Priorité à l’environnement dans l’action politique en France et en Europe ? Transcription du vote écologiste des européens dans les comportements aux quotidiens ? Quelles conséquences peut-on attendre de la vague écologiste qui a marqué les dernières élections européennes ?
Des 27 pays de l’UE, c’est en France que les électeurs ont décidé d’envoyer le plus grand nombre de députés à sensibilité écologiste au parlement européen : 14 députés parmi les 52 que compte le groupe politique des Verts/Alliance Libre Européenne au parlement européen.
Seule l’Allemagne fournit un contingent aussi important d'élus écologistes, mais cela représente un moindre pourcentage qu’en France (99 députés européens allemand contre 72 français). Au total, alors que depuis 2004, les députés de ce groupe politique comptaient pour 5,5 % de l’ensemble du parlement européen, ils seront 7,1 % demain. Et parmi eux, un quart sera français, l’autre quart allemand.
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Quelles conséquences peut-on attendre de la vague écologiste qui a marqué les dernières élections européennes ? Des 27 pays de l’UE, c’est en France que les électeurs ont décidé d’envoyer le plus grand nombre de députés à sensibilité écologiste au parlement européen. |
L’ensemble du monde politique français et les media soulignent depuis dimanche dernier cette poussée écologiste. Elle est sans doute bien réelle et plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène.
D’une part les raisons positives : il s’agit selon tout vraisemblance d’une réelle prise de conscience de l’importance des questions environnementales et de développement durable. Prise de conscience de longue date pour certains, ou électrochoc plus récent pour d’autre, par exemple après le visionnage de films documentaires médiatiques. Gageons que les nombreuses actions de communication et d'information mises en place ces dernières années par les pouvoirs publics, les associations ou les professionnels de l’environnement atteignent leur but.
D’autre part les raisons négatives : la lassitude de certaines luttes intestines entre les ténors politiques ou le manque de confiance en certains partis de défendre la cause environnementale, même si cette cause était inscrite quelque part dans les programmes électoraux. Toutes ces raisons ont pu faire se reporter un certain nombre de voix sur le vote écologiste, voix habituellement dévolues aux trois principaux partis.
Surfant de nouveau sur cette vague verte, les autres courant politiques s’empressent, au lendemain des résultats du scrutin, de « mettre sur le paquet » sur l’environnement, comme l’exprimait un cadre de l’UMP dimanche soir. C'est aussi Martine Aubry qui prévoit, pour les Universités d’été à La Rochelle fin août «une grande convention sur le nouveau développement social, économique et écologique». C'est encore Corinne Lepage qui considère que "l'écologisation du MoDem est une condition de sa pérennité".
Alors, tous écologistes ? On commence à le croire, en ajoutant à ces résultats électoraux ces quelques actualités récentes. La consommation mondiale de pétrole a baissé en 2008 de 0,6% selon le rapport annuel sur l'énergie du groupe pétrolier britannique BP, c'est le premier déclin depuis 1993 et le plus fort depuis 1982. Et les quantités de déchets ménagers et industriels ont baissé de 5 à 10 % dans le monde sur les trois premiers mois de l'année, comme l'indiquait Veolia Propreté ces derniers jours.
Hélas il faut se garder de conclusions hâtives tirées de l'observation de ces chiffres. Il ne s'agit toujours que de moyennes au niveau mondial qui cachent d'énormes disparités géographiques et dissimulent des causes parfois éloignées d'éléments rassurants !
On observe ainsi que, au lendemain du scrutin européen, l'apparente bonne volonté du gouvernement de prendre le taureau climatique par les cornes a été de courte durée. Dés mardi dernier, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, ont annoncé qu’une conférence des experts sera organisée les 2 et 3 juillet 2009 pour étudier la création d’une contribution climat-énergie, autrement appelée taxe carbone.
Parallèlement, le ministère a mis en service un site internet (http://www.contributionclimatenergie.fr/) qui doit permettre de suivre et participer aux réflexions autour de cette taxe carbone, notamment analyser ses effets attendus sur les ménages, pour les plus modestes notamment et sur les entreprises, dont la compétitivité doit être préservée. Mais dés le 10/06/2009, le même Jean-Louis Borloo a ainsi corrigé la feuille de route : «Il me paraît assez probable qu'on sera plutôt sur la loi de finances 2011. On s'était fixé un objectif qui était la loi de finances 2010. Mais cela ne paraît pas raisonnable. J'ai donné mon accord pour qu'on desserre le calendrier».
Et les électeurs, tous écologistes ? On espère que les français (et les électeurs européens), qu'ils aient voté dimanche écologiste ou non, ne vont pas être victimes du syndrome de la patate chaude : considérer que maintenant, c'est aux députés européens fraîchement élus de trouver la solution à tous les problèmes climatiques et de ressources naturelles. Espérons que la poussée verte est réelle dans les esprits et que le citoyen, français et européen, aura compris le pouvoir de ses actes au quotidien.