La fonte accélérée de la glace en Antarctique et au Groenland pourrait provoquer une augmentation du niveau des mers supérieure aux estimations des Nations Unies en la matière d’ici 2100, d’après ce qu’une étude accréditée par le gouvernement de l’Australie indique.
Cependant, l’étude précise que l’ampleur de cette augmentation du niveau de la mer est toujours incertaine.
Le Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat (GIEC) affirme que le niveau des mers pourrait augmenter de 18 à 59 centimètres d’ici 2100. Le GIEC pense également que cette augmentation pourrait être supérieure de 20 centimètres si les calottes glaciaires polaires relâchent des quantités de glace plus importantes que prévues dans l’océan. Cette évaluation est basée sur les données scientifiques disponibles jusqu’en 2005.
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La glace totale stockée dans les calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique pourrait faire augmenter le niveau des mers de 65 mètres si elle fondait dans sa totalité  |
« Il y a désormais de plus en plus de preuves montrant que l’augmentation du niveau des mers d’ici 2100 pourrait dépasser ces estimations » indique l’étude publiée vendredi, qui prend en compte les dernières scientifiques et qui devrait guider les législateurs climatiques.
« Même s’il est improbable que l’augmentation totale du niveau de la mer d’ici 2100 soit de deux mètres, la limite supérieure de la contribution des calottes glaciaires à cette augmentation reste incertaine » indique le rapport, réalisé par le Centre de Recherche Coopérative sur les Ecosystèmes et le Climat en Antarctique de Hobart en Tasmanie.
Même une augmentation d’un mètre obligerait des millions d’individus vivant le long de la côte du Bengladesh à fuir à l’intérieur des terres et provoquerait des migrations de masse dans le delta du Mékong au Vietnam.
Les grandes villes côtières du monde entier auraient besoin de digues plus hautes pour éviter de se faire engloutir par cette augmentation du niveau des mers.
« La glace qui disparaît en Antarctique ne disparaît pas à cause de la fonte de la surface de la calotte. Le continent est très froid. Mais la glace qui est perdue provient de l’augmentation de la fonte des glaciers » a indiqué Ian Allison, l’un des auteurs du rapport.
« Certains des grands glaciers dans l’Ouest Antarctique se déplacent de plus en plus vite et ils rejettent de plus en plus de glace dans l’océan » a ajouté Ian Allison, directeur du département de la glace, de l’océan, de l’atmosphère et du programme climatique pour l’Antarctique Australien au sein du gouvernement du pays.
Le même phénomène a également lieu au Groenland, en plus de la fonte accrue de la glace près des côtes.
L’étude indique que le niveau des mers augmente en suivant une tendance proche de la fourchette supérieure des estimations du GIEC, et que des preuves suggèrent que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique contribuent davantage à l’augmentation actuelle du niveau des mers que ce qui était précédemment estimé.
La glace totale stockée dans les calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique pourrait faire augmenter le niveau des mers de 65 mètres si elle fondait dans sa totalité.
L’Antarctique de l’est, où se trouve la grande majorité de la glace, est resté assez stable jusqu’à présent, d’après ce que montrent les études.
Mais dans l’Antarctique de l’ouest, une grande partie de la glace repose sur un substrat rocheux qui se trouve à deux kilomètres en dessous du niveau de la mer, et qui risque fort de s’effondrer si les mers plus chaudes à cause du réchauffement climatique érodent les couches protectrices de glace.
Une étude publiée le mois dernier montrait qu’une fonte de la calotte glaciaire de l’Antarctique de l’Ouest ferait augmenter le niveau des mers de 3,3 mètres, soit la moitié de ce que l’on pensait précédemment, mais l’impact de cette fonte resterait catastrophique, notamment pour les villes côtières américaines.
Le Centre de Recherche Coopérative sur les Ecosystèmes et le Climat en Antarctique, dans une autre étude publiée vendredi, prévient également des risques liés à la fonte de la mer de glace aux pôles. La mer de glace flottante aide à réguler le climat en réfléchissant de grandes quantités de rayons solaires et est à l’origine des modèles de courants des océans.
Elle est également essentielle pour les phoques, les ours polaires, les pingouins et pour d’autres petites créatures telles que le krill, qui est un élément clé de la chaîne alimentaire.
« En réponse au réchauffement climatique, la mer de glace devrait diminuer de 24% en superficie, et de 34% en volume d’ici 2100 » indique l’étude. L’Arctique a déjà subi une perte rapide de sa mer de glace d’été –en termes de superficie- et certains scientifiques pensent que cette mer de glace pourrait fondre totalement dès 2013 pendant la saison chaude.