Après ce que beaucoup considèrent comme l’échec de Copenhague, les pays des Nations Unies préparent déjà la conférence mondiale qui aura lieu à Mexico à la fin de l’année 2010 et au cours de laquelle les leaders du monde espèrent bien cette fois parvenir à conclure un nouveau traité de lutte contre le changement climatique.
La 16ème Conférence des Parties (COP 16) sur le climat aura donc lieu au Mexique, et les Etats participants se sont d’ors et déjà engagés à trouver un accord plus contraignant que celui de Copenhague à l’issue de cette conférence.
D’après le site Internet de la COP16, voici le résumé du programme de la conférence de Mexico, réalisé par le gouvernement du Mexique.
 |
En plus d’être une menace, le changement climatique représente également une opportunité pour la promotion d’un développement humain plus durable.  |
« Le Gouvernement du Mexique reconnaît que le changement climatique représente le principal défi environnemental mondial de ce siècle et que, à moyen et long terme, il représente l’une des principales menaces au développement et au bien-être humain.
En plus d’entraîner une modification des modèles climatiques, plus de sécheresses, d’inondations, d’ouragans, de fonte glaciaire et une augmentation du niveau de la mer, le changement climatique conduit aussi à la perte de la biodiversité, et à la détérioration des ressources en eau.
La lutte contre le changement climatique nécessite le développement immédiat d'actions qui limitent ou réduisent les émissions de gaz à effet de serre, et d’autres actions visant l’adaptation ou la réduction de la vulnérabilité et des risques pour les êtres humains, la nature et le développement économique.
L’efficacité de ces activités augmente de manière significative lorsque des secteurs variés convergent vers une stratégie politique principale et transversale.
Même si les objectifs de réduction des émissions sur le long terme sont toujours en cours de négociation dans l’arène multilatérale, afin d’éviter des risques irréversibles pour les sociétés et les systèmes écologiques, il peut être considéré comme nécessaire que les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent un maximum au cours des dix prochaines années avant de diminuer d’un tiers par rapport au scénario classique d’ici 2050.
La nature et la gamme étendue d’activités nécessaires pour garantir ce résultat sont aussi importantes qu’une nouvelle Révolution Industrielle.
Récemment, plusieurs groupes d’experts des aspects scientifiques, économiques et sociaux du changement climatique ont émis la possibilité que les risques sont relativement plus graves que ce que ne le prévoyaient les estimations précédentes.
En plus d’être une menace, le changement climatique représente également une opportunité pour la promotion d’un développement humain plus durable. Les actions que la COP16 de Mexico au Mexique tentera de mettre en place pour développer des efforts de réduction et d’adaptation impliquent de nombreux co-bénéfices tels que la sécurité énergétique, des processus de production plus propres, plus efficients et plus compétitifs, une meilleure qualité de l’air, et la préservation des ressources naturelles, pour n’en citer que quelques-uns.
L’adoption de ces mesures pourrait être très bénéfique même en l’absence du défi du changement climatique.
Le Mexique a le privilège d’être l’un des pays enregistrant la plus grande biodiversité au monde. Cela nous permettra de capitaliser sur ces mesures d’adaptation et de limitation impliquant la conservation et l’utilisation durable des écosystèmes et des services qu’ils nous fournissent, y compris la réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts.
Au cours des prochaines années, la résilience, ou la capacité au rétablissement- des systèmes économique, social et naturel du Mexique au changement climatique, dépendra des initiatives sociales, politiques et programmatiques mises en place pour renforcer et restaurer leur intégrité, tout en réorientant le développement vers une plus grande durabilité.
Pour que cela soit possible, les infrastructures industrielles, de communication et d’énergie, devront être étendues et reconfigurées, et la conservation des écosystèmes naturels […] devra être améliorée.
Le Programme Spécial pour le Changement Climatique (mis en place par le Mexique) est basé sur […] les efforts prévus précédemment, et particulièrement sur la Stratégie Nationale pour le Changement Climatique, soumise en 2007. Il se construit sur et développe les éléments contenus dans cette stratégie.
A travers ce programme, le gouvernement du Mexique prévoit de démontrer qu’il est possible de limiter le changement climatique et de s’y adapter, sans mettre en danger les processus de développement, et en ayant même des bénéfices économiques.
Quatre éléments essentiels sont envisagés dans ce programme, pour le développement d’une politique intégrée de lutte contre le changement climatique : la vision sur le long terme, la limitation, l’adaptation et la politique principale.
[…]
Le Programme Spécial pour le Changement climatique est décliné en quatre chapitres et trois annexes.
Le premier chapitre détaille la vision sur le long terme sur laquelle le Programme est fondé. Dans le monde, les systèmes politiques, administratifs et financiers sont mal adaptés pour gérer un processus ayant une telle dimension mondiale et temporelle comme celle inhérente au changement climatique. La modification de plusieurs pratiques qui gèrent habituellement uniquement les questions urgences est nécessaire, tout comme la conception d’une nouvelle politique basée sur une vision de long terme et sur une réelle convergence d’intérêts parmi les nations du monde, qui prendrait en compte les multiples défis posés par le changement climatique. Ce chapitre traite des scénarios sur le long terme de limitation et d’adaptation.
Le chapitre 2 décrit les actions de limitation c'est-à-dire les actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il est structuré autour des données les plus récentes publiées par le GIEC pour la préparation des inventaires nationaux des émissions, et met l’accent sur quatre catégories : la production d’énergie ; l’utilisation de l’énergie, l’agriculture, les forêts et les autres utilisations des terres ; et les déchets. Le chapitre 2 comprend 39 objectifs et 86 buts.
Le chapitre 3 présente les politiques publiques visant à l’adaptation au changement climatique. La structure des systèmes correspond à l’approche développée par le deuxième Groupe de Travail du GIEC, qui une fois ajustée au contexte spécifique au Mexique, débouche sur huit systèmes. Sept d’entre eux correspondent aux systèmes naturels et humains tandis que le dernier est dédié à la gestion du risque. Le chapitre 3 contient 37 objectifs et 142 buts sur le thème de l’adaptation.
Le chapitre 4 indique et regroupe les éléments fondamentaux de la politique principale et des actions sur le changement climatique, qui devraient soutenir les actions proposées pour la limitation et l’adaptation. Le chapitre contient cinq sections qui traitent de la politique internationale, du renforcement institutionnel, de l’économie du changement climatique, de l’éducation, de la formation, de l’information et de la communication, et du développement de la recherche et des technologies. Le chapitre 4 contient 29 objectifs et 66 buts sur le thème de la politique principale et transversale. »