Le département des Bouches-du-Rhône est en pic de pollution à l'ozone quasiment tous les deux jours, depuis fin juin.
Pourtant, cette situation ne semble pas alerter particulièrement les autorités, alors que les médecins de l'Association Santé Environnement France rappellent l'importance de l'impact de cette pollution sur la santé.
Le pic d’Ozone apparaît si les conditions de formation de l'ozone sont réunies :
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Pic d’Ozone dans les Bouches-du-Rhône |
• Circulation automobile intense (ville)
• Temps ensoleillé (été, même sous ciel légèrement couvert, ou hiver sous ciel dégagé)
• Faible circulation atmosphérique (pas de vent ou vent faible, et notamment en condition d'inversion atmosphérique)
L'ozone est un gaz agressif pour les muqueuses oculaires et respiratoires. Pénétrant aisément jusqu'aux voies respiratoires les plus fines, il peut ainsi entraîner des irritations du nez, des yeux et de la gorge, des altérations de la fonction pulmonaire, des essoufflements et des toux. Il exacerbe les crises d'asthme.
Ses effets sur la santé dépendent du niveau et de la fréquence des expositions mais, chez les personnes sensibles (enfants, asthmatiques, insuffisants respiratoires, allergiques), les symptômes (picotements et irritation des yeux, coryza, gêne respiratoire) apparaissent plus nettement à partir de 180 µg d'ozone par m3 d'air. Il ne semble pas possible de déterminer un seuil en dessous duquel ce polluant serait totalement inoffensif. De plus, les effets d'une exposition chronique sur le long terme restent encore mal connus.
En effet, l'ozone provoque des irritations des bronches, pouvant être très importantes chez les populations les plus sensibles. En avril dernier, une étude américaine a montré que l'ozone, même à faible dose, était directement associé à la survenue des crises d'asthme chez les enfants. Lors des pics de pollutions, on observe d'ailleurs une augmentation de leur nombre et de leur gravité et donc une recrudescence des hospitalisations. Mais, l'ozone est aussi coupable de l'augmentation du taux de mortalité des personnes ayant des problèmes respiratoires. Le problème n'est donc pas anodin, et c'est pourquoi l'ASEF réclame une prise en charge politique du problème, peut on lire dans un communiqué de presse.
De nombreux pays, et l'Union européenne ont produit des lois sur la qualité de l'air et mettent à jour des Normes de qualité de l'air et des seuils portant notamment sur l'ozone (par exemple la valeur seuil d'information est en Europe de 180 microgrammes/m³, et il ne faut pas dépasser 120 microgramme/m³ sur plus de 8 heures, seuil à partir duquel des dégâts sur la santé sont considérés comme certains). Ceci permet aux autorités nationales ou locales d'interdire ou de réduire certaines activités (combustion de fuel lourd par exemple), ou la vitesse des véhicules. L'OMS a également produit des recommandations (valeurs-guide).
Des systèmes d'amendes et/ou d'encouragements fiscaux ou de subventions (Discrimination positive) encouragent localement les industriels, collectivités et particuliers à moins polluer. Certains aménagements du temps de travail, télétravail et dispositifs de fluidification de la circulation contribuent à diminuer les émissions de précurseurs de l'ozone aux moments où les UV solaires sont les plus actifs.
Des réseaux d'alerte et mesure de la qualité de l'air (Plus de 700 dispositifs de mesure dans l'UE en 2007), avec la météorologie aident les responsables d'émissions à volontairement ou obligatoirement anticiper en limitant leurs activités polluantes les jours à risque de « pic d'ozone » ou aux heures critiques.
En Europe, ces dispositifs commencent à montrer leur efficacité globale ; en 2007, Les taux estivaux d'ozone ont ainsi été parmi les moins élevés depuis 10 ans, surtout dans les pays d'Europe du nord où « aucun dépassement de la valeur seuil d'information n'a eu lieu ».
L'Italie reste le pays le plus exposé (479 microgrammes/m³ ont été mesurés en Sicile, le second record de 2007 étant 363 microgrammes/m³ en Roumanie). Des taux de 300 à 360 microgrammes/m³ ont été mesurés 6 fois en France, Grèce, Italie et Roumanie et le seuil prévu à long terme par la directive a été largement dépassé dans l'UE, comme dans d'autres pays européens (dont certains ont souvent dépassé la valeur-cible pour la protection de la santé humaine). En 2007, et en Europe : 45 % du total des dépassements du seuil d'information, 39 % des dépassements du seuil d'alerte et 12 % des dépassements de l'objectif à long terme ont été observés entre le 14 et le 21 juillet.
Le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l'ASEF, explique dans un communiqué de presse : « Chaque été, c'est la même chose: nos élus font mine de découvrir l'ozone. Cet été dans les Bouches-du-Rhône, il fait chaud, les gens se servent toujours de leur voiture- puisqu'ils n'ont souvent pas d'autres choix- et les industries continuent à fonctionner. Incroyable! L'ASEF avait déjà au mois d'avril, lors des premiers pics de la saison, appelé à la mise en place d'un plan sanitaire pour préparer les services hospitaliers. Au delà de cette mesure, les médecins appellent à une vision globale de la problématique des émissions automobiles, et non pas à l'adoption de mesurettes plus spectaculaires qu'efficaces consistant notamment à réduire les jours d'alerte la vitesse de 30 km/heure. Sans décider de politiques à mettre en place pour nous préserver, il n'y aura pas d'amélioration, donc toujours plus d'hospitalisations et de surmortalité des personnes ayant des difficultés respiratoires ».