La société Total a obtenu l'autorisation d'enfouir 120000 tonnes de C02 pendant deux ans, sur le site industriel de Lacq (Pyrénées-atlantiques). Les associations déposent un recours.
Pour Total la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre serait apparemment très simple car il suffirait de pomper. Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples et la technique de Capture et de Stockage de Carbone présente plusieurs risques inacceptables.
Premièrement la Capture et Stockage de Carbone est énergivore. Le rapport parlementaire de M Birraux du 3 mars 2009 note sur ce point: « Le Capture et de Stockage de Carbone est d'ailleurs présenté comme une technologie de l'énergie, alors qu'en soi, il ne procure aucun apport nouveau d'énergie (...) il induit au contraire une consommation supplémentaire d'énergie ». La Capture de Stockage de Carbone utilise en effet de l'énergie pour les opérations de capture, de transport et d'injection souterraine.
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Total obtient l’autorisation sans vote de stockage souterrain de CO2. Face à une telle situation, les associations vont saisir la justice. |
Deuxièmement la Capture et Stockage de Carbone est polluante. Cette technologie a pour raison première le développement des centrales thermiques au charbon à l'heure ou il faut au contraire développer les sources d'énergies renouvelables, les économies d'énergie et l'efficacité énergétique. Le rapport Birraux note que la Capture et Stockage de Carbone « conforte aussi l'utilisation des énergies carbonées dans les pays qui les importent avec même le risque d'accroître leur dépendance énergétique, puisque l'implantation d'un dispositif de Capture et Stockage de Carbone impose un supplément de consommation d’énergie ».
Troisièmement la capture et Stockage de Carbone présente des risques pour l'environnement car l'enfouissement industriel de carbone sous terre présente des risques pour la santé et l'environnement qui ne sont pas maîtrisés. Aucune expertise indépendante et contradictoire n'a été financée à ce sujet.
Puis la Capture et Stockage de Carbone est coûteuse. Elle peut, selon un rapport Greenpeace « doubler le coût de fonctionnement d'une centrale et, par conséquent, aboutir a une augmentation du coût de l'électricité de 21 à 91% ».
La Capture et Stockage de Carbone est tardive, ainsi le précise le PNUE : « Le CSC arrive beaucoup trop tard sur le champ de bataille pour aider le monde a éviter les changements climatiques ». Rappelons que les industriels eux-mêmes rappellent que la CSC ne sera pas opérationnelle avant 2030. Or, il nous faut réduire drastiquement nos émissions de GES dès 2015....
La Capture et Stockage de Carbone n'est pas viable selon l'Agence internationale de l'énergie, il faudrait créer plus de 6000 installations de CSC, chacune d'une capacité d’enfouissement d'un million de tonnes de CO2 pour espérer stocker 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Or, les cavités géologiques adéquates et non exposées à un risque sismique sont rares et l'acceptabilité sociale de ce procédé est très incertaine.
La Capture et Stockage de Carbone est fondée sur un mensonge car elle ne permet pas de réduire mais uniquement d'enfouir nos émissions de gaz à effet de serre qui sont en quelque sorte mises sous le tapis. La tonne de CO2 a bien été émise avant d'être stockée.
Total sera le seul bénéficiaire du projet et le contribuable sera mis à contribution avant et après les opérations d'enfouissement.
Le plan Borloo sur les énergies renouvelables, présenté le 17 novembre 2008, prévoit la création d'un « fond de soutien aux démonstrateurs industriels » doté de 400 millions d'euros sur quatre ans dont bénéficieront notamment les projets de Capture et Stockage de Carbone.
L'autorisation délivrée à Total prévoit que c'est l'Etat qui assurera la surveillance du site après injection et prendra donc en charge les éventuels problèmes.
Remarquons qu’aucune loi n'autorise la Capture et le Stockage de Carbone. C'est si vrai que le Gouvernement a inséré dans le projet de Grenelle 2 des dispositions, jamais débattues lors du Grenelle, tendant a donner un cadre juridique aux opérations d'enfouissement de CO2.
Mais le problème est que Total ne souhaitait pas attendre. Et c’est donc sans attendre le vote des parlementaires et a la veille de la Table ronde sur le risque industriel, I'Etat a donc accepte d'autoriser le projet de Lacq de manière absolument illégale et à la suite d'un simulacre de concertation.
Les associations demandent très clairement un moratoire sur tout projet de Capture et Stockage de Carbone, l'organisation d'un débat public par la Commission nationale du débat public, l'organisation d'un débat parlementaire sur le cadre juridique applicable et une expertise réellement indépendante des risques.