Ce matin, dans 7 villes de France, des militants de Greenpeace ont investi pacifiquement des stations Total pour « dénoncer un crime climatique subventionné par l’Union Européenne », l’exploitation des sables bitumineux au Canada.
A moins d’un mois de la conférence de Copenhague sur le climat, Greenpeace dénonce un peu partout en France un crime climatique et environnemental qui serait le fait du groupe Total.
Des militants de Greenpeace de nombreuses villes de France ont investi les stations services de Total dans 7 villes de France : Brest, Angers, Poitiers, Aix en Provence, Chambéry, Rouen, Nice pour informer les clients, les salariés et montrer ce dans quoi investit le groupe pétrolier français depuis plusieurs années au Canada : « le pétrole le plus cher et le plus sale du monde, les sables bitumineux ». Cette opération fait suite à la même opération du samedi 17 octobre dernier dans 11 villes de France.
 |
Dans 7 villes de France, des militants de Greenpeace ont investi des stations Total pour « dénoncer un crime climatique subventionné par l’Union Européenne », l’exploitation des sables bitumineux au Canada. |
Pour Greenpeace, Total investit en effet « dans la manière la plus cher et la plus sale de produire du pétrole », avec l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta au Canada.
« Pour produire un baril de pétrole, il faut deux tonnes de sables bitumineux, plus de 5 barils d’eau et l’équivalent d’une journée et demi de consommation de gaz d’une famille moyenne. C’est une véritable usine à gaz pour produire du pétrole », explique Damien Ladiré, du groupe local Greenpeace de Poitiers.
« L’avancée des groupes comme Total au Canada a déjà détruit 3000 km² de forêts, pollué des lacs et des rivières. Mais surtout, un baril de pétrole issu des sables bitumineux émet –de l’extraction à la consommation- 5 fois plus de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole conventionnel ! ajoute Thierry Villiers à Chambéry, Il s’git d’un vrai crime climatique ! »
Greenpeace demande à Total de stopper ses investissements et projets dans les sables bitumineux notamment au Canada. Mais, selon Greenpeace, Total « annonce clairement qu’il a décidé d’investir 10 milliards d’euros dans les 10 prochaines années dans ce nouveau mode d’exploitation du pétrole. Mais la campagne de Greenpeace vise principalement à montrer du doigt l’impunité des groupes privés comme Total, leur responsabilité dans les changements climatiques et mais aussi les complicités dont ils bénéficient de la part de l’Etat ou de l’Union Européenne. »
L’Europe se « targue d’être un leader de la lutte contre les changements climatiques, face aux USA, face à la Chine, etc. Sa position sur ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre est très attendue et doit encore faire l’objet d’arbitrages avant Copenhague. L’UE oscille entre un objectif de 20 à 30% de réduction de gaz à effet de serre d’ici à 2020. »
Parallèlement, l’Union Européenne « a accordé entre 2004 et 2008 à différents groupes pétroliers dont Total, 6 milliards d’euros de subventions. Cette année, le parlement européen a voté une enveloppe supplémentaire de 2,5 milliards d’euros dont Total a touché 142,9 millions d’euros. Le but étant entre autres de soutenir l’exploitation par ces groupes européens de pétroles non conventionnels, ceci au titre de l’indépendance énergétique européenne, que les sables bitumineux ne fourniront jamais. »
« L’Union Européenne accompagne donc les groupes privés comme Total dans leur fuite en avant vers des énergies fossiles de plus en plus nocives pour le climat. Ceci au lieu d’investir plus massivement dans les énergies renouvelables. Qui les arrêtera ? » s’interroge Sylvain Trottier, de Greenpeace France. « L’Europe doit arrêter immédiatement ces investissements et subventions. »
Selon Total, « au Canada, les bitumes sont souvent exploités à ciel ouvert. Une exploitation minière classique mais qui pose le problème environnemental de remise en état d’immenses espaces. Ou alors les hydrocarbures sont plus profonds, mêlés aux sables, et solidifiés compte tenu de la basse température. Pour les fluidifier, il faut assurer une injection de vapeur, ce qui pose donc simultanément une question de conservation de l’eau et une question de génération d’énergie. »
« Quels que soient ces défis environnementaux à surmonter, le fort intérêt pour les bruts lourds du Canada réside dans l’accessibilité « géopolitique » de ces gisements considérables. Car le pétrole demeure une matière première à fort contenu géopolitique. Les pays producteurs veulent ménager l’avenir, garder des réserves sous terre, avec une valorisation financière qui ne peut que s’améliorer, et ainsi préparer plus lentement leur transition économique post-pétrole » assure Total.