Coup dur pour les les Bushmen. la Haute Cour botswanaise, a rendu un verdict refusant l'accès à l’eau aux Bushmen du Kalahari. Cette annonce a suscité une vive indignation.
Lors de l'audience, qui avait eu lieu le 9 juin dernier, mais dont le verdict n'a été rendu que la semaine dernière, le juge a statué que les Bushmen n’avaient pas le droit d’accéder au puits d’eau situé sur leur territoire dans la Réserve du Kalahari central – une des régions les plus arides de la planète –, ni d’en forer un nouveau.
Un verdict assommant pour les Bushmen qui tentent de survivre dans le désert sans aucun accès à l’eau depuis que le gouvernement botswanais a scellé leur puits en 2002 dans le but de les chasser de la réserve.
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Les Bushmen du Botswana n'ont pas le droit à l'eau |
En 2006, la Haute Cour avait jugé que les évictions forcées des Bushmen étaient illégales et anticonstitutionnelles et des centaines de Bushmen avaient ainsi pu retourner sur leurs terres, peut on lire dans un communiqué de presse.
Les Bocihimans sont les plus anciens habitants de l’Afrique australe où ils vivent depuis au moins 20 000 ans. Leur habitat est le vaste désert du Kalahari. Ils se définissent comme « ceux qui suivent l'éclair » en se déplaçant en fonction des pluies pour se nourrir de fruits, de racines et de gibier. La dénomination Bochiman fut introduite par les Boers. San est une dénomination plus politiquement correcte et fut introduite par les Namaquas.
Ce peuple nomade de chasseurs-cueilleurs occupait jadis toute l'Afrique australe. L'arrivée successive des Bantous, agriculteurs sédentaires, et des Hottentos vivant d'élevage et parlant une langue de la même famille, a décimé cette population et l'a repoussée vers des terres de plus en plus ingrates. L'arrivée des Hollandais (Boers) et huguenots au XVIIe siècle puis des Britanniques acheva de les réduire à la misère en les chassant de leurs terres ancestrales. Au XVIIIe siècle, les fermiers se regroupaient en milice (kommando) qui lancèrent des expéditions punitives sur les Bochimans.
Aujourd'hui relégués sur l'une des terres les plus ingrates du monde, le Kalahari, les Bochimans risquent encore de devoir migrer pour le motif avoué du gouvernement du Bostwana de les intégrer aux bienfaits de la civilisation mais, selon les intéressés, pour laisser la place à la prospection diamantaire que projetterait la De Beers.
En 1991, le Bostwana Christian Council a publié un rapport à propos d'une affaire concernant des Bochimans suspectés de chasser sur une propriété privée et qui ont été appréhendés et torturés par des gardes des parcs nationaux.
En 1997, beaucoup furent expulsés de chez eux dans le Kalahari et ceux qui sont restés ont subi des diminutions draconiennes de leur territoire de chasse, un harcèlement continuel et des tortures. Au début de l'année 2002, le harcèlement s'est intensifié : les pompes à eau ont été détruites, les réserves d'eau vidées dans le désert et la chasse et la cueillette interdites. Pratiquement tous les Bochimans ont alors été expulsés de la Réserve du Kalahari mais un grand nombre d'entre eux est depuis retourné sur leurs terres et beaucoup d'autres veulent en faire autant.
Les raisons de cette expulsion mises en avant diffèrent grandement selon les parties. Le gouvernement botswanais mettait en avant le fait que les Bochimans ne vivaient plus selon leurs traditions, élevant du bétail et troublaient ainsi l'équilibre écologique de la réserve. L'ONG britannique Survival International soupçonne quant à elle des intérêts liés aux mines de diamants. En 2006, un tribunal botswanais a reconnu l'illégalité et l'inconstitutionnalité de l'expulsion des Bochimans de la réserve animale du centre du Kalahari. Le gouvernement ne semble cependant pas enclin à leur faciliter la tâche, il n'a pas obligation de rétablir les services de base dans la région (eau).
Fin 2007, Les Bochimans ont annoncé au Botswana qu'ils intenteraient un nouveau procès au gouvernement s'ils ne peuvent retourner sur leur territoire. Le 21 juillet 2010, l’annonce du verdict de la Haute Cour botswanaise refusant l’accès à l’eau aux Bushmen du Kalahari a suscité une vive indignation
En dépit du verdict, le gouvernement a interdit aux Bushmen de rétablir leur puits, les exposant à des conditions décrites par le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les peuples indigènes, James Anaya, de déplorables et dangereuses en raison du manque d’accès à l’eau’. Au même moment, Wilderness Safaris a ouvert un lodge de safaris avec piscine et bar au cœur du territoire bushman et le gouvernement a fait forer de nouveaux puits dans la réserve pour approvisionner la faune sauvage en eau avec le soutien financier de la Fondation Tiffany & Co. Il est également interdit aux Bushmen d’approvisionner en eau leurs familles vivant dans la réserve, peut on lire dans un communiqué de presse.
Jumanda Gakelebone, porte-parole bushman, a déclaré à cet effet : "C’est une très mauvaise nouvelle. Si nous n’avons pas d’eau, comment allons-nous vivre ? La Cour nous a rendu notre terre, mais sans le puits ; sans eau, notre vie est impossible".