Seulement cinq mois avant de conclure un nouveau traité mondial sur le changement climatique, aucune nation du Groupe des Huit (G8) n’a pris de mesures suffisantes pour limiter le réchauffement climatique, le Canada et les Etats-Unis étant les plus en retard dans ce domaine, d’après ce qu’une étude a montré mercredi.
« Les Cartes de Score Climatiques du G8 » réalisées par le groupe de défense de l’environnement WWF, montrent que même les membres les plus verts du club des nations riches –à savoir l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France- ne sont pas dans les temps pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport aux températures préindustrielles, un seuil jugé dangereux s’il est franchi.
Les leaders du G8 se réuniront en Italie la semaine prochaine pour discuter de la crise financière mondiale et du changement climatique, en espérant faire des progrès vers un nouveau traité international qui devrait être signé à Copenhague en décembre pour remplacer le Protocole de Kyoto de 1997.
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Afin d’éviter ou de réduire le risque d’un changement climatique catastrophique, les leaders du G8 doivent accepter de tout faire pour rester en dessous des 2°C 
Kim Carstensen, du WWF |
Ils seront rejoints par les membres du Forum des Economies Majeures de Barack Obama, afin d’essayer d’élaborer un consensus large sur le sujet.
« Tandis qu’il pourrait y avoir la possibilité de tirer d’affaire le système financier, aucune somme d’argent ne sauvera la planète une fois que le changement climatique aura franchi le seuil de danger » a écrit le directeur du WWF, James Leape, dans l’introduction du rapport.
Les Cartes de scores climatiques annuelles 2009 du G8 isolent plus particulièrement le Canada, en indiquant que le gouvernement conservateur du Premier Ministre Stephen Harper n’a pas mis en place de plan de limitation des émissions nationales, alors que le pays est déjà l’émetteur principal de gaz à effet de serre par tête.
Le Canada est très loin d’atteindre ses engagements pris sous le Protocole de Kyoto, d’après ce qu’a déclaré le WWF.
Le rapport a cependant félicité le Président américain Barack Obama pour avoir faire de l’énergie propre sa priorité dans son projet de stimulation économique, mais indique que les émissions par tête des Etats-Unis figurent parmi les plus élevées au monde et sont sur le point d’augmenter encore.
« Il y a eu plus de mesures prises aux Etats-Unis au cours des quatre derniers mois qu’au cours des trois dernières décennies, et nous espérons que cette tendance continuera » indique le rapport.
Le gouvernement de Barack Obama n’a pas encore adopté l’objectif de limitation du changement climatique à 2°C, approuvé en revanche par l’Union Européenne. Les températures ont déjà augmenté de 0,7°C depuis le début de la Révolution Industrielle.
« Afin d’éviter ou de réduire le risque d’un changement climatique catastrophique, les leaders du G8 doivent accepter de tout faire pour rester en dessous des 2°C » d’augmentation des températures, a déclaré Kim Carstensen, leader de l’Initiative Climatique Mondiale du WWF.
L’Allemagne arrive la première au classement des pays du G8 les plus actifs pour réduire leurs émissions, suivie par la Grande-Bretagne. Le WWF a félicité Berlin pour avoir fait la promotion des énergies renouvelables ainsi que pour son objectif ambitieux de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020. Cependant, le WWF a regretté que l’Allemagne manque de plans clairs pour l’application de ces objectifs.
« Il n’y a aucune raison de se réjouir » a déclaré Regine Guenther, directrice pour le changement climatique à WWF Allemagne, en ajoutant que les émissions devaient être réduites de 95% d’ici 2050. « Cela serait essentiel pour maintenir l’augmentation mondiale des températures bien au deçà des 2°C ».
La Grande-Bretagne a déjà plus que réalisé ses objectifs de Kyoto grâce à une transition de son industrie électrique du charbon vers le gaz dans les années 1990, mais a encore de la marge pour les secteurs du transport, et pour les services.
La France a par ailleurs des émissions par tête assez faibles pour une nation industrialisée, du fait de sa dépendance à l’énergie nucléaire, qui fournit près des trois-quarts de ses besoins. Le WWF ne soutient pas l’énergie nucléaire en raison des problèmes de sécurité que pose cette source d'énergie.