Face aux aléas du prix du pétrole, les pompes à chaleur semblent être de plus en plus compétitives en termes de coût de fonctionnement par rapport à l’électricité et aux chaudières à fioul et à gaz.
Fabricant de la chaleur ou du froid à partir d’énergies renouvelables, cette technologie entre dans le cadre des objectifs du Grenelle de l’Environnement, mais les investissements restent encore lourds pour les particuliers.
La société de conseil ALCIMED revient sur les différentes étapes du développement de cette technologie en France, et s’interroge sur les raisons de ce succès et sur l’avenir de ce marché de la Pompe A Chaleur (PAC), au regard des exemples suédois et allemand.
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Alors que depuis 2005, le marché des pompes à chaleur connaît un essor fulgurant, la société de conseil ALCIMED s’interroge sur les raisons de ce succès et sur l’avenir de ce marché de la Pompe A Chaleur (PAC) en France. |
Depuis 2005, le marché des pompes à chaleur connaît un essor fulgurant. Cette technologie de chauffage, de climatisation et de production d’eau chaude sanitaire permet de diminuer les coûts de fonctionnement par rapport à l’électricité et aux chaudières à fioul ou à gaz, tout en limitant l’impact environnemental, grâce à l’utilisation d’énergies renouvelables puisées dans le sol, dans l’air ou dans l’eau et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Historiquement, le marché français des pompes à chaleur a connu plusieurs cycles de développement et de régression. Le premier « boom » remonte à plusieurs décennies ! A la suite du choc pétrolier de 1973-1974 et devant l’augmentation du prix du pétrole, le programme PERCHE, Pompe à chaleur En Relève de CHaudière Existante, est lancé.
Des milliers de pompes à chaleur sont alors vendues. Cependant, la qualité des appareils est insuffisante et les défaillances au niveau de la filière d’installation sont nombreuses. Les contre-performances se multiplient et le programme échoue. La technologie en ressort alors avec une image dégradée, les ventes s’effondrent et stagnent pendant une dizaine d’années.
En 1997, à l’initiative d’EDF, de l’ADEME et du BRGM, le marché est relancé. La filière s’organise et l’AFPAC, Association française des Pompes À Chaleur, est créée en 2002, dans l’objectif de structurer et professionnaliser le marché des pompes à chaleurs via la mise en place d’une démarche Qualité concernant aussi bien les matériels que la formation des installateurs.
A partir de 2005, le niveau des ventes explose. « Cette croissance soudaine ne correspond pourtant pas à l’apparition d’une offre révolutionnaire. C’est la mise en place d’un crédit d’impôt s’élevant à 40%, combinée à la progression de la prise de conscience environnementale et à l’augmentation des prix des énergies fossiles, qui a fait exploser le marché. Le crédit d’impôt s’élève alors à 40% du coût de l’équipement, puis passe à 50% au 1er janvier 2006 », précise Séverine Bizet, consultante au sein de la BU Chimie, Matériaux et Energie d’Alcimed.
Les subventions octroyées pour ce type d’équipement sont liées à la volonté de l’Etat de favoriser l’utilisation des énergies renouvelables. Le Grenelle de l’Environnement a concrétisé cette volonté en s’engageant à atteindre au minimum 23% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en France d’ici à 2020, soit le double par rapport à 2005.
Cette volonté environnementale s’inscrit dans une dynamique à l’échelle européenne. En décembre dernier, le conseil européen s’est en effet fixé un objectif nommé le « trois fois vingt », qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport au niveau de 1990, à porter à 20% la proportion d’énergies renouvelables dans les consommations énergétiques totales, et à réaliser 20% d’économies d’énergie d’ici à 2020.
Aujourd’hui, le marché des pompes à chaleur représente un peu plus de 150 000 pompes à chaleur installées (données de l’AFPAC en 2008, dans une gamme de puissance allant de 5 à 50 kW). Les chiffres démontrent que la technologie air/eau (prélevant l’énergie thermique dans l’air extérieur pour chauffer de l’eau) est privilégiée vis-à-vis de la technologie sol/eau (captant l’énergie dans le sol). Le niveau d’investissement est l’une des raisons principales de ce choix, car la pompe à chaleur géothermique demeure plus coûteuse du fait du puits de forage à creuser.
Pourtant, deux facteurs pourraient peut-être venir impacter la croissance de ce marché. En effet, il a été décidé que le crédit d’impôt repasse à 40% en 2009, pour diminuer encore jusqu’à atteindre 25% l’année prochaine. De plus, depuis début 2009, la pompe à chaleur air/air (prélevant l’énergie thermique dans l’air extérieur et la restituant à l’atmosphère intérieure), n’est plus concernée par cette aide.
Il apparaît donc légitime de se demander dans quelle mesure la diminution de crédit d’impôt va impacter le marché des pompes à chaleur en termes de ventes et de choix de technologie (air/eau, sol/eau, air/air). Et plus généralement : l’avenir des pompes à chaleur est-il dicté par l’évolution des subventions allouées à ces installations ?
Pour avoir des éléments de réponse, il convient de s’intéresser à l’exemple de deux autres pays d’Europe, la Suède et l’Allemagne qui sont très avancées dans ce domaine:
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Le marché de la Suède est à ce jour le plus développé en Europe, avec plus de 50% de pompes à chaleur sur le marché du chauffage. Tout comme la France, des subventions ont été allouées par le passé. Pourtant, ces aides diminuent et sont vouées à disparaître à court terme, sans que l’intérêt pour la technologie ne recule. Les pompes à chaleur sont en effet devenues un système de chauffage courant, techniquement éprouvé et favorisé par la volonté politique de promouvoir les énergies renouvelables, ancrée depuis de nombreuses années dans la culture du pays.
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En Allemagne, le succès de la pompe à chaleur a démarré en 2006, sans qu’il soit question de soutien financier de la part de l’Etat. Ce n’est que deux ans après l’émergence de la technologie qu’un plan de subventions a été mis en place pour favoriser les énergies renouvelables. Mais il est important de noter que l’Allemagne est un pays à très forte conscience environnementale, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle individuelle.
« Dans ces pays, on peut ainsi analyser que les subventions ne sont qu’un accélérateur de marché et non une condition indispensable au développement des pompes à chaleur », explique Vincent Pessey, responsable de missions au sein de la BU Chimie, Matériaux et Energie d’Alcimed.
Mais qu’en sera-t-il pour la France ? Les subventions commencent dès cette année à diminuer. Vont-elles entraîner un recul des pompes à chaleur? Les appareils actuellement commercialisés sur le territoire français seront-ils suffisamment performants pour s’imposer comme des solutions de chauffage ou de climatisation courantes, de la même manière qu’en Suède ?
« Comme le montrent nos voisins allemands, la conscience environnementale est un moteur primordial du marché. En France, la croissance des pompes à chaleur a été indéniable en 2008. Serait-ce un signe avant coureur d’une prise de conscience environnementale dans notre pays ?», conclut Vincent Pessey.