Le 5ème Symposium de recherche urbaine de la Banque mondiale s’est ouvert en réunissant plus de 700 experts ayant pour mandat d’aider les villes à mieux répondre à l'agenda de la recherche sur le changement climatique.
Soutenu par plus de 25 agences et sociétés, le symposium est organisé par la Banque mondiale, le Ministère français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer et l’Agence Française de Développement. Tout juste six mois avant la tenue de la conférence UNFCCC sur le changement climatique de Copenhague, d’éminents chercheurs, de hauts responsables des municipalités et des spécialistes des zones urbaines, se réunissent pour échanger leurs connaissances et leurs expériences afin de fournir des orientations clés visant à atténuer et à s’adapter aux impacts du changement climatique, tout en s’attachant à trouver des réponses pragmatiques adaptées aux villes des pays en développement.
Dans un monde où la population mondiale devrait atteindre les 9 milliards d’habitants d’ici à 2050, dont 70% devraient vivre en zones urbaines, il est primordial que les villes fassent preuve d’efficacité, qu’elles soient bien gérées et qu’elles protègent davantage leurs populations les plus vulnérables.
 |
L’important rôle des villes pour le changement climatique. Face au changement climatique, le 5ème Symposium de recherche urbaine de la Banque mondiale répond à l’agenda de la recherche des villes. |
Aujourd'hui, les villes sont déjà bien souvent dépassées par l’ampleur de la tâche, leurs services n'arrivent pas à répondre à la demande, surtout dans les pays en développement. Plus de 50% de la population urbaine d’Afrique subsaharienne et 40% de la population urbaine d’Asie du Sud n’a toujours pas accès, par exemple, au système d'assainissement de base.
En plus de ce fardeau, les villes doivent s’adapter à ce nouveau contexte, et se développer dans un monde contraint par le monoxyde de carbone tout en faisant face à des impacts sur l’environnement toujours plus graves et fréquents. Dans la plupart des pays en développement, la capacité des villes à s’adapter au changement climatique pose un très grave problème pour les tranches les plus pauvres, plus d’un milliard d’entre eux vivant dans des bidonvilles.
« Le lien entre urbanisation et changement climatique est bien souvent à l’origine des nouveaux défis auxquels doivent faire face les fonctionnaires des villes », selon Katherine Sierra, Vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement durable. « Les villes doivent être efficacement, durablement et adéquatement préparées à faire face au changement climatique. C’est aussi la raison pour laquelle les villes constituent notre meilleure chance d’améliorer la qualité de vie du plus grand nombre, y compris des communautés vulnérables des pays en développement. Le Symposium de recherche urbaine représente donc un forum majeur pour réunir les forces qui permettront de catalyser l’action ».
Pour Jean-Louis BORLOO, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, ” Nous ne pourrons relever le défi du changement climatique qu’en fondant un nouveau projet de ville durable, basé sur la mixité sociale, la sobriété en carbone et en énergie et sur la qualité de vie. Ce symposium, en réunissant des chercheurs du monde entier, est un moment de dialogue important d’où peuvent émerger des pistes utiles dans la perspective de Copenhague ».
« Les villes sont au cœur de la lutte contre le changement climatique » explique Jean-Michel Debrat, directeur général de l’AFD. « C’est le devoir des pays développés de non seulement diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de travailler, avec les pays émergeants, pour améliorer l'efficacité énergétique de leurs villes afin que la croissance future de celles-ci nécessite moins d’énergie et qu’elles émettent donc moins de CO2. Il va nous falloir réunir notre savoir et partager nos expériences afin de résoudre ce problème majeur : en effet, la solution ne peut être qu’une solution concertée et mondiale.»
Il est attendu du Symposium de recherche urbaine qu’il fasse avancer l’agenda de la recherche dans de nombreux domaines, et notamment sur les sujets comme la science et indicateurs du changement climatique et de ses impacts, les infrastructures, l’environnement bâti et efficience énergétique, le rôle des institutions, gouvernance et planification urbaine, les politiques incitatives, aspects économiques et financiers, les aspects sociaux du changement climatique.
Le Symposium sera suivi de la publication, pendant l'été, d'un compte-rendu des débats, tandis que les discussions et ateliers qui auront lieu à Marseille, seront résumés et diffusés très rapidement sur le site URS2009. Une recherche ciblée sur le rôle de l’agriculture urbaine, de l’efficacité énergétique et de la construction écologique sera publiée. Ateliers de diffusion et de suivi devront également se tenir dans les pays en développement.
La participation à cet événement est très importante car plus de 600 documents de recherche ont été soumis et plus de 700 participants sont attendus.
La Banque mondiale est une institution multilatérale de développement et l’une des sources d’assistance financière et technique les plus importantes aux pays en développement à travers le monde. Composée de 185 pays membres, sa mission principale consiste à aider les populations et les pays les plus pauvres du monde. La Banque mondiale utilise ses ressources financières, son personnel et son expérience extensive pour aider les pays en développement à réduire la pauvreté, promouvoir la croissance économique et améliorer la qualité de la vie.
L’Agence Française de Développement (AFD) lutte contre la pauvreté et encourage le développement dans les pays du Sud et en France d’outre-mer depuis plus de 60 ans. Elle est chargée par le Gouvernement français de mettre en place sa politique environnementale. L’AFD est active dans ce domaine dans plus de 50 pays. Elle finance et soutient des projets visant à améliorer les conditions d'existence des populations, à favoriser la croissance économique et à protéger la planète. En 2008, ses projets d’efficacité énergétique contribueront à économiser 3,3 tonnes de CO2 par an.