Mardi dernier, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette Sheeran, a estimé, lors du Sommet de l'Union africaine à Kampala, en Ouganda, que la sécurité alimentaire est une véritable protection sociale.
Elle a déclaré à cet effet : « Le PAM promet d'être présent aux côtés des Africains piégés dans les conflits et dans les catastrophes climatiques et qui souffrent de la faim. Les programmes de protection sociale comme les cantines scolaires, ou les programmes tels que Nourriture contre éducation ou Alimentation contre travail sont des outils de bases qui permettent non seulement de mettre un terme à la faim et la malnutrition, mais également de conduire plus rapidement au développement économique et agricole ».
Le concept de sécurité alimentaire fait référence à la disponibilité ainsi qu'à l'accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes.
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La sécurité alimentaire, une protection sociale |
La sécurité alimentaire comporte quatre dimensions :
· disponibilité (production intérieure, capacité d'importation, de stockage et aide alimentaire) ;
· accès (dépend du pouvoir d'achat et de l'infrastructure disponible) ;
· stabilité (des infrastructures mais aussi stabilité climatique et politique) ;
· salubrité, qualité (hygiène, principalement accès à l'eau).
La sécurité alimentaire dépasse la notion d'autosuffisance alimentaire. Elle est toutefois à distinguer de la seule sécurité sanitaire des aliments, qui a trait à l'hygiène et à l'innocuité des aliments, ainsi qu'au maintien de leur salubrité.
Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, la production alimentaire mondiale par habitant a augmenté de 25 %, alors que les prix diminuaient d'environ 40 %. Par exemple, entre 1960 et 1990, la production totale de céréales est passée de 420 à 1 176 millions de tonnes par an.
Cependant, la sécurité alimentaire demeure d'actualité au début du XXIe siècle. En dépit de la baisse de fertilité observée dans la majorité des pays, certains estiment qu'il devrait y avoir environ 8,9 milliards d'habitants en 2050. En 2000, 790 millions de personnes dans le monde souffraient de la faim. Les habitants de 33 pays consomment moins de 2 200 kcal par jour.
Il est généralement admis que les besoins alimentaires augmenteront dans les décennies à venir pour les raisons suivantes :
· augmentation de la population, ce qui implique une augmentation de la demande ;
· augmentation du pouvoir d'achat de nombreux humains ;
· augmentation de l'urbanisation, impliquant fréquemment un changement de la pratique alimentaire, en particulier une augmentation de la consommation de viande (on estime que 7 kg de nourriture pour animaux est nécessaire pour produire 1 kg de bœuf, 4 kg pour produire un porc et 2 kg pour une volaille).
Une offre suffisante et bien gérée est une condition indispensable pour faire disparaître la famine et la malnutrition.
Cependant, la sécurité alimentaire n'est pas nécessairement acquise lorsque l'offre alimentaire est suffisante, et pose des questions telles que « qui produit la nourriture », « qui a accès aux informations nécessaires à la production agricole » et « qui a un pouvoir d'achat suffisant pour acquérir la nourriture » et enfin, « qui a un pouvoir d'achat suffisant pour acquérir les informations nécessaires à une bonne production ».
Ainsi, les pauvres et les affamés ont besoin de technologies et de pratiques peu coûteuses et disponibles immédiatement pour augmenter la production alimentaire locale. D'une façon générale, les femmes et les enfants sont ceux qui souffrent le plus de déficit alimentaire. En effet, un faible poids de naissance est une cause de décès prématuré et de malnutrition infantile. Le faible poids à la naissance est souvent dû à une sous-alimentation de la mère elle-même.
En 2000, 27 % des enfants en âge préscolaire dans les pays en voie de développement étaient ainsi atteints de rachitisme (lié à une alimentation insuffisante et/ou peu variée et de faible qualité). Les femmes sont aussi souvent désavantagées, car elles possèdent peu de terres et bénéficient moins de conseils et de crédits pour l'amélioration des techniques.
Différentes options sont possibles pour augmenter la production agricole, par le biais d'adoption de systèmes de production agricole spécifiques :
· augmentation des surfaces agricoles (avec comme effet négatif la perte de surfaces forestières, des prairies, et d'une façon générale, de lieux riches en biodiversité);
· augmentation de la productivité (quantité à l'hectare) dans les pays exportateurs (et exportation des surplus vers les pays déficitaires) ;
· augmentation de la productivité globale dans les pays déficitaires, lesquels pourront devenir auto-suffisants.
L'agriculture péri-urbaine ou l'agriculture urbaine peuvent également aider à résoudre le problème de la sécurité alimentaire, en permettant aux citadins à revenus limités de cultiver des légumes ou des fruits par exemple, en pleine ville. Elle permet également d'assurer une meilleure conservation des aliments et de leurs qualités nutritionnelles.
En offrant de l'argent en échange d'alimentation, ces programmes participent directement à la reconstruction ou au développement. Ils permettent d'injecter de l'argent dans l'économie locale, d'offrir une occupation et un salaire à ceux qui en bénéficient, tout en construisant des routes, des infrastructures d'irrigation ou des installations industrielles qui rapprochent les agriculteurs des marchés, peut on lire dans un communiqué de presse.
Pour cela, le PAM fournit environ 1 milliard de dollars d'aide alimentaire chaque année, et multiplie également les initiatives visant à soutenir les petits agriculteurs dans leur communauté, afin de permettre aux villages de devenir auto-suffisants.