La surveillance en santé environnementale (SE) peut être comprise comme étant la « surveillance en santé publique de la santé liée à l’environnement ».
Cette approche permet lui donner à la surveillance en santé environnementale (SE) une définition déduite de celle de la santé publique avec tous les attributs de cette dernière : la collecte des données sanitaires, par exemple, mais aussi celle des données environnementales.
Selon l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), dans son dernier bulletin BEH dédié à la santé environnementale, ceci suppose que soit défini ce que recouvre le terme environnement, ainsi que ses composantes (milieu, vecteur, agent). La démarche de surveillance passe par plusieurs étapes : de la conception (choix des indicateurs pertinents et des données nécessaires) à la diffusion des résultats, en passant par la collecte des données, leur analyse et leur interprétation.
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Les systèmes français actuels de surveillance de données de santé ne sont pas adaptés aux besoins spécifiques en santé environnementale.  |
Aujourd’hui, en France, la surveillance en santé environnementale est axée sur des risques sanitaires liés à des milieux ou des agents, sur des maladies potentiellement liées à l’environnement et des populations dites sensibles à certaines conditions environnementales. La surveillance en santé environnementale utilise des systèmes (de surveillance), des déclarations et des bases de données existantes mais elle peut s’adjoindre des études ou des enquêtes longitudinales ou transversales.
La surveillance en santé environnementale doit aussi, comme la surveillance généraliste, intégrer des indicateurs d’interventions et s’appliquer aux relations entre ces derniers et les autres indicateurs (sanitaires, environnementaux et populationnels). Elle doit aussi mettre à contribution des outils économiques (coût-efficacité, DALYs, etc.) s’inscrivant dans une démarche d’aide à la décision. Enfin, la santé environnementale pourrait bénéficier de la mise en place de systèmes de surveillance intégrés.
Pour Georges Salines, Responsable du Département santé environnement, Institut de veille sanitaire, « contrairement à d’autres surveillances de santé publique, la surveillance en santé environnementale n’a pas pour but de surveiller l’occurrence de maladies d’un certain type (maladies chroniques, maladies infectieuses) ou survenant dans une catégorie particulière de la population (travailleurs, populations défavorisées). Son domaine est complexe : il est en effet défini par une relation et cette relation concerne deux territoires vastes, protéiformes et admettant des définitions variables : « l’environnement », « la santé ». »
A noter que la biosurveillance permet de surveiller la présence et les effets sur l’organisme des polluants environnementaux. Elle fait actuellement l’objet d’une forte demande de la population. Les acteurs de la santé publique y ont recours car ils ont besoin d’une bonne estimation de l’exposition à ces polluants afin d’améliorer les décisions de santé publique.
En plein développement, la biosurveillance constitue un outil puissant pour caractériser l’exposition de la population en intégrant les différentes sources. Elle comporte néanmoins certaines limites, notamment le manque de biomarqueurs disponibles, les difficultés liées aux aspects éthiques, logistiques et à l’interprétation sanitaire à un niveau individuel. C’est pourquoi la biosurveillance nécessite une bonne communication sur ses objectifs et ses limites.
Or, les systèmes français actuels de surveillance de données de santé ne sont pas adaptés aux besoins spécifiques en santé environnementale. Pour répondre scientifiquement aux préoccupations exprimées par la population ou les décideurs, il est parfois nécessaire de devoir constituer, de novo et en situation de crise, une base de données sanitaires.
Des systèmes spécifiques de surveillance répondant aux besoins devraient permettre : d’assurer un suivi temporel ; de réaliser des analyses géographiques fines ; de caractériser les expositions environnementales individuelles. Ils devraient également être suffisamment réactifs.
Le seul système qui réponde en théorie à tous ces besoins est celui de la déclaration obligatoire de maladies, il est déjà opérationnel pour deux pathologies environnementales, le saturnisme de l’enfant et les légionelloses. Cette option, qui pourrait être envisagée pour des pathologies non actuellement surveillées par des systèmes existants, nécessiterait cependant une implication et une disponibilité importante des professionnels de santé, déjà très sollicités.
Parmi les perspectives et pistes de progrès en cours, citons le renforcement de la surveillance par les registres de cancer et la mise en oeuvre du système multisources cancer qui devrait permettre à terme un suivi national et réactif. Enfin, une bonne compréhension des bénéfices attendus d’un recueil individuel de données d’exposition par les professionnels et les usagers de santé est essentielle pour progresser. (Source : INVS)