Face à la menace liée à la pollution par le plomb sur l'ancien site minier du Mazel en Lozère, l’un de nos lecteurs se bat depuis plusieurs années pour faire reconnaître cette pollution mais aussi pour faire la lumière sur les responsabilités engagées des différents acteurs. Une fois n’est pas coutume, nous avons laissé tribune libre à Michel Serfati qui nous raconte son combat.
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Face à la menace liée à la pollution par le plomb sur l'ancien site minier du Mazel en Lozère, nous avons laissé tribune libre à Michel Serfati qui nous raconte son combat pour faire reconnaître la pollution mais aussi pour faire la lumière sur les responsabilités engagées des différents acteurs.  |
« Dans le cadre de la politique de surveillance des sites miniers classés à risque le ministère de l’environnement à mandaté l’INERIS pour faire des investigations, en 2007 sur les anciennes mines du Bleymard (commune Mazel / mas d’Orciéres).
Le 25 avril 2008 une restitution de l’étude est rendu publique, sont présents les habitants du village, la Préfecture, la DASS, la DRIRE, sont absent le Parc national des Cévennes (ancien propriétaire des lieus et vendeurs des bâtiments en 2000), l’exploitant de la carrière dans les stériles (sans autorisation préfectorale depuis 2003).
Lors de cette réunion l’Ineris révèle les quantités anormales en plomb, cadmium, arsenic, bien au dessus des normes admissibles sur le site et les habitations environnantes.
La DASS met en place des conseils sanitaire, très contraignants et préconise une campagne de dépistage du saturnisme chez les enfants … .
Les mines de plomb du Mazel sont situées sur la commune du mas d’Orciéres, elles ont été une des plus grandes exploitations minières de Lozère à différentes époques de l'histoire : Gallo- Romaine, Moyen Âge et début du siècle dernier. Exploités de 1903 à 1953 avec plus de 20.000 t de production de minerai de plomb. Arrêtée en 1953, l'exploitation a laissé sur place des bâtiments et un grand nombre de tas de terre (stériles) chargés de déchets miniers (Plomb, Arsenic). Ces résidus à fortes teneurs toxiques sont nommés stériles ou haldes, stériles car quasiment aucune végétation ne pousse dessus.
Laissés sur place par nos ancêtres, ils ont été exploités en carrière par différents particuliers pour remblayer les chemins (sur le Parc National des Cévennes), routes du département, terrains privés, municipalités ...
Une autorisation préfectorale d'exploitation de carrière a été accordée de 1993 à 2003. Pourtant depuis la fin des années 1990, nous retrouvons dans le code des Mines et les différentes recommandations environnementales, des mises en garde sur les dangers d'exploitation des anciens sites miniers classés à risque. Effectivement et sans parler des endroits ou ils ont étés transportés, sur place le creusement des stériles, contribua à remettre continuellement à jour les particules toxiques et à les éparpiller dans l’environnement immédiat !!
Les Mines du Mazel sur la commune du mas d’Orciéres en font parties. Malgré cela en 2003, un renouvellent d'exploitation a été déposé par un exploitant à la Préfecture et en absence de réponse, ces tas de terre ont continué à être exploité. Cela à contribué à remettre en permanence à jour sur le site des poussières toxiques en suspension, éparpillées par le vent et les pluies .En plus à proximité d'une rivière, la Combe Sourde (affluent du Lot) dans laquelle s'écoule par lessivage les résidus de la mine.
D'ores et déjà, on peut affirmer que ce fonctionnement est « complètement » irresponsable pour l'entourage immédiat et les habitants du Hameau du Mazel : Qu’à fait la Préfecture de 2003 à 2008 dans son rôle de contrôle des sites à risque (Police des Carrières délégué à la DRIRE).
A notre époque où depuis le début du siècle, nous avons des certitudes sur les dangers causés par le plomb sur la santé de l'homme (saturnisme). Comment a t'ont pu laisser exploiter des résidus (chargés au plus fort des stériles de 17 grammes de plomb par kilo de terre sèche !) sans se préoccuper des conséquences sur la population. Les bâtiments ont été exploité des années par le Parc National des Cévennes (gîte équestre, logement des gardes, point d'accueil du Parc) jusqu'en 2000. Date à laquelle le Parc a vendu les bâtiments à des particuliers.
Le Parc National avait dans son cahier des charges, la mission de vendre en priorité à des projets liés à l'économie locale (agriculture, tourisme).
Les bâtiments ont donc été vendus à une exploitation agricole et à un particulier sur un projet de gîte (ma maison) tout en fermant « les yeux » sur l'exploitation illégale de la carrière.
Comment se fait-il qu'en 2000, un organisme d'État lié à l'environnement vende des bâtiments sur un site pollué à des particuliers sans les avertir du danger potentiel lié à un ancien site minier ? (voir les articles de loi du Code des Mines).
Le résultat est qu’aujourd’hui, depuis un an maintenant, l'État très embarrassé par cette histoire fuit ses responsabilités en laissant trainer l'histoire. Les conseils sanitaires préconisés par la DASS restent en vigueur sur le hameau. Une partie des habitants qui n'a pas d'autre solution « ferme » les yeux et continuent à vivre, malgré les risques.
Rien n'a encore été entrepris pour la dépollution du site ... alors j'ai choisi de quitter ma maison car j'affirme que nous avons été trompé, et je refuse de faire prendre des risques à ma famille, et un projet de gîte n'a plus de sens dans cette situation.
Après notre déménagement, aucune aide n'est intervenue, sentiment qu'on nous laisse nous enfoncer dans les difficultés : crédit de la maison, impôts toujours à payer auxquels se rajoute la perte de nos projets, de mon activité de guide liée au bâtiment.
Depuis maintenant un an, je me bats tout les jours pour que cette histoire ne soit pas enterrée car, je l'affirme haut et fort, les services de l'État sont hors la loi dans cette histoire.
Les conseils sanitaires de la DASS disent de ne pas remuer les poussières dans les maisons, de nettoyer les ongles et les jouets des enfants, d'éviter la divagation d'animaux domestiques ... tant que rien n'est rien entrepris pour la dépollution, j'ai choisi de me battre! Pendant ce temps, sur le site et les stériles pollués, une exploitation agricole (laiterie) continue de vendre le lait et de recevoir des subventions.
L'exploitant de la carrière n'a toujours pas été mis en cause et a déposé une demande de renouvellement d'exploitation. Il a sécurisé le site à la demande de la préfecture avec « quelques barbelés » et des « pancartes propriété privée !
Quelques associations liées à l'environnement nous ont soutenu et nous ont permis de tenir jusqu’ici, mais elles ont des moyens limités en Lozère et elles sont bloquées par les aides et les subventions... Il est grand temps que cette histoire soit relayée et médiatisée à un niveau politique. Car en ici Lozère, derrière l'image « d'Épinal » que veulent nous donner les élus, se multiplie les pollutions et le non respect élémentaire de l'environnement. Ici, règne une loi du silence, qui permet à certains élus d’imposer leurs lois au service de l’état.
La Lozère est un magasin qui a une belle vitrine mais qui cache à l'intérieur un stock en grande partie périmé ! Dans l’état actuel, les services de l’état qui avaient promis, sur la presse et les différents médias de prendre au sérieux cette histoire, n’ont toujours pas entamé sur le site la moindre tentative de stabilisation, alors que l’apport d’une couverture végétale sur les stériles serait indispensable sur les conseils de Géologues … aucune des investigations préconisées par l’Ineris dans son rapport n’a été entreprise ….
France Nature environnement qui possède maintenant des preuves de l’exploitation illégale, devait porter plainte, mais vient de changer en demandant une enquête préliminaire au Procureur de la république de Mende. Est-ce un pas en arrière ?, l’enquête aura elle réellement lieu sachant que ma plainte déposée au mois de juillet à été classée sans suite.
Après avoir tenté une conciliation avec le Parc National des Cévennes, cette conciliation ayant échoué, j’ai demandé à mon avocat (scp Roux) de porter plainte pour vente illicite de bâtiments. Nous attaquons donc en justice cette institution pour qui j’ai toujours eu un profond respect, en tant qu’accompagnateur en montagne mais qui n’a toujours pas daignée nous recevoir ! …
C’est la lutte du pot de terre contre le pot de fer mais nous n’avons plus rien à perdre, nous avons déjà tout perdu.
Merci de votre soutien »
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Michel Serfati : Accompagnateur en Montagne, Guide canyon spéléologie, Educateur spécialisé
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Dominique Le Merrer Serfati : Educatrice Spécialisée
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Estelle Serfati : Etudiante 2° année de psycho
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Léo Serfati : 13 ans
Pour joindre Michel Serfati : 06 89 56 96 22