A l’initiative de la France, la Conférence internationale sur la déforestation dans les grands bassins forestiers, concrètement à l’origine de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, s’est déroulé jeudi 11 Mars à Paris, réunissant des chef d’état et des ministres de 55 pays.
FNE (France Nature et Environnement), a souhaité réagir sur cette rencontre. En effet, les ONG françaises d’environnement et de solidarité internationale, demandent à ce que les organisateurs français et norvégiens de cette conférence gardent à l’esprit de ne pas reproduire les erreurs commises à Copenhague. Selon les organismes, on ne parviendra pas à un bon accord sur REDD en se contentant d’enfermer à huis clos des ministres et chefs d’Etat pendant une journée.
Pour FNE, le coupable est tout désigné. Pour l’organisation, l’Huile de palme et le soja, constituent les premiers moteurs de la déforestation.
 |
Les pays industrialisés doivent assumer leurs responsabilités |
« Les pays industrialisés doivent assumer leurs responsabilités. Rentables aujourd’hui, ces filières démontrent la pleine mesure de leurs coûts écologiques, climatiques et humains. Il devient donc urgent d’agir sur les moteurs de la déforestation si nous souhaitons atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’huile de palme ne doit en aucun cas constituer une alternative envisageable aux carburants fossiles », déclare Juliette Fatus, chargée de mission forêt à FNE, dans un communiqué de presse.
Plus de la moitié du soja cultivé aujourd'hui est génétiquement modifié (36,7 millions d'hectares contre 35,3 millions d'hectares de soja non-transgénique en 2002). La culture du soja transgénique, largement adoptée en Argentine, se développe à présent au Brésil.
Les européens sont les principaux clients pour le soja non transgénique facturé environ 10% plus cher. Mais des associations telles que FNE, Greenpeace et CorpWatch accusent les producteurs de soja du Brésil de contribuer à la déforestation de la forêt amazonienne dans la région du Mato Grosso.
Au Brésil, les forêts primaires sont détruites pour cultiver le soja qui alimente notre bétail et la canne à sucre pour produire du bioéthanol.
De son coté, la demande d'huile de palme est en forte augmentation car elle est bon marché, elle est utilisée en industrie agro-alimentaire, en cosmétique. L'exploitation très rentable des palmiers à huile attire les agro-investisseurs qui remplacent la forêt primaire nourricière par des monocultures de palmiers à huile. Cela se fait avec l'accord des gouvernements en place sans se soucier du caractère irremplaçable de ces forêts et des peuplades qui vivent en symbiose avec elles.
Cela provoque des destructions de forêts tropicales et de tourbières. Il en résulte une aggravation des rejets de gaz à effet de serre, mais aussi une réduction du milieu de vie de nombreuses espèces dont l'orang-outan.
Si rien n'est fait, 98% des forêts humides indonésiennes, habitat naturel des orangs-outans, auront disparu en 2022. Les forêts des principaux pays producteurs (Malaisie, Indonésie, Bornéo et Sumatra), ont été détruites à plus de 90% aux XIXe et XXe siècles, et la déforestation massive continue pour laisser la place à des palmeraies. Le brésil et l’Indonésie sont ainsi entrés dans le top 4 des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.
Or, la lutte contre le changement climatique implique nécessairement de lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts qui ont un rôle majeur dans le changement climatique.
Au niveau international, cette préoccupation est au cœur du REDD (Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation des forêts), qui est en cours d’élaboration sous l’égide de l’ONU.
Concrètement le but de REDD est simple : organiser le transfert de ressources financières des pays industrialisés vers le monde en développement afin de rémunérer les pays qui réduisent les émissions issues de la destruction et de la dégradation de leur forêt. L’objectif ultime est d’arrêter la perte de couvert forestier dans les pays en développement d’ici 2030 et d’y réduire la déforestation brute de 50 % d’ici 2020 par rapport aux taux actuels.
A priori, REDD est une excellente nouvelle, si l’on considère que le Protocole de Kyoto faisait uniquement mention de mesures de reforestation et d’afforestation (et non pas de réduction de la déforestation) dans le cadre des Mécanismes de développement propre.
On propose désormais d’aller plus loin que la réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts (REDD), en y associant la conservation, la gestion durable des forêts et le renforcement des stocks de carbone forestier dans les pays en développement (REDD +).