Selon la Banque mondiale, le marché du carbone est appelé à jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique. Le marché du carbone a doublé pour atteindre 126 milliards de dollars, mais la valeur des transactions finançant les projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre a perdu 12% pour s’établir à 6,5 milliards de dollars en 2008.
Cette chute s’explique par des difficultés à trouver des financements pour les projets en période de crise financière, des retards liés aux réglementations et le devenir incertain du marché.
Le marché du carbone continu son expansion malgré la crise financière, et la Banque mondiale s’attache à renforcer la portée du marché du carbone à l’aide de deux nouveaux mécanismes de soutien.
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Selon la Banque mondiale, le marché du carbone, qui a doublé pour atteindre 126 milliards de dollars, est appelé à jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique.  |
Le Rapport 2009 sur l’état et les tendances du marché du carbone publié par la Banque mondiale indique que ce marché a doublé d’importance et atteint aujourd’hui 126 milliards de dollars.
Moins réjouissant est le recul des transactions effectuées pour financer des projets actuels liés à la réduction des émissions. Ces transactions, qui enregistrent une baisse de 12%, ont représenté quelque 6,5 milliards de dollars en 2008.
Cette baisse est le résultat d’un ensemble complexe de facteurs, dont la difficulté d’obtenir des fonds permettant la mise en œuvre de projets écologiques durant la crise financière, les retards dus à des questions de réglementation et l’incertitude quant à l’avenir de ce marché. Celui-ci dépendra en effet du nouvel accord mondial sur le changement climatique, qui devrait entrer en vigueur en 2012.
« Il est plus que jamais nécessaire de mettre en œuvre des modes de financement innovants pour lutter contre le changement climatique, si nous voulons faire face au problème qui menace aujourd’hui le plus fortement la réalisation des objectifs prioritaires de développement dans les pays et les communautés les plus pauvres », explique Joëlle Chassard, Directrice de l’unité « marché du carbone » de la Banque mondiale.
Le Groupe intergouvernemental sur le changement climatique (IPCC) estime que les émissions de CO2 à l’échelle internationale ne devraient pas dépasser 10 milliards de tonnes par an d’ici 2050 si l’on veut éviter des répercussions environnementales qui pourraient s’avérer particulièrement catastrophiques pour les pays en développement. Les émissions annuelles, en ne tenant compte que des pays mentionnés dans le document 1, s’élèvent aujourd’hui à environ 20 millions de tonnes.
Selon le rapport Stern publié en 2006, le marché du carbone est en mesure de couvrir 25 % des actions nécessaires pour stabiliser les émissions. Il pourrait être utilisé de manière stratégique en vue de favoriser le développement à grande échelle et à long terme d’une économie à faible émission de carbone.
Les efforts engagés aujourd’hui (comme ceux intervenant plus largement dans le cadre d’un accord mondial sur le changement climatique post-2012) doivent être renforcés. Il faut passer de « projets individuels à des interventions sectorielles et programmatiques, portant notamment sur l’efficacité énergétique, le transport et la création d’actifs carbone urbains », précise Kathy Sierra, Vice-présidente à la Banque mondiale pour le développement durable.
Kathy Sierra souligne aussi que la Banque mondiale s’emploie à élargir la portée du marché du carbone au moyen de deux mécanismes.
Le Fonds de partenariat pour le carbone forestier vise à réduire la déforestation, deuxième cause majeure des émissions de gaz à effet de serre, grâce à des mesures d’incitation et de compensation destinées à préserver les forêts.
La Banque a créé le Fonds carbone de partenariat pour mobiliser des investissements à grande échelle et à long terme dans le cadre de programmes promouvant des technologies propres. La Banque prévoit que ce fonds pourrait progressivement atteindre plusieurs milliards de dollars et qu’il continuera de fonctionner après 2020, permettant une meilleure intégration du marché du carbone au sein des stratégies et des politiques de développement national.
Selon Kathy Sierra, « un marché du carbone puissant et international constitue l’une des réponses aux problèmes climatiques. Les pays développés comme les pays en développement peuvent en tirer des avantages considérables. »
Rappelons que le WWF a une vision plus critique sur le déploiement du marché carbone et notamment de la compensation carbone. A lire : Compensation carbone, des agences de certification très mal notées par le WWF