Le maintien de la diversité génétique, un enjeu pour l'alimentation et l'agriculture de demain. A l’heure du salon de l’agriculture de Paris de 2010, la biodiversité cultivée ou domestique est menacée car elle subit une érosion génétique dû à la pression des méthodes de productions actuelles.
Cette érosion pourrait avoir comme conséquence la fragilisation de la durabilité des systèmes de production agricole, accentuée par les changements climatiques, la perte de diversité pour l'alimentation de demain mais aussi la perte de ressources génétiques utiles à tout travail de sélection et d'amélioration des plantes.
La mise en culture in situ de nombreuses espèces et de variétés est un moyen de maintien de la diversité génétique contrairement à la préservation ex situ qui empêche aux variétés de s'adapter et perdent de leur capacité germinative.
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La biodiversité cultivée ou domestique est menacée car elle subit une érosion génétique dû à la pression des méthodes de productions actuelles. Cette érosion pourrait avoir comme conséquence la fragilisation de la durabilité des systèmes de production agricole. |
Les espèces cultivées, leur évolution
Les observations des assolements (alternances de cultures dans l’espace) et rotations (succession de certaines plantations sur un même lieu en un temps donné) donnent les éléments suivants :
- Baisse des prairies dans la sole nationale, perdition de 15 % entre 1989 et 2006, et 29 % entre 1970 et 2000 causée par la diminution des surfaces en prairies constantes qui offrent en général des mélanges d’espèces botaniques plus variées que dans les prairies artificielles et temporaires.
-Au sein de la sole cultivée, terres arables, on retiendra : une dominance très grande des céréales et d’un petit nombre d’espèces de céréales, maïs, blé et orge, soit 46 % en 2006 de terres arables. L’utilisation accrue des céréales pour l’alimentation animale se fait aux dépens de l’herbe et des autres cultures fourragères, c’est le phénomène de « céréalisation de l’élevage »
Est constatée une faiblesse corrélative de cultures : les oléo-protéagineux (tournesol, colza, luzerne, pois…) 12 % des terres arables en 2006.
En outre, des situations de monocultures notamment culture de maïs s’instaurent et se généralisent dans certaines régions.
Ce qui peut être envisagé
- renforcer le nombre d’espèces cultivées sur des surfaces significatives afin de réintroduire la biodiversité, mais aussi maintenir la diversité variétale son rôle étant d'entretenir la richesse génétique d’une espèce donnée.
Mais un frein existe au maintien et au développement de cette biodiversité cultivée : le catalogue officiel. En effet, la commercialisation (c'est à dire la vente et l'échange) des semences est conditionnée à l’inscription de sa variété au Catalogue officiel des variétés (les variétés non-inscrites et sans volonté d'exploitation commerciale de la semence peuvent par contre s’échanger).
L’inscription au catalogue d’une variété donne une autorisation de mise en marché ce qui ne garantit pas automatiquement une mise en culture. Pour être inscrite, la nouvelle variété doit prouver qu’elle est distincte des variétés existantes, stables et homogènes en ayant satisfait un certain nombre de tests.
Toutefois, l’augmentation de la diversité génétique n’est pas en adéquation avec l'augmentation des variétés inscrites au catalogue car certaines variétés récentes peuvent correspondre à une description toujours plus fine de caractéristiques sans pour autant avoir un intérêt génétique pertinent.
La variabilité présentée dans les catalogues est globalement plus faible que celles des « variétés population » cultivées uniquement de manière alternative et pour les marchés de niches.
Cultiver la biodiversité pour la préserver !
Certaines variétés sont particulièrement intéressantes à préserver et à valoriser :
- Les variétés anciennes, qui ne sont pas souvent inscrites au catalogue devraient pouvoir se trouver plus facilement d'autant qu'elles appartiennent au domaine public.
Elles étaient cultivées par les anciens localement dans les jardins et dans les champs, mais elles ont été dépassées par la mise sur le marché de variétés plus récentes qui sont commercialement plus viables, uniformisées, et peuvent répondre aux tests en vue de l’inscription au catalogue officiel des semences.
- Les variétés amateurs ou variétés de jardiniers sont inscrites sur un catalogue amateur qui n'est pas obligatoire, mais elles doivent être vendues qu'en petite quantités.
A côté des agriculteurs professionnels, les amateurs s’activent à l’entretien de la biodiversité cultivée. Les variétés amateurs sont souvent recherchées pour leur caractère rare et parfois en petites quantités : l’objectif du jardinier va être bien souvent de semer une variété peu ou pas répandue dans le voisinage : Semences paysannnes
Il sera opportun de préserver cette biodiversité et de permettre la sélection de nouvelles variétés, particulièrement adaptées aux parcours techniques de demain, qui demanderont moins ou pas d’intrants.
En conséquence, suite au Grenelle Environnement et aux évolutions du droit de l'union européenne, le cadre juridique et technique imposé aux filières semences est appelé à évoluer :
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le dispositif d’évaluation des variétés, préalable à leur inscription au catalogue, sera remanié en tenant compte de l’enjeu du maintien de la biodiversité, dont la biodiversité domestique
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un protocole spécifique permettra l’évaluation des variétés en conditions d’agriculture biologique
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le catalogue sera adapté par un dispositif destiné aux variétés anciennes, locales dont les « variétés population » et celles menacées d’érosion génétique.
Cette politique génétique des semences et plants devra contribuer contrairement à ce qui est fait aujourd'hui à la protection de l’environnement par la durabilité des modes de production, la préservation et le développement de la biodiversité cultivée.