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Le sommet de Copenhague peut-il réussir ? (mardi de l’Environnement) 
Le sommet de Copenhague peut-il réussir ? (mardi de l’Environnement)Le sommet de Copenhague peut-il réussir ? (mardi de l’Environnement)
Le sommet de Copenhague peut-il réussir ? (mardi de l’Environnement). Chaque premier mardi du mois se déroule « le mardi de l’Environnement » à l’Institut Océanographique Paul Ricard à Paris. Le 03 novembre était dédié au sommet de Copenhague, retour sur le sujet alors que le site du Ministère du Développement Durable confirme qu’une hausse de 4°C serait catastrophique pour la planète.

Chaque premier mardi du mois se déroule « le mardi de l’Environnement » à l’Institut Océanographique Paul Ricard à Paris. C’était donc le cas ce mardi 3 novembre 2009 au soir, sur le thème le sommet de « Copenhague peut-il réussir ?... l’accord pourra-t-il se faire ?».

 

On sent alors ce léger frémissement de doute nous parcourir, dans un contexte délicat à l'approche de la conférence de Copenhague. En effet, les habitudes ancrées chez les pays occidentaux risquent d’entraîner chez certains le besoin de justifications hâtives, d’arguments masquant mal une certaine résistance au changement.


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La conférence de Copenhague, du 7 au 18 décembre 2009 est l’objet de toutes les attentions. Le site du Ministère du Développement Durable confirme qu’une hausse de 4°C et plus serait catastrophique pour la planète.

 

Chaque premier mardi du mois se déroule « le mardi de l’Environnement » à l’Institut Océanographique Paul Ricard à Paris. Le 03 novembre était dédié au sommet de Copenhague, retour sur le sujet alors que le site du Ministère du Développement Durable confirme qu’une hausse de 4°C serait catastrophique pour la planète.

 

Le gouvernement anglais met à disposition une carte présentant les conséquences d’un réchauffement planétaire de + 4°C par rapport à l’ère pré-industrielle (lien vers la carte). La carte présente par exemple un « doublement de la fréquence des événements de sécheresse dans l’ensemble de l’Afrique du Sud, de l’Asie du Sud Est et du bassin méditerranéen… La disparition totale des glaciers d’Amérique du Sud.

 

Au Pérou et plus précisément dans la Cordillera Blanca, jusqu’à 69 % de diminution du ruissellement due à une diminution de 75 % de la zone glaciaire… Ressources en eau insuffisantes provoquant des déplacements de foule, inondations, cyclones plus virulents, etc.

 

Une augmentation de plus de deux degrés serait catastrophique. L’enjeu consisterait donc à obtenir une stabilisation de la température globale de la planète. D’après Larousse, « à Londres, la moyenne (des températures) est désormais de 22.5°C contre 20.5°C il y a trente ans.

 

En introduction à ce mardi de l’environnement dédié à Copenhague, Alain Zecchini, journaliste scientifique et biologiste de la conservation, selon le terme anglais, nous passe sa revue d’actualité. Quelques nouvelles dans le domaine de l’environnement et du développement durable :

  • « au sujet des émissions de dioxyde de carbone (CO2) émis dans les transports, il serait nécessaire en Europe de réduire de 10 % l’impact des avions sur le réchauffement climatique d’ici 2020 par le décarbonage ».
  • L’AFSSET, Agence Français de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du travail, livre une étude le 15 octobre sur les radio-fréquences, monsieur Zecchini précise d’après ce rapport qu’il serait « nécessaire de réduire l’exposition du public aux ondes … qu’il n’y aurait pas d’effet sur le public des radio-fréquences », et confirme qu’on a « besoin d’études supplémentaires ». La question reste entière… Au Grenelle de l’Environnement des ondes, il y a quelques mois, les associations n’étaient pas invitées.
  • un pas en avant du Brésil.  « Le Brésil exporte 30 % de la viande mondiale au prix d’une grande déforestation en Amazonie. Au 5 octobre, les Brésiliens acceptent de mettre en place une traçabilité de leurs produits ».
  • le parc national d’Ardèche a interdit toute production d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) (lien : voir un livre particulièrement explicite et descriptif de Georges-Eric Séralini, professeur et chercheur en biologie moléculaire à Caen : « OGM, le vrai débat », Edition Dominos chez Flammarion, 2000),
  • après des années de débats, on serait prêt à transformer la forêt de Fontainebleau en parc national,
  • « deux ours dans les Pyrénées auraient été tués au printemps dernier, on l’apprend seulement maintenant... Il y en a encore une vingtaine là-bas ». Les sources semblent floues…
  • 3000 visons ont été libérés de leurs cages mi-octobre en province à Saint-Cybranet (24), où ils étaient élevés pour leur fourrure, par des personnes qui s’annoncent défenseurs de la nature. Tout récemment, on en a récupéré autour de 1000, « souvent estropiés, malades », amaigris … Ils ne sont pas habitués à se retrouver dans la nature. « Le vison d’Amérique, plus résistant que celui d’Europe, risque de s’hybrider avec de dernier, et l’on n’en connaît pas les conséquences sur le milieu naturel Français ».
  • et puis, il y a beaucoup d’événements en ce moment : le Festival International du film en Environnement, à la pagode, à Paris, du 18 au 24 novembre ; il y a Marjolaine au parc floral de Vincennes, l’ouest parisien accueille depuis de nombreuses années le plus grand salon Bio de France, 550 exposants engagés présentent des stands très divers, pour le bien-être, l’habillement, la santé, la bonne chair, etc. ; le DVD « les animaux amoureux » est sorti, un Hors Série de Courrier International est dans les kiosques actuellement sur le thème « La vie meilleure mode d’emploi »; on attend un film parait-il splendide de Jacques Perrin en janvier 2010 ; enfin, pour connaître son impact sur le réchauffement climatique, on peut utiliser le site du CLCV.

En seconde partie, monsieur Winnick, Ministre conseiller pour les affaires économiques à l’Ambassade des Etats-Unis (EU), prend la parole en Français avec un très léger accent, et nous ramène de plain pied dans le thème du débat de ce soir : « A Paris, ils sont en train actuellement de regarder le débat préparatoire pour Copenhague sur le changement climatique. Il m’a semblé que l’approche américaine a été vue avec des yeux européens ».

 

« Aux USA (United States of America), le principe, c’est qu’il y a un consensus scientifique qui dit qu’il faut maintenir le taux de réchauffement planétaire à 2°Celsius ».

 

Alors, quels moyens sont utilisés aux USA pour permettre de rester sur ces bases ?

 

« Depuis début 2009 le gouvernement fédéral a mis un système de lancement des énergies propres… Un montant de 80 Md$ pour les énergies propres. L’objectif est de réduire par 80 % les émissions d’ici 2050. En France, on est d’accord avec cet impératif… Ce fonds, dont le déboursement a commencé, est à donner sur 2 ans ».

 

« En mai 2009, Obama impose une réduction de consommation de carburant des camions de d’ici 2016. L’EPA, l’Environmental Protection Agency (Agence de Protection de l’Environnement aux EU) a l’intention de réduire les émissions de carbone et d’imposer les limites… à des centrales et à des usines ».

 

Des choses se passent aussi à hauteur du Congrès. Et au Sénat, maintenant, « un texte est en cours de discussion. Obama dit qu’il veut que ça passe le plus vite possible… La situation aux USA dépend des pouvoirs des Etats, des villes, des administrations au-delà des formes fédérales ».

 

« En 2007, aux USA, 8 % de l’électricité provenait de ressources renouvelables. Aujourd’hui, 34 des 50 Etats demandent 1 % de l’énergie renouvelable principalement d’ici 2020. Certains états se distinguent, par exemple en Califormie ». Ils demandent à ce que 33 % de l’électricité soit de source d’énergies renouvelable d’ici peu.

 

« Un des accords du G20 à Pittsburgh était d’éliminer des subventions pour les énergies notamment pour le pétrole. Pour l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) l’élimination seule des subventions pour le pétrole peut permettre d’aboutir à une réduction des émissions par le pétrole de 10 % d’ici 2050 »… « Important : le fait que l’application de ces limites dépend aussi des cours de justice, chacun peut demander l’application des normes légales . Par exemple, le Clean Water Act demande aux USA un standard pour n’importe quel fleuve. Si les normes ne sont pas respectées, on peut attaquer, et cela peut entraîner la fermeture des usines ».

 

Et il ajoute qu'aux « USA, sur chaque auto polluante vendue il faut vendre 3 ou 4 voitures moins polluantes. Ca marche très bien depuis des années ». Et Patricia Ricard, médiatrice de la soirée et présidente de l’Institut hôte de cet événement, de s’étonner en signalant qu’il serait plus simple de faire directement et seulement des voitures plus économiques.

 

Monsieur Winnick reprend : « Aux USA, plusieurs milliards ont déjà été déboursés dans le plan de relance. Il n’y a pas de construction de centrale nucléaire aux USA depuis 30 ans mais il y en a encore là-bas deux fois plus qu’en France ».

 

Pour clore l’intervention de Monsieur Winnick et revenir au sujet de Copenhague, Patricia Ricard nous livre une citation que lui avait confiée une dame lors de ses pérégrinations : « on ne peut pas résoudre un problème avec le même état d’esprit que celui qui l’a posé ».

 

Et monsieur Winnick de conclure que « le sommet de Copenhague ce sont des « conferences of the partys » : la plupart du temps (sous-entendu les pays) sont représentés par des ministres ». Et d’observer enfin que « Copenhague est médiatisé comme le sommet de la dernière chance ».

 

La parole est donnée à David MARTIN. Auteur d’un documentaire audiovisuel sur lequel il a travaillé un an et demi, à paraître : « Un avenir à quel prix ». Un court extrait montre un monsieur aux cheveux grisonnants expliquant que 38 % des prélèvements obligatoires sont assis sur les salaires, et que 3,5 % des prélèvements obligatoires sont assis sur l’énergie, et laisse à penser à ce sujet.

 

David Martin a grandi avec les problématiques de l’effet de serre. Il explique qu’il est « important de voir que la taxe carbone est l’objet de spéculations … La prochaine crise va se faire là-dessus (et non sur les subprimes)… Cette taxe carbone pousse à la délocalisation », certains pays permettraient de payer moins de taxe.

 

Parlant du protocole de Kyoto, en 1992, il observe que « l’Europe arrive à y intégrer une taxe carbone », mais que le protocole avait « énormément d’imperfections » et qu’il n’était pas signé par les Américains… « Des prix Nobel d’Economie disent qu’il faut taxer le pétrole aux USA ».

Serge ORRU, directeur général du WWF France, nous interpelle : « c’est de péril climatique qu’il faut parler. Depuis 40, 50 ans, ce que nos pères en écologie disaient s’est avéré vrai à 85 % »... Il nous appelle à signer l’ultimatum climatique sur www.copenhague-2009.com. Ils ont l’ambition d’atteindre 1 million de signataires pour le sommet. Même si les associations ne seront pas admises à la table des négociations, elles restent une force de proposition notoire.

 

Serge Orru ajoute que si « nous avons 200 000 signatures ». (En cinq jours supplémentaires, ils arrivent à près de 100 000 signatures de plus, note au 8 novembre au soir, Ndlr). Dans la salle, ce soir-là, la moitié de la salle avait signé l’ultimatum climatique... Monsieur Orru reste réaliste. Il poursuit : « on sait très bien que ce sera extrèmement difficile… J’ai 4 enfants … Nous avons, moi le premier, vécu dans l’idéologie du progrès … Et puis il s’avère qu’il y a des dégâts irréparables … Et surtout les scientifiques annoncent 4°C de plus … Ce serait Porto à Paris, la canebière à Nevers … On parle de la nécessité d’une gouvernance mondiale… Quand il y a une guerre on trouve les moyens technologiques, financiers, très vite … Kofi Annan, (secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies de janvier 1997 à décembre 2006) ,a dit : « Le réchauffement climatique a coûté 300 000 morts l’année dernière ». Oui, on est en guerre contre la désinvolture ».

 

« Il y a une fiscalité verte à imaginer – c’est vrai – ce n’est pas simple… Un Européen, c’est 9 tonnes de CO2 par an ». Et il conclue : « Je suis devenu écologiste en lisant les écrits des Amérindiens »…

 

A ce sujet, le magazine l’Ecologiste, édition française de The Ecologist, sort un article sous la plume d’Efion Rees, dans son numéro de septembre, nommé : « Stocker le CO2 et fertiliser les sols, c’est possible ». Il explique qu’en lieu et place de projets particulièrement coûteux de capture de CO2, « un changement dans la façon de cultiver le sol pourrait réduire d’un quart les émissions de carbone mondiales produites chaque année par les combustibles (Rapport du World Watch Institute et Ecoagriculture partners) … Réduction du labour, moindre utilisation d’engrais et l’ajout du biochar, une forme de charbon de bois, afin d’augmenter la capacité de stockage du sol en carbone ».

 

Monsieur Rees explique, d’après cette source du World Watch Institute, que le biochar est du charbon enfoui dans le sol qui libère ses nutriments lentement : « Alors que la combustion lente de la biomasse rejette peu de dioxyde de carbone, le carbone de la matière organique obtenue reste dans un état très stable dans le sol ». Il ajoute qu’il y a 500 à 2500 ans, les peuples amérindiens en Amazonie connaissaient déjà cette technique nommée aujourd’hui « Terre noire ou « Terra Preta ». Ces sols seraient d’après les fouilles d’une « fertilité exceptionnelle qui contraste avec celle des sols avoisinants non travaillés ».

 

Ce mardi de l’environnement sur le sommet de Copenhague a le mérite de mettre l’accent sur les efforts nécessaires et particuliers des Etats-Unis. Pour découvrir le « programme vert des USA ». Oui, nous avons le droit d’être optimistes ! Patricia Ricard demandait ce soir-là à monsieur Winnick si monsieur Obama viendrait à Copenhague en décembre, profitant de l’occasion pour aller chercher son prix Nobel à Oslo, en Norvège. A la question, posée au vote à main levée, ce soir-là, à Paris, nous étions bien nombreux à lever le bras, même en sachant qu’il n’avait pas d’obligation de le faire.

 

La France et l’Europe auront leur partie à jouer, et la diplomatie ne cache pas sa volonté de faire au mieux pour participer à la limitation de ce réchauffement à deux degrés, afin aussi d’éviter les bouleversements géopolitiques propres à cette situation, et prévisibles en cas de désaccord des parties. Il reste à espérer que les solutions les plus simples et les moins coûteuses trouveront toute leur place dans ce débat, afin que ceux qui parviennent à vivre d’une manière particulièrement adaptée à leur milieu, tout à fait décemment et heureux, avec une empreinte minime sur la planète puissent poursuivre en paix, car c’est aussi de ça qu’il s’agit. Plusieurs modèles de vie coexistent déjà.

 

L’affaire est délicate, et un souvenir ancien nous ramène à la réalité… Etait-ce dans un préambule au roman de Georges Sand « la petite fadette » ? Est-ce de son auteur, Georges Sand : « Le simple est ce qu’il y a de plus difficile au monde : c’est le dernier terme de l’expérience et de l’effort du génie ». On ne peut s’empêcher de souhaiter un courage et un discernement exemplaires à tous les protagonistes.



Voir aussi :
 - Le mystère de la fonte des glaciers et de l’augmentation du niveau des mers s’éclaircit
 - La vague de froid mortelle devrait s’adoucir la semaine prochaine en Europe

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