Les pays en développement tirent des avantages croissants du système de crédits d’émission de carbone mis en place par la Banque mondiale il y a dix ans.
Selon le rapport annuel sur les activités de la Banque mondiale sur le marché du carbone, les pays en développement, particulièrement en Afrique, tirent des avantages croissants des crédits et des mécanismes « carbone » de la Banque.
Les chiffres publiés par la banque mondiale montrent comment les opérations des crédits carbone de la Banque, favorisées par la croissance du marché du carbone, se sont développées à partir d’un fonds unique créé il y a dix ans, le Fonds prototype pour le carbone doté de 180 millions de dollars, pour concerner maintenant 11 fonds et mécanismes (un 12e sera lancé en 2009) dotés actuellement de plus de 2,6 milliards de dollars.
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Selon la Banque mondiale, au niveau du marché du carbone, les pays en développement, particulièrement en Afrique, tirent des avantages croissants des crédits et des mécanismes « carbone ».  |
Le portefeuille « crédits carbone » de la Banque comprend plus de 186 projets. Sur ce total, 119 projets comportent des accords d’achat de droits de réduction des émissions d’une valeur de plus de 1,8 milliard de dollars, contre 89 projets (et plus de 1,5 milliard de dollars) en 2007.
La région de l’Asie de l’Est et du Pacifique, en particulier la Chine, avec une valeur totale des droits de réduction des émissions de plus de 1,3 milliard de dollars, accueille la plus grande partie des projets en cours, suivie par l’Amérique latine et les Caraïbes et l’Europe et l’Asie centrale respectivement qui bénéficient de plusieurs projets sur les énergies renouvelables, la gestion des déchets et le secteur pétrolier et gazier. Pendant la période de référence du rapport, 10 accords d’achat ont été signés en Afrique, dont un bon nombre concernent des projets d’énergies renouvelables.
Selon le Rapport annuel 2008 sur le marché du carbone, la plus grande partie des accords signés dans le cadre des fonds et des mécanismes au cours de l’année écoulée concernent le secteur des énergies renouvelables, avec plus de 300 millions de dollars de crédits carbone, suivi par le secteur de l’efficacité énergétique ; le secteur de la gestion des déchets ne représentait que 9% environ du total. Les graphes ci-dessous donnent respectivement l’origine géographique et la répartition sectorielle du portefeuille « crédits carbone » de la Banque mondiale.
En outre, un nouveau mécanisme « carbone » — le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) — a été lancé et sa dotation a été portée à 350 millions de dollars (en augmentation de 50 millions de dollars) en raison du niveau élevé des demandes de participation. Une deuxième tranche du Fonds « carbone » espagnol doté de 70 millions d’euros a été lancée et le Fonds carbone de partenariat (CPF), qui a été ouvert aux contributions, a reçu à ce jour 72 millions d’euros.
« La conduite des phases antérieures nous a beaucoup appris. Pour franchir la prochaine étape, à savoir les engagements post-2012 qui seront négociés à Copenhague en 2009, nous avons créé deux nouveaux mécanismes « carbone » » déclare Joëlle Chassard, Directrice de l’Unité Fonds carbone de la Banque mondiale. « Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation nous permettra d’expérimenter des mécanismes financiers afin de relever les défis considérables que posent les changements climatiques et la déforestation.
Les actions nouvelles en faveur de la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts offrent des raisons d’espérer car elles font porter les efforts et les ressources financières sur les causes profondes de ces problèmes. Le Fonds carbone de partenariat qui sera lancé en 2009 portera sur un programme à grande échelle de technologie propre ».
Qu’il s’agisse de la réduction du torchage des gaz en Russie, du développement des énergies propres en Afrique subsaharienne ou des énergies renouvelables en Amérique latine, le marché du carbone est présent dans toutes les régions où la Banque mondiale intervient.
De nombreux projets administrés par la Banque constituent des premières. Par exemple, le premier projet consigné par le Conseil exécutif du Mécanisme de développement propre était un projet du Fonds prototype pour le carbone, le projet de génération combinée à partir de bagasse d’Alta Mogiana (Brésil).
Les deux premiers projets d’utilisation des sols, changement d'affectation des terres et foresterie (LULUCF) consignés par le Conseil exécutif du Mécanisme de développement propre faisaient partie du portefeuille du Fonds « biocarbone » de la Banque : le premier était le projet de reforestation pour la gestion du bassin hydrographique du fleuve Pearl dans la région autonome de Guangxi (Chine).
En 2008, le Conseil exécutif du Mécanisme de développement propre a officiellement consigné le deuxième projet de changement d'affectation des terres et foresterie, à savoir le projet de protection des sols de Moldova. Un projet de reforestation approuvé par la CCNUCC est la preuve que le marché du carbone peut bénéficier aux communautés rurales et que les forêts peuvent jouer un rôle essentiel pour résoudre le problème des changements climatiques.
Dans deux semaines (27 -29 mai) la Banque mondiale coparrainera Carbon Expo 2009 à Barcelone (Espagne). La Banque réunira des délégués de plus de 60 pays en développement et de pays aux économies en transition qui examineront le potentiel du marché du carbone dans leurs pays.