Le changement climatique a déjà eu des « impacts visibles » aux Etats-Unis et représente une menace toute particulière pour l’agriculture et les industries de l’énergie américaines, d’après ce qu’un nouveau rapport du gouvernement a montré mardi.
Le rapport, qui présente les effets du changement climatique sur des régions et des secteurs spécifiques des Etats-Unis, recommande la mise en place rapidement d’une politique d’action, alors que la Chambre des Représentants américaine se prépare à voter bientôt un projet de loi visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays.
« Il n’est pas trop tard pour agir » a déclaré Jane Lubchenco, l’administratrice de l’Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA), lors de la publication du rapport.
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Le rapport publié par la Maison Blanche soulève la question suivante : est-ce que le Président et le Congrès prennent les mesures nécessaires pour éviter la crise ? |
« Le changement climatique provoqué par les activités humaines est une réalité, non seulement dans les régions polaires isolées et dans les petites îles tropicales, mais aussi dans tous les endroits du monde –dans notre propre arrière-cour » a-t-elle ajouté.
Le projet de loi sur le climat que s’apprête à voter la Chambre des Représentants des Etats-Unis vise à réduire les émissions de dioxyde de carbone de 17% d’ici 2020 et de 83% d’ici 2050.
Le succès de ce projet de loi est considéré comme crucial pour la crédibilité américaine lors des discussions internationales sur le changement climatique qui auront lieu en décembre prochain, mais la probabilité que le projet soit voté par le Sénat américain reste incertaine.
Les Etats-Unis sont le pays qui émet le plus de dioxyde de carbone par tête au monde.
Les auteurs du rapport ont déclaré qu’ils n’avaient pas pour objectif de soutenir une proposition particulière de politique en matière de lutte contre le changement climatique, mais plutôt de souligner les conséquences qu’un échec aurait en ce qui concerne la réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Dans le secteur de l’agriculture par exemple, les résultats du changement climatique seraient très largement négatifs. L’augmentation des canicules et des sécheresses affecterait les cultures et l’élevage tandis que des averses violentes plus fréquentes réduiraient le rendement de la production agricole.
« De nombreuses cultures ont montré des réponses positives à l’élévation des taux de dioxyde de carbone et à des taux faibles de réchauffement, mais l’augmentation des températures affecte souvent négativement la croissance des cultures et la récolte » d’après le rapport.
Dans l’industrie de l’énergie, l’augmentation des températures freinera la production d’énergie et rendra les infrastructures plus vulnérables dans les régions côtières, y compris en Nouvelle-Orléans, qui avait été dévastée par un ouragan il y a quatre ans.
« L’augmentation de l’intensité des ouragans est susceptible de provoquer des perturbations pour les activités pétrolières et gazifières dans le Golfe, comme celles qui avaient eu lieu en 2005 avec l’ouragan Katrina et en 2008 avec l’ouragan Ike » indique le rapport.
Le Golfe du Mexique abrite près de 30% de la production de pétrole brut et près de 20% de sa production de gaz naturel des Etats-Unis.
Le changement climatique aurait aussi pour conséquence de faire augmenter la demande en énergie de refroidissement (climatisation) d’après le rapport, ce qui conduirait à « une augmentation significative de la consommation d’électricité et à des pics de demande dans la plupart des régions ».
Les écologistes ont bien accueilli la publication du rapport et ont demandé aux législateurs de prêter attention à cet avertissement.
« Le rapport de la Maison Blanche sur le changement climatique est une confirmation claire de ce que les scientifiques disent depuis des années : à moins que nous ne réduisions de manière considérable nos émissions, le monde sera confronté à des perturbations climatiques sans précédent qui conduiront à davantage de sécheresses, à des inondations, à une augmentation du niveau de la mer, à l’insécurité alimentaire et à des déplacements de masse de populations » a déclaré le groupe de défense de l’environnement Greenpeace.
« Mais le rapport soulève la question suivante : est-ce que le Président et le Congrès prennent les mesures nécessaires pour éviter la crise ? ».