Les chefs d’État et de gouvernement européens se sont rencontré à Bruxelles les 29 et 30 octobre 2009. Plusieurs sujets d’une importance capitale pour l’Union européenne étaient à l’ordre du jour de ce sommet des chefs d’État et de gouvernement européens.
L’un des sujets principaux était le financement des mesures climatiques. Il s’agissait pour les pays membres de se mettre d’accord sur le mandat accordé à l’Union européenne concernant le financement communautaire des mesures nécessaires pour la lutte contre le changement climatique en vue de Copenhague.
L’estimation faite par la Commission européenne sur les coûts nécessaires pour faire face au changement climatique mondial est de quelque 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020, c’est ce qu’on appelle le financement de démarrage rapide. De cette somme, entre 22 et 50 milliards d’euros doivent provenir de financements publics internationaux.
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Les chefs d’État et de gouvernement européens se sont rencontré à Bruxelles les 29 et 30 octobre 2009. Après de difficiles négociations qui ont traîné en longueur, les pays membres de l’UE sont parvenus à un accord en vue de Copenhague |
L’Union européenne s’est déjà engagée à prendre en charge une partie de la somme mais il faut encore réussir à créer un cadre au système, afin que les pays riches puissent soutenir la transition vers la lutte contre le changement climatique des pays en voie de développement.
Après de difficiles négociations qui ont traîné en longueur, les pays membres de l’UE sont parvenus à un accord. La laborieuse question du financement climatique est résolue scellant ainsi le paquet climatique européen. Lors de la conférence de presse concluant le sommet, un Fredrik Reinfeldt satisfait a constaté que l’UE a maintenant « un mandat fort en vue des négociations pour la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique de Copenhague en décembre. »
Les chefs d’État et de gouvernement ont aussi stipulé que la moitié de cette somme, entre 22 et 50 milliards d’euros, devrait provenir de financements publics internationaux. Vendredi ils ont insisté sur le fait que l’UE va payer sa juste part du financement sous réserve que les autres pays y contribuent aussi. De plus, les dirigeants européens se sont mis d’accord sur le partage de la charge interne alors que les désaccords au sein de l’Union ont longtemps été importants.
Réactions
Corinne Lepage, 1ère vice-présidente de la commission Environnement du Parlement européen, a exprimé sa déception à l'issue du Sommet européen, qui a abordé la question du financement de la lutte contre le changement climatique.
« On ne peut que regretter cette position frileuse qui rendra difficile une attitude offensive de l’Europe à Copenhague même s’il est vrai que l’UE ne peut être seule à porter le fardeau. L’attitude des Etats-Unis et de la Russie est à ce jour clairement irresponsable. »
« Les tactiques dilatoires des gouvernements européens sur la question des finances sont incompatibles vis à vis de l'enjeu climatique auquel nous sommes confrontés, et pour lequel l'Europe a une grande part de responsabilité. L'Union Européenne doit cesser de se cacher derrière les Etats-Unis et la Chine. Elle devra mettre ses cartes sur la table dès le début des négociations à Copenhague si elle veut continuer à prétendre qu'elle est à la pointe du combat contre le changement climatique. »
« L'Union Européenne devrait s'engager à fournir au moins 30 milliards d'euros par an d'ici 2020 aux pays en développement, en plus de l'aide publique au développement. D'ici à 2012 et l'entrée en vigueur d'un nouvel accord international, l'UE devrait aussi mobiliser un financement précoce pour les pays en développement de 5 à 7 milliards d'euros par an. Les chefs d'Etat réunis à Bruxelles ont exprimé leur accord avec l'estimation des besoins de financement des pays en développement pour la lutte contre le changement climatique réalisée par la Commission européenne, qui évalue ce besoin à quelques 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020. »
« Par ailleurs certains pays (comme la Russie et l'Ukraine) veulent conserver leurs surplus de droits à polluer ("air chaud") issus du Protocole de Kyoto, et estimés à 90 milliards d'euros. Un tel transfert rendrait le marché carbone inefficace. Les surplus de droits à polluer de l'ancien bloc de l'Est sont dangereux pour l'intégrité du marché carbone. Ces Etats doivent aussi assumer leur responsabilité historique, comme le reste de l'Union européenne » a précisé Corinne Lepage.
« On attendait de l’Europe un engagement sur des chiffres ambitieux et précis », rappelle Gaëlle Cognet, Chargée de mission Climat à l’International pour FNE. « Au final, elle fixe bien des objectifs pour l’ensemble de la communauté internationale, mais ne s’engage pas sur l’effort à fournir pour leur réalisation. Quel est exactement l’exemple à suivre pour les autres pays : effet d’annonce et attentisme ? ».
Arnaud Gossement, porte-parole de FNE ajoute qu’à « la veille de Copenhague, les bonnes intentions ne suffisent plus : il faut se donner les moyens de ses ambitions et arrêter de jouer à cache cache entre pays dits développés. L'Europe a manqué aujourd'hui l'occasion de devenir leader sur le climat. N'oublions pas que ne pas lutter contre le dérèglement climatique coutera bien plus cher que de s'engager dés aujourd'hui. »
Pour Oxfam, « si le Conseil européen reprend les chiffres de la Commission de 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020 pour aider les pays pauvres à lutter contre les changements climatiques, en matière d’adaptation et d’atténuation, il sous-évalue de manière préoccupante la part des financements publics pourtant indispensables.
En refusant de s’engager dès maintenant sur une participation chiffrée par pays membre, l’Union européenne se rend à Barcelone pour les dernières négociations internationales sur le climat avec une dangereuse stratégie du silence. »
« Cette position commune du Conseil européen prend acte d’une évidence : les financements nécessaires pour lutter contre le changement climatique et ses conséquences dans les pays en développement sont colossaux. Mais annoncer des grands chiffres ne fait toujours pas de l’Union une figure de proue dans les négociations internationales. Car comme toujours, ce sont les détails qui comptent » souligne Romain Benicchio d’Oxfam France – Agir ici qui sera présent à Barcelone la semaine prochaine.
« La part du financement public, estimée entre 22 et 50 milliards d’euros pour les pays en développement, présentée par la Commission européenne et reprise par le Conseil européen, est ainsi bien en deçà des véritables besoins. »
« Surtout, le Conseil n’apporte aucune garantie que ce financement soit nouveau et additionnel aux objectifs existants d’aide publique au développement » rappelle Romain Benicchio.
« Le montant supérieur de la fourchette du Conseil, 50 milliards d’euros par an, représente moins de la moitié des financements publics dont ont besoin les pays les plus vulnérables pour adopter des modes de vie sobres en carbone et mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique ».
« Bien que le Conseil européen prétende assumer sa part de l’effort mondial, il reste pour l’instant muet sur le montant précis qui lui incombe » estime Oxfam.