L’impact de la récession économique sur les émissions de CO2 : après une forte baisse en 2009, quelle est l’évolution prévisible en France pour 2010-2011 ? L’activité économique de la France va fortement se réduire en 2009 et les émissions de CO2 qui en découlent devraient baisser sensiblement.
Cependant, pour estimer l’évolution probable des émissions de CO2 pour une année donnée, la seule prise en compte de la croissance économique de cette même année s’avère insuffisante : le lien entre ces deux variables se distend à mesure que l’intensité énergétique s’améliore et d’autres variables sont susceptibles d’intervenir, telle que l’influence des variations climatiques.
L’impact à moyen-long terme d’une baisse de l’activité est plus incertain, la récession actuelle se traduisant par une baisse des investissements des particuliers comme des entreprises, ce qui peut ralentir la diffusion de nouvelles technologies et ainsi le progrès de l'efficacité énergétique.
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L’impact de la récession économique sur les émissions de CO2 : après une forte baisse en 2009, quelle est l’évolution prévisible en France pour 2010-2011 ?  |
Compte-tenu de ces facteurs explicatifs, et pour des conditions climatiques comparables à celles de 2008, les émissions diminueraient en 2009 de – 6 à – 8 % (soit de – 23 à - 31 millions de tonnes). A moyen terme, sous l’hypothèse d’une reprise économique progressive en 2010 et 2011, elles augmenteraient modérément sans retrouver toutefois les niveaux antérieurs. Pour autant, l'atteinte des objectifs de plus long terme suppose de poursuivre les efforts engagés en matière de réduction des émissions de CO2.
Selon cette étude du Commissariat général au développement durable, si la baisse de l’activité économique entraîne généralement une réduction des émissions de gaz à effet de serre à court terme, l’impact à moyen-long terme de la crise financière et économique est plus incertain, plusieurs effets jouant en sens opposé.
Tout d’abord, la récession se traduit par une baisse des investissements réalisés par les industriels comme par les particuliers. Ce recul, accentué par un accès particulièrement difficile au crédit (caractéristique de la crise actuelle), aura nécessairement pour effet un ralentissement des dépenses des entreprises et des ménages consacrées au renouvellement d’équipements (plutôt favorable à une moindre consommation énergétique), à l’efficacité énergétique des bâtiments, etc.
Par exemple, la baisse des investissements peut toucher les équipements d’isolation ou de production d’énergie renouvelable dans les logements ainsi que le renouvellement
du parc automobile avec des véhicules moins émetteurs de CO2, ce qui pourrait contribuer, à terme, à une hausse des émissions de gaz à effet de serre.
A l’inverse, pour faire face à la crise, les entreprises et les ménages pourraient réduire leur facture énergétique en abaissant leur consommation d'énergie, sans engager d’investissements supplémentaires, et certaines de ces modifications de comportement vis-à-vis de la consommation d’énergie sont susceptibles de se maintenir une fois que l'activité économique repartira.
De plus le recul de l'activité économique pourrait purger l'économie d'une partie des installations les plus vétustes, et donc les plus coûteuses et les plus polluantes, au profit d'installations plus modernes qui verraient le jour une fois la crise terminée.
Enfin, le coût des investissements actuellement bas, compte-tenu à la fois de la baisse des taux d'intérêt et de la désinflation, facilite l'accès à certaines technologies, même si l'assèchement du crédit empêche les entreprises de profiter de cet environnement favorable.
Compte-tenu de l’ampleur de la crise économique, et de son impact sur les investissements, il est néanmoins probable que le premier effet l’emporte sur les trois autres.
Ainsi, sous l’hypothèse d’une reprise économique progressive, les émissions liées à l’énergie seraient en hausse de + 3 % en 2010 (+ 11 MtCO2) et de + 2 % en 2011 (+ 7 MtCO2).
L’augmentation des émissions prévue en 2010 et 2011 est liée à la reprise de la croissance économique pour ces années mais aussi au contrecoup de la forte baisse de 2009. Cet impact retardé du PIB traduit notamment l’effet rebond des émissions de gaz à effet de serre en cas de baisse des investissements.
Ce rebond des émissions de CO2 énergétique serait néanmoins limité et n’effacerait pas la forte baisse prévue pour 2009 (- 27 MtCO2 en 2009, contre + 18 MtCO2 sur la période 2010-2011).