D’après la dernière mise à jour du site Internet « Climate Action Tracker » (le Pisteur d’Action Climatique en français), seuls deux des dix objectifs de réduction des émissions proposés par les pays développés et soumis à l’accord de Copenhague sont qualifiés de « suffisants » pour atteindre l’objectif visant à maintenir l’augmentation des températures mondiales en dessous de 2°C par rapport au niveau préindustriel.
Les objectifs de réduction des émissions de tous les pays actuellement associés à l’Accord de Copenhague conduisent à des divergences frappantes au sujet de l’objectif des 2°C fixé dans le même Accord.
Les promesses actuelles faites par les pays entraîneraient en effet une augmentation des températures de plus de 3°C par rapport au niveau préindustriel d’ici 2100.
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Les émissions élevées à court terme impliquées par les objectifs actuels de réduction pour 2020 entraînent une probabilité de 50% que le réchauffement climatique dépasse les 2+C peu après 2050 |
Le Climate Action Tracker est une science basée sur les évaluations des groupes Ecofys, Climate Analytics et de l’Institut de Postdam pour la Recherche sur l’Impact Climatique, qui fournit régulièrement des informations mises à jour sur les propositions émises par les pays en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le niveau d’ambition des pays majeurs soumis à l’Accord de Copenhague n’a pas réellement évolué par rapport au niveau proposé en décembre à Copenhague. Parmi les pays développés, la Russie a légèrement revu à la hausse son niveau d’ambition, tandis que le Canada semble l’avoir revu à la baisse. Le Kazakhstan de son côté a proposé pour la première fois un objectif de réduction de ses émissions.
Parmi les pays en développement, aucun pays majeur n’a changé ses propositions. Le Mexique, qui accueillera le prochain sommet climatique en novembre cette année, n’avait pas soumis d’objectifs aux Nations Unies au 31 janvier. Israël, les îles Marshall, et la Moldavie ont proposé des objectifs quantitatifs pour la première fois. Les pays d’Afrique tels que l’Ethiopie, la Jordanie, Madagascar, le Maroc, le Congo et la Sierra Leone ont fourni de leur côté des informations qualitatives.
Pour comparer la promesse actuelle avec ce qui est nécessaire de faire pour chaque pays, le Climate Action Tracker utilise plusieurs scénarii qui définiraient une part de participation juste pour chaque pays à l’objectif des 2°C. Ces scénarii sont basés sur différents principes, tels que les émissions égales par tête, la participation des pays selon leur responsabilité historique, ou des coûts calculés par unité de PIB.
Niklas Höhne d’Ecofys, qui mène l’équipe d’analyse de son groupe, ne s’est pas montré très optimiste quant à la signature d’un accord prochain sur des contributions équitables à la lutte contre le changement climatique, lors de la prochaine conférence sur le climat.
« De nombreux pays ont déjà soumis une promesse plus importante, à la condition que d’autres pays contribuent également. Mais même ces promesses les plus élevées ne seront pas suffisantes » a-t-il déclaré.
L’Accord ne précise par le mécanisme permettant d’améliorer collectivement le niveau d’émissions, tel qu’un objectif mondial de réduction des émissions à horizon 2020 ou un objectif de réduction de 50% des émissions d’ici 2050 comme cela avait été annoncé au sommet du G8 en 2009.
Un tel objectif à horizon 2050 avait été inclus dans des versions précédentes de l’Accord, mais a finalement été retiré de la version finale.
« Tandis que les émissions lors de la prochaine décennie ne déterminent pas entièrement les chances du monde de maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil des 2°C sur le long terme, les émissions d’ici 2020 (avec les niveaux proposés aujourd’hui) créeront deux grands problèmes pour la période de temps qui suivra. D’une part, le fait que très peu de choses soient faites pour détourner les investissements d’une voie intensive en dioxyde de carbone réduit la possibilité de réaliser les réductions plus importantes qui seront nécessaires de faire à ce moment là. Par ailleurs, même si des réductions de long terme plus importantes sont réalisées, les émissions élevées à court terme impliquées par les objectifs actuels de réduction pour 2020 entraînent une probabilité de 50% que le réchauffement climatique dépasse les 2+C peu après 2050 » a déclaré Michiel Schaeffer de l’équipe de Climate Analytics.