Alcimed vient de dresser l’état des lieux des solutions existantes pour améliorer l’efficacité énergétique des transformateurs électriques de distribution qui représentent plus du tiers des pertes d’électricité dans les réseaux au niveau mondial.
Il faut savoir que ces derniers représentent près de 1.300 TWh, soit 61 milliards de dollars et plus de 700 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre.
Dans le cadre de son engagement à augmenter son efficacité énergétique de 20% d’ici à 2020, l’Union Européenne considère les transformateurs électriques comme étant un des produits clés à cibler, puisque les pertes associées aux 4,6 millions d’unités installées en Europe représentent 33 TWh/an. L’Union européenne a d’ailleurs sélectionné les transformateurs électriques dans la liste des 10 produits prioritaires devant être réglementés pendant la période 2009-2011, peut on lire dans un communiqué de presse.
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Perte d’énergie : vers une amélioration des transformateurs électriques |
Jean-Philippe Tridant-Bel, Directeur de l’activité Energie chez Alcimed, explique à cet effet : « Le potentiel d'économie d'énergie lié à ce type d'équipement à travers le monde est considérable. En Europe seulement, on estime que l’équivalent de plus de deux réacteurs nucléaires pourrait être économisé avec des technologies déjà éprouvées ».
Les économies d'énergie résultent de la limitation de production et de consommation d'énergie, en particulier d'énergie non-renouvelable produite à partir de combustibles fossiles : pétrole, gaz, charbon, tourbe (qui se sont accumulés dans des périodes géologiques passées, et qui ne se reconstituent pas ou extrêmement lentement).
Aux énergies d’origine fossile dégageant du CO2 (dont il est urgent de diminuer massivement la consommation, étant donné la dégradation du climat et les problèmes d'acidification de l’océan mondial) s’opposent :
· les énergies renouvelables, issues du rayonnement du Soleil, soit directement via le panneau solaire, soit indirectement par la production d’hydrogène par électrolyse, et plus classiquement par l’utilisation de combustibles végétaux (bois, produits agricoles, algues), par la récupération des déchets biologiques (biogaz), par l’écoulement de l’eau (moulins et turbines à eau, hydroélectricité) ou du vent (énergie éolienne), par la force musculaire d’animaux domestiques (cheval, bœuf, éléphant..) ou des humains ; il faut y ajouter l'énergie marémotrice qui ne résulte pas du rayonnement du soleil mais de la masse de la lune;
· l’énergie nucléaire, qui émet proportionnellement peu de gaz à effet de serre, mais contribue à réchauffer les milieux (fleuves et rivières), est une source de risques et dangers durables, pose des problèmes d’ordre politique et de traitement des déchets radioactifs, et détourne une quantité importante de fonds publics d'autres usages plus soutenables.
Aujourd’hui, il existe plusieurs possibilités pour diminuer leurs pertes :
· Utiliser des systèmes de récupération de la chaleur émise par les transformateurs,
· Déployer des technologies de réseaux intelligents afin de contourner les transformateurs lors des creux de demande d’électricité,
· Améliorer les matériaux utilisés pour confectionner le noyau des transformateurs.
Pour l’Union Européenne, c’est cette dernière méthode qui semble susciter aujourd’hui le plus d’engouement. Les regards se tournent en particulier vers l’acier amorphe, une technologie dont l’énorme potentiel est largement reconnu à travers le monde, peut on lire dans un communiqué de presse.
L’acier amorphe est une technologie dont l’énorme potentiel est largement reconnu à travers le monde. L’acier ou tôle amorphe a d’abord été utilisé à grande échelleaux Etats-Unis dans les années 80. Cependant, le marché a disparu à la suite de la dérégulation du marché américain de l’énergie à la fin des années 90. Le Japon l’a adopté peu après. Depuis, les principales zones de croissance sont situées en Chine et en Inde.
L’acier amorphe est plus cher à l’investissement que les technologies conventionnelles mais il permet de réaliser des économies grâce à l’énergie sauvée. Par conséquent, plus les pertes énergétiques seront considérées coûteuses, plus les noyaux amorphes seront jugés intéressants économiquement. L’évaluation du coût des pertes dépend de facteurs locaux tels que le coût de l’énergie, la durée de vie des transformateurs ou les taux de retour sur investissement attendus par chaque énergéticien.
Selon nos confrères de batiweb.com, ce sont plus de 2 millions de transformateurs à noyaux amorphes qui ont été installés dans le monde. Pour autant, ils ne représentent aujourd’hui que 5% du marché annuel mondial et peinent à se développer, en particulier en Europe. L’Europe se pose donc la question de son adoption et, à l’heure où les premières commandes à grande échelles ont en cours d’implémentation sur le continent, plusieurs paramètres décideront de l’avenir de noyaux de transformateur en acier amorphe.
En attendant, pour compléter l’intérêt technico-économique, cette technologie devra également s’adapter aux exigences européennes en termes de bruit, de taille et de poids, qui peuvent être différentes des zones asiatiques où la technologie se développe aujourd’hui.
« La compétition entre l’acier amorphe et le plus conventionnel acier à grain orienté est en train de se mettre en place. Les institutions européennes peuvent jouer un rôle important : une forte baisse des performances énergétiques minimales autorisées pourrait favoriser la technologie amorphe, qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui à ce niveau », souligne Alexandre Graët, consultant chez Alcimed.