Le Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) est une étape essentielle dans la négociation de l’après-Kyoto.
Outre le travail, conjoint avec le G8, sur la question de la comparabilité des efforts entre pays industrialisés et sur le financement de la lutte contre le changement climatique, le Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) doit permettre d’élaborer et de promouvoir des actions concrètes de collaboration sur le développement et la diffusion des technologies, le stockage géologique du carbone, l'efficacité énergétique, le renforcement des capacités et le développement de systèmes MRV.
De telles actions concrètes sont de nature à créer une meilleure confiance entre les pays présents, et donc entre pays industrialisés et pays émergents.
La Feuille de Route de Bali, arrêtée en décembre 2007, prévoit une période de discussions multilatérales de deux ans sur un accord sur le climat, qui doit se conclure à Copenhague en décembre 2009.
Les discussions sur tous les sujets de la négociation ont commencé, à la fois au sein de l’ONU et dans d’autres forums de négociation. Elles doivent aboutir à un accord à Copenhague, que la France souhaite aussi ambitieux que possible.
Pour Jean-Louis BORLOO, cet accord doit permette une réponse internationale à la hauteur des enjeux du changement climatique, c'est-à-dire à hauteur du défi scientifique présenté par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) et contenir le réchauffement climatique à 2°C.
Afin d’éviter l’irréversible, les prévisions du GIEC exigent un engagement rapide des pays développés avec une diminution de 25 à 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, par rapport au niveau de 1990. L’Europe s’engage déjà à aller jusqu’à 30% de réduction.
L’accord obtenu sous Présidence Française de l’Union européenne sur le « Paquet Energie Climat » constitue une étape décisive.
Il permet de mettre en oeuvre de façon concrète et opérationnelle, l’objectif dit des « trois fois vingt » à l’horizon 2020 : augmenter de 20% l’efficacité énergétique de l’Union Européenne, réduire de 20% ses émissions de gaz à effets de serre, et porter la part des énergies renouvelables à 20% du bouquet énergétique.
L’Union Européenne est la preuve qu’en dépit d’une grande diversité historique, économique et géographique, un accord global et contraignant est possible à l’échelle d’un continent.
Avec le Grenelle Environnement initié par Jean-Louis BORLOO, la France, qui est déjà l'un des seuls pays à respecter les engagements du protocole de Kyoto, entend montrer l'exemple. Les chantiers du Grenelle Environnement permettront ainsi de réduire nos émissions de Gaz à effet de serre de 22% à l'horizon 2020.
Afin de convaincre tous les pays de prendre part à cet objectif ambitieux, la France travaille sur la synergie entre les tous les processus existants (CCNUCC, G8, MEF, SGNU) et accueillie la deuxième réunion préparatoire du Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) les 25 au 26 mai prochain à Paris.
Le Forum des économies majeures sur l’énergie et le climat réunit 17 États (représentant 80 % de la consommation énergétique mondiale et 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète).
Le Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) a pris le relais des « rencontres entre les grandes économies sur la sécurité énergétique et le changement climatique « (MEM) et réunit les mêmes participants. Les représentants des chefs d’Etat et de gouvernement se sont retrouvés à Washington en avril 2008 à l’invitation de l’administration Obama.
La réunion informelle à huis clos, de niveau le plus souvent ministériel était la première d’une série de trois rencontres qualifiées officiellement de « préparatoires » avant un sommet en marge du G8.
Les échanges de vue productifs ont porté non seulement sur l’état des négociations mais aussi sur les technologies à faibles émissions de CO2, notamment le captage et le stockage du carbone et l’efficacité énergétique du bâtiment. Les Etats-Unis ont présenté leur position : à la foi les engagements du Président Obama et la préparation de la loi de M. Waxman. Le conseiller scientifique de la Maison blanche a clairement affirmé l’entrée dans une zone dangereuse au-delà de 1,5°C et la nécessité de limiter à 450 ppm la concentration de GES dans l’atmosphère. Les autres Etats présents ont fait état de plans nationaux volontaires de réduction témoignant d’un engagement général des principaux émetteurs.
En particulier le rôle d’avant garde de l’UE, à travers l’adoption du paquet énergie climat européen, a été reconnu. Le forum s’est conclu par un résumé de la Présidence américaine annonçant la tenue de la prochaine réunion du Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) à Paris, principalement consacrée au financement et à l’atténuation des effets liés au changement climatique.
Ce Forum des Economies Majeures sur l’énergie et le climat (MEF) est destiné à faciliter un dialogue franc et ouvert entre les grands pays développés et pays en développement, afin de donner l’élan politique nécessaire pour l’obtention d’un accord ambitieux sur le climat à Copenhague en décembre 2009. Les discussions à Paris porteront sur les actions et objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la diffusion des technologies propres, le financement des activités pour la protection du climat et l’adaptation aux impacts du changement climatique.
Par ailleurs, la double crise, économique et climatique, doit nous conduire à revoir notre stratégie autour de deux priorités : passer d’une logique de guichet de financement à une logique de projets à financer ; concentrer les moyens sur les pays les plus vulnérables au changement climatique, à savoir les Etats insulaires et l’Afrique.
Ainsi la France souhaite proposer dès aujourd’hui un nouveau partenariat « Europe / Afrique / Pacifique », où premiers responsables et premières victimes ne seraient pas face à face mais côte à côte pour sélectionner ensemble les projets prioritaires. C’est d’ailleurs un des objectifs de l’initiative euro-africaine « Energie pour l’Afrique : du rêve à la réalité » : répertorier, pays par pays, bassin par bassin, les programmes les plus efficaces pour accompagner l’Afrique vers l’autonomie énergétique.