Le Japon et la Russie doivent publier des objectifs à horizon 2020 de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre pour donner un élan supplémentaire aux discussions des Nations Unies concernant un nouveau traité de lutte contre le changement climatique, d’après ce qu’a déclaré le directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique lundi.
D’autres nations développées ont déjà mis en place de tels objectifs et le fait que la Russie et le Japon manquent à l’appel constitue un frein aux discussions de Bonn en Allemagne, du 1er au 12 juin, qui réunissent près de 180 nations autour d’un nouveau traité des Nations Unies qui devrait être conclu à Copenhague en décembre prochain.
« Il manque un certain nombre de nations essentielles –comme le Japon et la Russie » a déclaré Yvo de Boer, directeur du Secrétariat des Nations Unies pour le Changement Climatique, lors d’une conférence de presse à propos des progrès des négociations concernant le futur successeur du Protocole de Kyoto.
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Il y a un manque significatif de progrès dans le processus de Kyoto, les chiffres clés sont toujours manquants, ce qui ralentit considérablement les débats 
Yvo de Boer |
Le Protocole de Kyoto est l’actuel traité des Nations Unies de lutte contre le changement climatique et sa première phase arrivera à son terme en 2012.
« Il est très important désormais de faire en sorte que les nations manquantes mettent leurs chiffres sur la table » a déclaré Yvo de Boer.
Le Premier Ministre du Japon, Taro Aso, espère publier un objectif à horizon 2020 de réduction des émissions nationales dans les prochains jours. Les experts pensent que les options qui s’offrent au premier ministre vont d’une augmentation des émissions de 4% par rapport au niveau de 1990, jusqu’à une réduction de 25%.
La Russie n’a pas déclaré à quelle date elle prévoyait d’annoncer ses propres objectifs en la matière.
« Il y a un manque significatif de progrès dans le processus de Kyoto, les chiffres clés sont toujours manquants, ce qui ralentit considérablement les débats » a ajouté Yvo de Boer. La Russie est le troisième pays principal émetteur de gaz à effet de serre au monde, tandis que le Japon se classe au cinquième rang de ce palmarès peu glorieux.
Les nations en développement affirment que toutes les nations développées devraient publier des objectifs à horizon 2020 de réduction de leurs émissions d’ici le 17 juin, soit six mois avant la fin de la conférence de Copenhague.
Les nations en développement souhaitent également que les pays riches mettent en place un objectif commun de réduction à horizon 2020 pour éviter les pires conséquences du changement climatique, prévues par le Groupe Intergouvernemental d’experts des Nations Unies sur l’Evolution du Climat, telles que les pénuries d’eau, l’augmentation du niveau des mers, et l’extinction d’espèces animales et végétales.
Le Protocole de Kyoto engage 37 nations industrialisées à réduire leurs émissions d’au moins 5% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2008-2012.
Yvo de Boer a déclaré que les négociations de Bonn avançaient mieux lorsqu’il s’agissait de réfléchir aux actions que peuvent prendre les nations qui ne s’étaient pas engagées sous le Protocole de Kyoto –telles que les nations en développement comme la Chine et l’Inde, ou encore les Etats-Unis, la seule nation développée à ne pas avoir ratifié Kyoto.
« Les pays sont engagés de manière constructive » a-t-il ajouté.
Mais Yvo de Boer a précisé que Bonn « n’avançait pas très bien » sur un objectif commun concernant la mobilisation de nouveaux financements pour lutter contre le changement climatique. L’argent déjà mobilité, en partie pour aider les nations en développement à réduire leurs émissions, est très en-deçà des 250 milliards de dollars estimés nécessaires annuellement d’ici 2020.
Yvo de Boer a indiqué que les nouvelles promesses de réduction des émissions faites par les nations engagées sous Kyoto représentaient une réduction globale de 17 à 26% des émissions d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990. Ces promesses ont été faites jusqu’à présent par l’Australie, le Canada, l’Union Européenne, l’Islande, la Norvège, la Suisse, l’Ukraine et la Biélorussie.
La Chine a déclaré que les nations développées devraient réduire d’au moins 40% leurs émissions d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990. Et l’Inde a annoncé à Bonn que les réductions des émissions réalisées par les pays riches devraient être de 79,2% d’ici 2020, si l’on se base sur la part de responsabilité de ces nations dans le réchauffement climatique depuis la Révolution Industrielle.