Selon les porteurs du projet de barrage sur l’Auzance en Vendée, « le nord-ouest de la Vendée n’est pas à l’abri d’une pénurie d’eau. Pour pallier cette éventualité, le Conseil général et Vendée Eau explorent toutes les solutions et défendent un projet de barrage sur l’Auzance. »
« En 2025, il faudra pouvoir distribuer chaque année en Vendée près de 45 millions de mètres cubes d’eau potable, soit près de dix millions de plus qu’aujourd’hui. Les économies d’eau permettant de réduire d’1/3 la consommation supplémentaire. Les ressources du département sont tout juste suffisantes actuellement sur certains secteurs. L’eau pourrait en effet venir à manquer sur le littoral, dans le nord ouest du département en cas de sécheresse hivernale suivie d’un été chaud » assure le porteur du projet de barrage sur l’Auzance en Vendée, Vendée Eau.
« Récemment, par deux fois, nous avons frôlé la pénurie. En 2005, en raison d’un déficit de pluies hivernales. En 2003, en raison de la canicule, qui s’est matérialisée par une forte hausse des consommations », se souvient Bernard Laubies, directeur de Vendée Eau.
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« Face au risque de pénurie sur le littoral, le Département et Vendée Eau ont d’ores et déjà choisi une solution : un nouveau barrage sur l’Auzance, entre Vairé et Saint-Mathurin, » un projet dénoncé par les associations de protection de l'environnement.  |
Et Vendée Eau d’ajouter que « face au risque de pénurie sur le littoral, le Département et Vendée Eau ont d’ores et déjà choisi une solution : un nouveau barrage sur l’Auzance, entre Vairé et Saint-Mathurin. Ce projet, qui procurera une réserve de 8 millions de mètres cubes d’eau, est bien avancé. Il ne lui manque que quelques validations administratives, qui achoppent sur des réglementations bruxelloises. »
Autre son de cloche : Selon des associations de protection de l’environnement, « estimant inéluctable le développement du tourisme de masse et de la culture intensive du maïs en Vendée, le Conseil général de la Vendée, les élus locaux et leur syndicat d’eau potable « Vendée Eau » tentent de faire passer un projet de barrage de plus sur la rivière de l’Auzance pour faire de l’eau potable, … et pérenniser les surconsommations d’eau dues au développement touristique et urbain ! En plus, indirectement, contribuer au maintien de l’irrigation. D’un coût proche des 80 millions d’euros, il serait bien sûr supporté comme à l’habitude par des fonds publics, … »
« Pourquoi, dans un département où de l’eau souterraine est disponible, a-t-on besoin de créer de nouvelles ressources en eau ? Parce que l’on compte développer le tourisme et l’urbanisation de manière inconsidérée, et parce que les ressources en eau souterraines sont déjà polluées et surexploitées par la culture intensive du maïs ! »
« Ne vaudrait-t-il pas mieux changer les pratiques agricoles et de modérer le développement touristique… mais les tenants du développement intensif ne l’entendent pas de cette oreille : ils voudraient toujours plus ! Des économies sont pourtant possibles en évitant les fuites sur les réseaux, en récupérant l’eau de pluie, en réutilisant les eaux usées épurées, avec une agriculture qui devrait adapter ses besoins aux ressources locales après satisfaction des besoins prioritaires de la population », assurent ces associations de protection de l’environnement.
« Il existe, hélas, déjà de nombreux barrages de ce type dans le centre-ouest de la France dont la plupart (13) sont concentrés sur le département de la Vendée ; et qui sont autant de retenues eutrophisées, tel le catastrophique barrage de la Bultière dans le bocage vendéen, dégradant notablement la qualité des milieux aquatiques. »
Avec le projet retenu de barrage sur l’Auzance, « c’est le massacre de la dernière rivière sans barrage de Vendée qui est annoncé ! Rupture de continuité écologique, accumulation de sédiments (contaminés par les polluants d’origine agricole), réchauffement de l’eau et eutrophisation constituent un coût environnemental du projet estimé à près de 40 millions d’euros. »
A l’heure où la Directive Cadre sur l’Eau (datant de 2000) « nous donne comme objectif de préserver et restaurer nos rivières, pour qu’elles soient en bon état en 2015, il est atterrant de constater qu’il existe encore de tel projets incohérents et nocifs pour notre environnement. »
La COORLIT 85 (Cooordination des associations environnementales du littoral vendéen) et France Nature Environnement, avec le soutien de la Coordination pour la Défense du marais Poitevin, de Pays de la Loire Nature Environnement et de SOS Loire Vivante – ERN France « condamnent vigoureusement ce projet de barrage sur l’Auzance et demandent à l’Etat de refuser cet aménagement coûteux et incohérent avec la réglementation pour que les élus locaux reviennent à plus de modération et s’orientent davantage vers une politique d’économies d’eau dans les secteurs collectifs et agricoles. »
Vendée Eau est un syndicat qui regroupe l’ensemble des communes du département, à l’exception de six. Il est chargé de gérer la ressource en eau sur le territoire.