Un prêt de la Banque mondiale a été approuvé au début du mois de mars 2009 en faveur du financement d’actions de politique de protection de l’environnement au Brésil.
Ce prêt, d’un montant de 1,3 milliard de dollars, souligne la détermination du gouvernement brésilien de prendre à bras le corps les problèmes liés à l’environnement, estime la Banque mondiale, qui précise que, malgré la crise, il souhaite promouvoir des politiques qui stimulent la croissance économique tout en favorisant un développement durable.
Ce nouveau projet s’inscrit dans le cadre du partenariat actif et polyvalent entre la Banque mondiale et le Brésil en faveur de l’environnement, qui prévoit aussi bien des travaux d’analyse que des actions multisectorielles intégrées et la mise en place de projets. Le développement et les objectifs de cette nouvelle initiative pourraient servir d’exemple à d’autres pays confrontés à des défis similaires.
 |
Un prêt de la Banque mondiale a été approuvé au début du mois de mars 2009 en faveur du financement d’actions de politique de protection de l’environnement au Brésil.  |
Le Brésil est une superpuissance environnementale : Rares sont les pays où l’écosystème constitue un facteur aussi essentiel au développement et au bien-être de la population. En effet, le Brésil abrite un tiers des forêts tropicales humides de la planète, le plus grand réservoir naturel d’eau douce (20 % des réserves mondiales) ainsi qu’une savane recelant la plus importante biodiversité du monde. Une part importante de l’économie brésilienne est tributaire des ressources naturelles, qui sont utilisées comme intrants dans les activités de production.
Cependant, le Brésil doit relever d’importants défis s’il veut renforcer l’exploitation durable de ses ressources naturelles. Au cours des 30 dernières années, le rythme de la déforestation a été de 19 000 km2 par an. Cette situation préoccupante est le résultat de pressions économiques, de pratiques agricoles peu respectueuses de l’environnement, de droits de propriété mal définis et d’une mauvaise application de la réglementation. La déforestation nuit au climat, accentue l’érosion des sols et menace la biodiversité. Le déboisement et les changements intervenant au niveau de l’utilisation des sols sont à l’origine de 70 % des émissions de CO2 du pays.
Toutefois, au cours des dernières années, le Brésil a considérablement amélioré sa gestion environnementale au niveau national, des États et local, en intégrant les préoccupations environnementales aux politiques sociales et économiques, estime la Banque mondiale. Le programme financé par la Banque mondiale permettra d’assurer que ces initiatives écologiques et ces instruments économiques fassent partie intégrante de l’ensemble des actions menées par le gouvernement.
Ce Prêt à l’appui des politiques de développement, d’un montant de 1,3 milliard de dollars, vise à aider le Brésil à atteindre des objectifs de développement durable indissociables de sa croissance économique. Ces objectifs incluent notamment le développement durable de la forêt amazonienne, l’adaptation au changement climatique et la gestion du secteur de l’eau. De plus, la Banque brésilienne de développement (BNDES), qui octroie chaque année plus de 40 milliards de dollars sous forme de prêts, interviendra dans le cadre de nouvelles mesures et de nouveaux critères de protection de l’environnement.
« Le Brésil est une superpuissance environnementale. Par conséquent, il doit relever de nombreux défis afin de renverser la tendance actuelle qui est à l’utilisation non-durable des ressources naturelles. Ceci est particulièrement vrai à l’heure où le monde est confronté à une crise financière internationale qui pourrait avoir des conséquences environnementales et sociales », affirme Makhtar Diop, directeur-pays pour le Brésil.
« Le Brésil s’est rendu compte que la destruction de l’environnement a un coût socio-économique élevé. Une bonne coordination des politiques et des procédures au sein du système de gestion environnementale, ainsi qu’un engagement accru du secteur financier en faveur de la viabilité à long terme sont des éléments essentiels. Ils permettront que les actions et les investissements réalisés dans ce secteur aboutissent à une croissance durable du point de vue environnemental et profitant à tous sur le plan social », ajoute M. Diop.
Ce prêt est l’un des plus importants jamais accordés en faveur de la protection de l’environnement. Il s’agit également du premier projet de la Banque mondiale qui ait été élargi de manière à inclure des programmes organisés dans différents secteurs, afin d’améliorer la mise en œuvre du projet dans son ensemble.
Pour le Brésil, il s’agit par ailleurs du premier projet associant de façon efficace le gouvernement, le secteur privé et les instruments économiques, faisant ainsi des facilités de financement une partie intégrante de la stratégie de gestion de l’environnement adoptée par le gouvernement. Ce projet pourrait s’avérer utile à d’autres pays d’ Afrique ou d’ Asie confrontés à des défis sociaux et environnementaux similaires.
La Banque et l’environnement au Brésil : Le soutien apporté par la Banque mondiale tient compte du contexte et des problèmes environnementaux spécifiques du Brésil.
Le Programme consacré aux zones protégées de l’Amazonie contribue efficacement à ce que la biodiversité soit préservée sur 50 millions d’hectares de la région amazonienne d’ici à 2013. En partenariat avec la communauté internationale, le Programme pilote de préservation de la forêt humide brésilienne a d’ores et déjà délimité plus de 45,5 millions d’hectares de terres occupées par des populations indigènes, et parrainé plus de 200 projets visant à tester de nouveaux modèles de protection de la forêt humide.
Le travail de conseil récemment effectué soutient les efforts accomplis par le Brésil pour développer de façon efficace et durable un ensemble d’énergies propres dans le secteur de l’hydroélectricité, des biocarburants et d’une économie à faible émission de carbone, estime la Banque mondiale.