Le 28 juillet 2010, l’assemblée générale des Nations Unies a reconnu le Droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit de l’homme.
A cet effet, les Opérateurs privés se réjouissent de cette reconnaissance, et espèrent que cela permettra de rendre ce droit effectif pour les milliards de personnes qui ne bénéficient pas de services satisfaisants.
Depuis la conférence internationale de l’eau à Dublin en 1992, la communauté internationale continue à refuser (institutionnellement) de reconnaître l’accès à l’eau comme un droit, c’est à dire comme un droit universel, impartageable et inviolable.
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Droit à l’eau potable : les Opérateurs privés ravie des résolutions de l’ONU |
Mais l’eau est la base irremplaçable de toute vie sur terre, et c’est pourquoi l’accès à l’eau doit être formellement reconnu comme un droit humain. Fin 2002 dans l’ONU, un conseil d’experts le formulait ainsi :
«L’eau est une ressource naturelle limitée et un bien public; elle est essentielle à la vie et à la santé. Le droit à l’eau est indispensable pour mener une vie digne. Il est une condition préalable à la réalisation des autres droits de l’Homme.
Le droit à l’eau consiste en un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d’une eau saine et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun. Une quantité adéquate d’eau saine est nécessaire pour prévenir la mortalité due à la déshydratation et pour réduire le risque de transmission de maladies d’origine hydrique ainsi que pour la consommation, la cuisine et l’hygiène personnelle et domestique.
La notion d’approvisionnement en eau adéquat doit être interprétée d’une manière compatible avec la dignité humaine, et pas au sens étroit, en faisant simplement référence à des critères de volume et à des aspects techniques. L’eau devrait être considérée comme un bien social et culturel et non essentiellement comme un bien économique. Le droit à l’eau doit aussi être exercé dans des conditions de durabilité, afin que les générations actuelles et futures puissent en bénéficier.»
A travers AquaFed, leur fédération internationale, les opérateurs privés de services d’eau ont constamment soutenu le Droit à l’eau potable et à l’assainissement en insistant sur la nécessité que ce droit humain soit applicable concrètement et qu’il soit mis en œuvre sur le terrain.
Aussi, au Forum Mondial de l’Eau au Mexique en mars 2006, "Le droit à l’eau pour chacun" n’était pas incorporé dans le communiqué final des ministres. Ceci est dû d’une part à l’attitude négative et convaincue des Etats-Unis, et d’autre part à quelques pays en voie de développement qui ne désirent pas que les services d’approvisionnement en eau soient une obligation légale dans leur pays, parce qu’ils ne peuvent de toute façon pas les réaliser en pratique à cause du manque de moyens (par exemple l’Afrique du Sud).
Mais l’esprit général du Forum Mondial de l’Eau soutenait malgré tout que "l’eau est un droit pour chacun". Cette fois-ci, même les acteurs de l’eau du secteur privé l’ont déclaré.
En effet, la Fédération a indiqué que la communauté internationale devait reconnaitre que 3 étapes sont nécessaires pour mettre en œuvre ce Droit localement et en faire un droit réel et utile pour chacun :
1. Reconnaitre le Droit Humain à l’Eau et à l’Assainissement ainsi que son contenu et les obligations correspondantes (Reconnaissance).
2. Identifier l’autorité publique chargée d’organiser sa mise en œuvre au niveau local, préciser ses obligations et lui donner les moyens d’agir (Organisation).
3. Faire en sorte que cette autorité missionne un opérateur sur le terrain afin d’assurer la mise en œuvre effective du Droit au niveau individuel (Mise en œuvre)
« Pour les opérateurs privés, cette reconnaissance au niveau mondial est une étape importante. Depuis une dizaine d’années, nos membres et notre Fédération ont travaillé activement avec le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies et d’autres acteurs dans le but que le Droit à l’eau et à l’assainissement soit reconnu, défini de façon utilisable pratiquement et mis en œuvre sur le terrain. La résolution des Nations Unies est bienvenue. C’est une étape importante qui devrait accroître la mobilisation des Etats à assurer les bénéfices multiples d’un accès satisfaisant à l’eau et à l’assainissement à toute leur population (…) Cet accès est vital. Il est en outre nécessaire pour la santé, l’éducation, l’égalité hommes-femmes, l’emploi, le développement économique et social et la qualité de la vie. Les pays membres des Nations Unies ont maintenant à travailler à la mise en œuvre de ce Droit de l’Homme. Ils doivent donner des moyens appropriés aux autorités publiques, clarifier leurs obligations et s’assurer de ce qu’elles missionnent bien des opérateurs sur le terrain pour rendre ce Droit effectif pour chacun », a déclaré Gérard Payen, le président de la Fédération, dans un communiqué de presse.
Pour l’instant, la nouvelle résolution de l’assemblée générale des Nations Unies mentionne le nombre de 884 millions de personnes sans accès à l’eau potable. C’est une sous-estimation de la réalité des besoins. Les 884 millions sont les personnes qui n’ont même pas un accès minimal à l’eau dénommé accès à des « sources améliorées » dans les documents des Nations Unies.
Cependant, le nombre de personnes qui n’ont pas d’accès permanent à une eau saine à un coût abordable à proximité immédiate de leur domicile est bien plus élevé. Selon les statistiques des Nations Unies 2,9 milliards de personnes n’ont pas de robinet d’eau chez elles ou à proximité immédiate. Selon AquaFed cela signifie qu’environ 4 milliards de personnes, la moitié de l’humanité, n’ont pas d’accès régulier quotidien à une eau courante véritablement potable
Au vu de ces enjeux, les opérateurs professionnels espèrent que cette reconnaissance du Droit humain à l’eau et à l’assainissement encouragera les Etats à adopter des objectifs plus ambitieux pour l’accès à l’eau et à l’assainissement.
Aujourd’hui, plus de 25 % de la population de la planète n’a pas accès à l’eau potable. Chaque année, quelque 8 millions de personnes, dont 50 % d’enfants, meurent dans le monde à cause d’une eau impropre à la consommation, victimes de la typhoïde, du paludisme, du choléra ou de diarrhées. L’accès de tous à l’eau potable et aux services d’assainissement est indispensable à la vie.
Face à cette situation, 189 pays membres de l’ONU ont adopté, en septembre 2000, la « Déclaration des Objectifs du Millénaire pour le Développement ». L’un de ces objectifs : réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas durablement accès à l’eau potable et à un système d’assainissement.