Climat et seuils de non-retour, une étude du WWF et de l’assureur Allianz SE prévoient des milliards de dollars de dommages.
Les conséquences des effets de seuil en matière climatique sont très difficilement estimables. Une nouvelle étude du WWF et de l’assureur Allianz SE a examiné les 12 principaux phénomènes concernés par des effets de seuils et chiffrés leurs coûts financiers.
En conclusion, ce serait plus de 28.000 milliards de dollars de biens qui seraient menacés rien que dans les plus grandes villes côtières de la planète. Dans certains pays, plus de 70% de la population active serait en danger en raison des évolutions rapides du climat.
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Si les conséquences des effets de seuil en matière climatique sont très difficilement estimables, une nouvelle étude du WWF et de l’assureur Allianz SE a examiné les 12 principaux phénomènes concernés par des effets de seuils, une étude qui estime que ce sont plus de 28.000 milliards de dollars de biens qui sont sous le menace du climat. |
Le réchauffement climatique n’est pas un processus lent et linéaire. Avant 2050, certains phénomènes auront franchi des seuils de non-retour au-delà desquels un effet boomerang se fera ressentir, avec pour conséquence, l’aggravation accrue du réchauffement.
La fonte de la banquise arctique et son corollaire, la hausse du niveau des océans, les changements affectant la mousson d’été en Inde ou la disparition de la forêt amazonienne sont quelques-uns de ces phénomènes de non-retour appelé tipping points en anglais. Cette étude réalisée par le WWF et l’assureur Allianz SE a évalué les douze principaux phénomènes concernés par ces effets de seuil et leurs répercussions dans les régions concernées. Voici quelques-uns des scénarios examinés.
La fréquence plus élevée des sécheresses et la hausse des températures mondiales pourraient entraîner la disparition de près de 70% de la forêt amazonienne d’ici 2100, ce qui libérerait des quantités colossales de CO2 dans l’atmosphère et accélèrerait d’autant le réchauffement climatique.
Avant 2050, le niveau des océans pourrait augmenter d’un demi-mètre suite à la fonte des calottes polaires et menacer plus de 28.000 milliards de dollars de biens dans 136 villes côtières de plus d’un million d’habitants à travers le monde. Les régions côtières sont davantage touchées par les conséquences du réchauffement climatique, car les répercussions des tempêtes et des inondations y seront les plus dramatiques.
Selon cette étude sur le climat et les seuils de non-retour, les dégâts potentiels d’un ouragan de force 4 dans l’agglomération de New York se chiffrent aux alentours de 1’000 milliards de dollars, alors qu’en 2050, ils pourraient dépasser les 5.000 milliards de dollars du fait de l’élévation du niveau des océans.
Des écarts dans la mousson d’été ainsi que la fonte des glaciers dans l’Himalaya pourraient accroître les sécheresses et les problèmes d’aridité en Inde. Dans un pays où plus de 70% de la population active est tributaire de l’agriculture, les conséquences pourraient être terribles.
Plus le réchauffement climatique s’intensifie et plus la probabilité d’atteindre ces seuils de non-retour s’accroît. « C’est la raison pour laquelle nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher une hausse des températures supérieure à deux degrés par rapport aux températures préindustrielles », a déclaré Walter Vetterli du WWF Suisse.
Pour y parvenir, les pays industriels devront réduire leurs émissions de CO2 de 40% d’ici 2020. Par ailleurs, lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Copenhague en décembre, il est essentiel que tous les pays adoptent un accord ambitieux et contraignant, car le temps presse.
Et Walter Vetterli de conclure qu’en « investissant dès maintenant dans la protection du climat, nous avançons en tous les cas dans la bonne direction tout en faisant des économies »
Les 12 régions concernées par les phénomènes de non-retour (tipping points) :
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Fonte de l’inlandsis de l’Antarctique occidental
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Fonte de l’inlandsis du Groenland
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Rupture de la circulation thermohaline dans l’Atlantique
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Sécheresse et incendies de forêt dans le sud-ouest des Etats-Unis, principalement en Californie
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Décalage de la mousson d’été en Inde
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Disparition de la forêt amazonienne
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Destruction des forêts boréales
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Renforcement du courant marin El Niño
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Affaiblissement de la mousson et baisse des précipitations en Afrique de l’Ouest