Les nations majeures réunies pour des discussions sur le changement climatique à Washington lundi et mardi ont toutes des objectifs différents en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
La Chine, les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Russie et l’Inde sont les principaux émetteurs au niveau mondial et ne sont pas encore parvenus à harmoniser leurs programmes d’action pour lutter contre le changement climatique.
Les objectifs que fixent ces pays doivent permettre de susciter une grande ambition lors de l’élaboration du nouveau traité des Nations Unies pour lutter contre le changement climatique, traité qui devrait être conclu à Copenhague en décembre prochain.
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Environ 190 nations ont accepté l’an dernier d’élaborer un nouveau traité d’ici la fin de l’année 2009 pour remplacer le Protocole de Kyoto  |
Les plans des nations riches tournent autour de réductions en moyenne de 15% des émissions par rapport aux niveaux actuels d’ici 2020. La plupart des nations en développement essayent de ralentir l’augmentation de leurs émissions, mais sans fixer d’objectifs qui selon elles, pourraient nuire à leur croissance économique et à leur lutte contre la pauvreté.
Voici un tour d’horizon des principaux objectifs fixés ou programmés par les nations développées, qui sont déterminants pour inciter les nations en développement à agir.
Aux Etats-Unis, le Président Barack Obama plaide pour une réduction des émissions de 17% en moyenne par rapport au niveau actuel d’ici 2020 -pour retourner au niveau de 1990- et pour une réduction de 80% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2050.
Les dirigeants de l’Union Européenne se sont mis d’accord en décembre dernier pour réduire leurs émissions de 20% d’ici 2020 par rapport à 1990, soit une réduction d’environ 14% par rapport au niveau actuel. Les dirigeants de l’Union Européenne veulent que les pays riches réduisent leurs émissions de 60 à 80% d’ici 2050 par rapport à 1990.
D’ailleurs, la Grande-Bretagne s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80% d’ici 2050 par rapport à 1990, tandis que l’Allemagne prévoit de réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 40% d’ici 2020 par rapport à 1990.
Pour sa part, la Russie n’a pas fixé d’objectif de réduction de ses émissions pour l’horizon 2020.
Au Japon, les plans de réduction d’ici 2020 seront dévoilés en juin prochain. Le Parti démocrate dans l’opposition a promis de réduire les émissions de 25% d’ici 2020 par rapport à 1990 s’il remporte les élections prévues en octobre.
Au Canada, on prévoit de réduire les émissions de 20% d’ici 2020 par rapport aux taux de 2006, et le pays envisage des réductions de 60 à 70% d’ici 2050 par rapport à 2006. Les émissions sont désormais plus de 20% supérieures aux taux de 1990.
L’Australie a pour objectif de réduire ses émissions de 5% d’ici 2020 par rapport au niveau de 2000, et pourrait aller jusqu’à 15% si un pacte des Nations Unies ambitieux est conclu en décembre.
En ce qui concerne les nations en développement, la Chine a dévoilé un plan 2006-2010 prévoyant de réduire la consommation d’énergie nationale par unité de PIB de 20%, et de limiter l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Pékin prévoit également de quadrupler son PIB entre 2001 et 2020, en ne multipliant sa consommation d’énergie que par deux.
En Inde, le gouvernement affirme que la priorité doit aller à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté, tout en passant aux énergies propres et notamment à l’énergie solaire. Un plan climatique voté en juin dernier n’a fixé aucun objectif de réduction des émissions mais a indiqué que les émissions par tête du pays ne dépasseraient jamais celles des pays riches.
Au Brésil, les mesures prévues comprennent la division par deux de la déforestation en Amazonie dans les dix ans à venir, pour éviter 4,8 milliards de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone, et de maintenir la part des énergies renouvelables dans la production nationale. L’hydroélectricité à elle seule représente 77% de la production électrique du pays.
Au niveau international, le Protocole de Kyoto engage les nations industrialisées à l’exception des Etats-Unis à réduire leurs émissions d’au moins 5% en moyenne d’ici 2008-2012 par rapport à 1990.
Par ailleurs, les huit principales nations industrialisées se sont mis d’accord lors d’un sommet du G8 au Japon en juillet 2008 sur une « vision commune » visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2050.
Enfin, environ 190 nations ont accepté l’an dernier d’élaborer un nouveau traité d’ici la fin de l’année 2009 pour remplacer le Protocole de Kyoto, comprenant des réductions d’émissions plus importantes pour les nations riches, et des objectifs chiffrés pour les pays pauvres.