Bleu Blanc Cœur, une association créée en 2000 qui prône une agriculture à vocation santé qui combine le bien être animal et la qualité des produits pour la santé de l’homme, s’est préoccupée de la question de l’incidence de la production de méthane par les vaches sur le changement climatique.
En matière d’environnement, la première préoccupation des français est la problématique du réchauffement climatique. Cette préoccupation nationale est également une préoccupation mondiale, largement reprise par les politiques et par la presse.
Elle a poussé la France à s’engager, dans le cadre du protocole de Kyoto, à une réduction de 20% d’ici à 2020 de ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).
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Le mécanisme par lequel le lin agit sur la production de méthane est lié à l’action des Oméga 3 sur la digestion au niveau du principal estomac de la vache, le rumen. Une quantité optimale d’Oméga 3 apportée à la ration est bénéfique sur la qualité des produits et sur la quantité de gaz à effet de serre émise par l’animal. |
L’effet de serre est essentiel puisqu’il permet à la Terre d’atteindre une température permettant la vie. Mais lorsque de nombreux gaz comme le gaz carbonique (CO2) ou le méthane (CH4), s’accumulent trop fortement dans l’atmosphère, l’effet de serre s’amplifie ce qui provoque le réchauffement climatique. Ce sont ces gaz que l’on appelle les gaz à effet de serre.
La part de l’agriculture dans les émissions de GES est de 18% et la quantité de méthane émise par les ruminants représente en France 5% de la totalité des GES.
Le méthane a un pouvoir réchauffant 25 fois plus importante que le CO2 et une durée de vie de 12 ans contre 100 ans pour le CO2 (GIEC 2007). Agir sur le méthane revient à agir rapidement sur des quantités importantes de GES.
Mais comment agir sur les émissions de méthane des ruminants ? L'alimentation peut permettre de diminuer les émissions grâce notamment au lin.
Les ruminants ont leur part de responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre. Ils produisent du méthane lors de la digestion. Leur niveau d’émission est fonction de leur alimentation, de leur production de lait ou de viande et de la longévité des troupeaux. Il est donc possible, à notre niveau d’agir sur ces émissions de méthane, estime l’association Bleu Blanc Cœur.
Selon elle, les premières études scientifiques qui ont montré un effet de l’alimentation sur la production de méthane des ruminants sont des études anglaises datant des années 1960 (1966, Czerkawski et al.). Ces études mettent en évidence une diminution de la production méthane par les moutons lorsqu’ils sont alimentés au lin. Depuis, d’autres études ont prouvé les bénéfices de l’alimentation des animaux au lin sur la diminution de méthane (Giger-Riverdin et al. 2003, Martin et al. 2006, Martin et al. 2008).
Le mécanisme par lequel le lin agit sur la production de méthane est lié à l’action des Oméga 3 sur la digestion au niveau du principal estomac de la vache, le rumen. Le méthane est en fait un coproduit de la dégradation des sucres contenus dans la ration de l’animal et est produit par des bactéries particulières du rumen appelées bactéries méthanogènes.
Il semblerait que le lin, plante la plus riche en oméga 3, agisse d’une part en modifiant le métabolisme des acides gras, privilégiant les voies de fabrication des « bons acides gras » (acides gras poly-insaturés) mais également en diminuant la production de méthane par les bactéries méthanogènes. Certaines études (Martin et al. 2008) ont montré que cette diminution de la production de méthane peut atteindre 40 % dans des conditions expérimentales.
Une quantité optimale d’Oméga 3 apportée à la ration est bénéfique à la fois sur la qualité des produits puisqu’il modifie les profils en acides gras au bénéfice des « bonnes graisses » et sur la quantité de gaz à effet de serre émise par l’animal, tout en respectant son bien être.
L’association Bleu Blanc Coeur promeut donc une alimentation des animaux grâce à des plantes riches en oméga 3. Le savoir faire de l’association repose sur la connaissance de la quantité optimale d’oméga 3 à apporter à la ration pour en tirer le meilleur de ses effets à tous les niveaux.
Le lin apporté à la ration permet de diminuer la quantité de gaz à effet de serre émise par les ruminants. Ce n’est pas sa seule qualité, le lin agit à bien d’autres niveaux, ce qui fait certes de lui un bon allié face aux changements climatiques mais aussi sur d’autres problématiques environnementales.
Le lin favorise la biodiversité en cassant les monocultures (succession de cultures de la même espèce sur le même terrain) tout comme le lupin, la luzerne, la féverole, l’herbe.
Le lin est une excellente tête de rotation et grâce à ses racines, il prépare les sols pour d’autres cultures céréalières (aération des sols, fixation de l’azote des sols…) améliorant ainsi leur rendement.
Le lin, dit rustique, nécessite peu d’engrais et de pesticides : il est de nature très résistant aux diverses maladies et aux attaques d’animaux. Le lin ne nécessite pas d’irrigation, il est donc peu gourmant en eau.
Grâce à toutes ces propriétés, il est admis que le lin est un bon candidat pour une agriculture respectueuse de l’environnement. De plus, des travaux sont en cours pour valoriser de manière écologique et économique les pailles de lin, précise l’association Bleu Blanc Cœur.