Introduite délibérément pour développer les marais salants, cette algue constitue aujourd'hui une menace pour tout l'écosystème. Pour leur part, les huîtres du Pacifique ont également été introduites dans la mer des Wadden au début des années 1990. Cette nouvelle espèce provenant d'Asie a empêché la moule bleue de se développer correctement causant une pénurie d'alimentation pour les oiseaux qui se nourrissent uniquement du mollusque local.
Enfin, la méduse mnemioposis leidyi originaire de l'Océan Atlantique a été identifiée en mer des Wadden en 2006. Selon les experts du PNUE, cette espèce aurait été amenée par l'eau contenue dans les ballastes des bateaux de marchandises vidée à l'arrivée des navires. Cette méduse se nourri de plancton, d'œufs de poissons et de crustacés, menaçant l'écosystème local.
Le Comité du patrimoine mondial a le 26 juin 2009 inscrit la mer des Wadden sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, en tant que site naturel transfrontalier de l'Allemagne et des Pays-Bas, en grande partie protégées et gérées comme une réserve naturelle internationale, de manière coordonnée et transfrontalière entre les trois pays. C'est le premier site naturel inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en Allemagne. 66% de toute la mer des Wadden est classée. Le site classé comprend :
· l'Aire de conservation de la mer des Wadden néerlandaise
· les Parcs nationaux allemands de la mer des Wadden de Basse-Saxe et Schleswig-Holstein.
En tant qu'écosystème tempéré remarquable de zones humides côtières, résultant d'interactions écologiques complexes (facteurs physiques, météorologiques, biologiques...).
Ce classement devrait à la fois attirer l'attention des touristes, tout en les encourageant à mieux protéger cet environnement, déjà perturbé par des forages de gaz et de pétrole proches, et les panaches pollués des estuaires de l'Ems, de la Weser et de l'Elbe ainsi que par un trafic maritime important. La commission Ospar a aussi attiré l'attention sur le fait que des munitions ont été immergées en grandes quantité à proximité de certaines îles après les guerres mondiales, contenant peut-être des munitions chimiques, ces dernières, comme les premières étant susceptible de commencer à fuir et poser des problèmes d'environnement.