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La mutation de l’offre des opérateurs de gestion des déchets - 29 mai 2007 - 11:00 (Par Precepta)
La gestion des déchets recèle de réelles opportunités pour tous : des pure players en quête de croissance, des groupes étrangers désireux de s’implanter dans l’Hexagone ou plus simplement des investisseurs à la recherche de placements « sûrs et rentables ». Longtemps « figée », la filière est aujourd’hui soumise à de fortes pressions écologiques, politiques et économiques, qui conduisent à une reconfiguration du marché. Le cabinet Precepta, dans son étude sur le marché de la gestion des déchets, fait le point sur l’évolution des stratégies de croissance des opérateurs.
Les offres globales et le multi-filières seraient désormais un passage obligé. Si les offres globales en matière de gestion des déchets concernent essentiellement les poids lourds de la profession, le multi-filière est également susceptible d’intéresser des opérateurs de moindre envergure. La volonté affichée des communes d’améliorer le recyclage et la valorisation des déchets va avoir des conséquences directes sur les stratégies de développement et sur la nature même de l’offre des professionnels de la filière. Ces derniers doivent en effet désormais être en mesure, passé une certaine taille, de proposer toute une palette de modes de traitement (incinération ou stockage, certes, mais également méthanisation, compostage…). Et pour des raisons évidentes d’efficacité et de rentabilité, les opérateurs ont tout intérêt à regrouper ces compétences sur un même site. Un regroupement qui pourrait toutefois mettre à mal les stratégies de course aux économies d’échelle de certains poids lourds. Au sein de ces centres multi-filières, chaque technique devrait en effet logiquement, hormis quelques « mega centres » destinés aux grosses agglomérations, être dotée de capacités de traitement moindres que dans les centres traditionnels. Une évolution qui ne favoriserait pas une baisse à court terme de la facture de prise en charge des OM. Les poids lourds de la filière déchets se sont d’ailleurs développés sur tous les maillons de la chaîne ; que ce soit en matière de déchets ménagers ou de déchets industriels. Compte tenu de la diversité des déchets et des modes de traitement, seuls les deux leaders historiques de la filière sont toutefois en mesure de proposer des offres exhaustives. Sita et Veolia sont d’ailleurs allés plus loin dans leur stratégie d’offre globale, en intégrant l’ensemble de la filière propreté et même au-delà : nettoiement des villes, entretien des espaces verts, nettoyage des bureaux, mais aussi gestion de l’eau, production d’électricité… Il est évident que les majors des services collectifs ont dans ce domaine un avantage concurrentiel déterminant sur les opérateurs de moindre envergure. Un contrat global, qui intégrerait la gestion de l’eau, la production d’électricité et la prise en charge des déchets est certes difficile à envisager dans l’Hexagone, compte tenu du partage historique des marchés des services collectifs, mais l’option pourrait séduire des zones en développement ou des pays comme la Grande-Bretagne (dans lesquels les services publics ont quelque peu souffert au cours des dernières décennies). S’il est évident que tous ne peuvent suivre la stratégie d’offre globale de Suez et de Veolia, certains pourraient s’en inspirer, à leur échelle. C’est notamment le cas des groupes qui occupent une position de force dans une ou deux régions. Il existe en effet une demande pour des offres plus larges. Développer une offre qui regroupe des prestations dans l’eau, les déchets et l’énergie aurait en effet un sens. C’est d’ailleurs une des voies privilégiée par le groupe Séché Environnement, qui ambitionne de proposer à sa clientèle industrielle des solutions globales d’externalisation de la fonction déchets. Une stratégie qui pourrait à terme être étendue à l’ensemble de la problématique propreté des entreprises. Le marché de la gestion des déchets connaît aussi une diversification et le développement de nouveaux métiers. Les mutations de la demande et les bouleversements réglementaires peuvent également conduire les professionnels de la filière déchets à intégrer de nouvelles activités. La dépollution des sols est ainsi un marché extrêmement porteur pour des spécialistes des déchets dangereux. Cette activité est toutefois par nature bornée dans le temps : une fois que tous les sites industriels ont été remis en état, le marché n’existe plus. C’est par ailleurs une activité relativement erratique. Elle dépend en effet de quelques gros contrats ; ce qui peut fausser la lecture des données globales sur le marché. Désormais, les entreprises, qui sont obligées de remettre les sites industriels en état, provisionnent durant leur phase d’exploitation les dépenses qu’ils devront engager lorsqu’ils revendront leurs sites. Une stratégie qui repose sur la prudence et l’anticipation et qui assure aux dépollueurs une rémunération correcte et des conditions de travail plus confortables. Du coup, le marché, qui comptait à l’origine 2 grands acteurs (Sita et Veolia) plus quelques acteurs de niche, a attiré de nombreux opérateurs venus d’horizons divers. Le marché est aujourd’hui très atomisé : Sita, qui en est le leader en contrôle moins de 10%. La consolidation n’est pas encore lancée, mais cela ne saurait tarder. A la 1ère baisse de l’immobilier, les défections seront nombreuses, ce qui provoquera une importante vague de rachats. Mais les entreprises vont aujourd’hui plus loin que la « simple dépollution ». Fidèles à leur logique d’intégration de la filière et d’optimisation, certains poids lourds se sont ainsi lancés dans le redéploiement des sites : une activité qui, dans un contexte de durcissement des réglementations, de rareté des terrains et de flambée des prix de l’immobilier, est assurément aujourd’hui un de principaux maillons de la rentabilité des projets de dépollution. En allant plus loin, il est même envisageable, pour les structures qui ont les reins solides, de se transformer en véritables promoteurs immobiliers. En Belgique, Sita a par exemple monté un consortium avec un cabinet d’architectes et un bureau d’aménagement. Ils démarchent des sites pollués, posent une option d’achat à un certain prix et montent un dossier complet (jusqu’à la revente du terrain dépollué et « relooké »). S’ils parviennent à boucler le dossier, ils lèvent l’option d’achat… Ce modèle est certainement amené à se développer ailleurs en Europe, même si la législation belge favorise ce genre de montages (en cas de problème avec la dépollution, le vendeur est en effet protégé). Enfin, les nouvelles filières offrent également des opportunités de développement pour les opérateurs. Le durcissement de la réglementation et la priorité donnée à la valorisation matière créent régulièrement de nouvelles filières de recyclage (piles, VHU, DEEE, avions en fin de vie…). Des nouvelles filières qui sont autant d’opportunités pour les professionnels du déchet, mais aussi pour les professions connexes. Cette mutation de l’offre ne doit pas occulter un autre puissant levier de développement pour les opérateurs de la gestion des déchets : l’international. Compte tenu du renforcement de la concurrence dans l’Hexagone, l’internationalisation est un relais de croissance incontournable pour les poids lourds. Mais elle n’est pas réservée aux deux leaders. Une telle stratégie peut en effet permettre à des opérateurs de taille plus modeste de se développer sans entrer en concurrence frontale avec des opérateurs locaux qui connaissent parfaitement le terrain et avec les deux poids lourds qui sont partout chez eux. Source : Le marché de la gestion des déchets - Janvier 2007 - Etude du cabinet Precepta. Pour plus d’information, c’est sur cette page. Retrouvez toutes les actualités de l'environnement, du développement durable et de la santé du jour
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